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Bastia : entre plaintes, recours et accusations, le conseil municipal règle ses comptes


Christophe Giudicelli le Jeudi 8 Octobre 2026 à 22:31

Sept mois après le résultat des élections municipales bastiaises, la hache de guerre entre la majorité de Gilles Simeoni et l’opposition n’est pas encore enterrée. Ce jeudi 8 octobre, la séance du conseil municipal s’est ouverte sur une nouvelle passe d’armes autour des recours en justice et des accusations d’achat de voix à l’encontre de la majorité.



Bastia : entre plaintes, recours et accusations, le conseil municipal règle ses comptes (crédit photo: Gérard Baldocchi image d'archives)
Bastia : entre plaintes, recours et accusations, le conseil municipal règle ses comptes (crédit photo: Gérard Baldocchi image d'archives)
Avant de voter sur le statut de résident, la politique en faveur de la langue corse ou encore la création d’un poste de police municipale dans les quartiers sud de Bastia, le conseil municipal a été, ce jeudi soir, pendant près d’une heure, le théâtre d’une nouvelle passe d’armes entre la majorité et l’opposition, sur fond de contentieux électoral.

Et c’est Jean-Sébastien de Casalta, élu d’opposition, qui a ouvert les hostilités en revenant sur le dernier conseil communautaire pour prendre la défense de son colistier Julien Morganti et du groupe Uniti, contre qui « des accusations graves ont été portées ».

Accusée devant la justice administrative par l’opposition d’avoir manœuvré pour obtenir des votes, la majorité bastiaise estime, par la voix de Gilles Simeoni, que les témoignages apportés dans le dossier constituent une atteinte à « notre intégrité et notre probité ». Le maire de Bastia a tenu à rappeler sa position sur ce volet du dossier, sur lequel le tribunal administratif lui a donné raison en première instance : « On a toutes les raisons de penser que ce sont des faux, c’est pour cela que nous avons été contraints de porter plainte. »

Une posture jugée « victimaire » par Jean-Sébastien de Casalta qui, en ténor du barreau, ne s’est pas privé de faire une longue plaidoirie pour se défendre : « Au lieu d’attendre que la justice fasse son travail, vous avez fait le choix de nous incriminer publiquement et de jouer au professeur de morale. Un exercice qui vous est habituel. » Avant de « contester avec la plus grande force les accusations dont vous nous accablez », puis de prévenir : « La politique, c’est d’abord et avant tout de respecter les personnes et non pas d’exploiter une plainte pénale pour jeter l’opprobre sur notre groupe d’opposition. »

L’élu d’opposition s’est ensuite lancé dans un long historique de toutes les attaques portées par la majorité actuelle contre l’ancienne majorité : « Ai-je besoin de vous rappeler les réquisitoires violents contre l’ancienne municipalité d’avant 2014, en dénonçant la fraude, le clientélisme, les passe-droits généralisés ? »

L’avocat bastiais s’en est également pris à Gilles Simeoni et « au système que vous incarnez avec la concentration de tous les pouvoirs sociaux, politiques et économiques », avec « les potentielles dérives pour la société corse ».

Avec une pique également pour Nicolas Battini, qu’il a accusé de « soutenir Gilles Simeoni sur les réseaux sociaux », ce qui a beaucoup amusé le leader de Populu di Bastia, qui a répondu : « Moi qui me fais traiter de nazi et de fasciste à longueur de journée, on me traite de bien-pensant. »

Et à Bastia, quand il y a un peu d’animation au conseil municipal, chacun monte à l’assaut. Jean-Martin Mondoloni, élu d’opposition, est revenu sur la séance à la communauté d’agglomération de Bastia en évoquant : « Des réquisitoires assez insupportables dont on ne savait pas à qui ils étaient adressés. Mon collègue s’est probablement senti visé, mais on ne sait pas qui vous visiez. Quand on s’autorise de tels propos, c’est de fixer les personnes. Ce soir-là, il ne fallait pas vous gêner. Le droit avait rendu son verdict ce jour-là en première instance. »

Rappelant que contester une élection est un droit, il a ensuite renvoyé la balle à Gilles Simeoni : « Mettez-vous dans l’hypothèse où vous auriez perdu de 431 voix. Vous n’allez pas nous raconter dans les yeux que vous n’alliez pas aller au tribunal. Avec les conséquences au-delà de la Corse ? »

L’élu de droite estime qu’il faut tourner la page, mais reste solidaire de la démarche.
Ce jeudi soir, le conseil municipal a refait le match des élections et de leurs suites judiciaires pendant près d’une heure. Nul doute que les élus auront l’occasion d’y revenir. Entre plainte et recours devant le Conseil d’État, la mandature risque d’être explosive.