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Bastia : Le Sporting divise le Conseil municipal


Nicole Mari le Dimanche 23 Décembre 2012 à 01:49

Ce sont deux motions, demandant à la Ligue Nationale de football de lever les sanctions contre le Sporting, qui ont créé la surprise, par leur antagonisme, lors de ce dernier conseil municipal de l’année à Bastia. La première, proposée par l’opposition nationaliste d’Inseme per Bastia et recalée, dénonce le traitement discriminatoire que subit le Club. La seconde, présentée en contre-point par la majorité municipale et adoptée, fustige le comportement des supporters. Au menu également, une modification du PLU et la ratification de la Charte de la langue corse élaborée par l’Assemblée de Corse.



Bastia : Le Sporting divise le Conseil municipal
C’est, donc, en fin de séance que ce dernier conseil municipal qui clôturait tranquillement une année, plus mouvementée sur le chapitre, s’est un peu animé avec l’examen des motions de soutien au Sporting. Comme à leur habitude, après chaque incident émaillant un match et son traitement ordinairement inique et discriminatoire par la Ligue de football professionnelle (LFP), les nationalistes modérés d’Inseme per Bastia ont affiché une solidarité sans faille avec le club bastiais et proposé le vote d’une motion de soutien. Comme à son habitude, la majorité municipale, refusant d’adopter une motion émanant d’une opposition honnie, a contre-attaqué en présentant son propre texte, toujours bien plus nuancé dans son soutien. S’il arrive, parfois, l’esprit de compromis aidant, que les motions fusionnent et que les élus bastiais finissent par afficher une belle unanimité, l’esprit de Noël n’a pas fait de miracle, ce samedi matin. Alors qu’elles poursuivaient le même but : demander à la LFP de lever les sanctions, les deux motions présentées se sont avérées, sur le fond, irréconciliables.
 
La motion d’Inseme per Bastia
La motion nationaliste, s’appuyant sur l’histoire du Club, son palmarès et ses valeurs, partie intégrante du patrimoine collectif de Bastia et de la Corse toute entière, considère que  le Club fait l’objet d’un traitement « manifestement et systématiquement discriminatoire » de la part de la LFP.
« Considérant que ce traitement met en péril le maintien du Sporting en Ligue 1, voire sa pérennité économique et sportive ; Considérant que ce traitement discriminatoire suscite également, non seulement auprès des supporters du Club, mais également auprès des observateurs impartiaux, un profond sentiment d’injustice, qui a notamment conduit un dirigeant historique du club à mettre en danger sa santé, voire sa vie, à travers une grève de la faim ; Considérant qu’il est plus que temps de revenir à l’équité, laquelle est le gage le plus certain de l’apaisement durable et du retour aux valeurs fondatrices de fraternité et de respect de l’adversaire qui sont celles que doit véhiculer le sport », la motion propose que « La Ville de Bastia demande solennellement à la LFP de mettre un terme traitement injuste et discriminatoire dont fait systématiquement l’objet le SECB ».
 
La motion de la majorité municipale
La motion de la majorité de gauche débute par un rappel des efforts que la municipalité a consenti au club. « Depuis 40 ans, les municipalités successives, mais aussi le District, avant la CAB, n’ont pas ménagé leurs efforts, en particulier financiers, pour permettre au club de se hisser au plus haut niveau du football national, voir européen ». Puis, affirmant que le club « est, aujourd’hui, en péril », elle en rejette la faute sur « une petite minorité de pseudo-supporters qui, de match en match se distingue par une conduite irresponsable, tournant le dos à l’esprit sportif et à ces valeurs. L’adversaire n’est pas un ennemi et il mérite respect. » La motion municipale estime que « Le comportement de ces individus prive des milliers de spectateurs, vrais supporters du club, de rencontres au plus haut niveau. Il entache la réputation des joueurs et des dirigeants. Il nuit gravement à l’image de la Corse et de notre ville. Ils n’ont rien à voir avec cette partie du patrimoine collectif que nous voulons préserver».
Aussi la majorité municipale en appelle-t-elle à « l’esprit de responsabilité de tous les acteurs afin que le sport et la raison l’emporte. Car la situation est grave ». Elle en appelle également « aux dirigeants et aux vrais supporters pour que la charte de bonne conduite soit respectée » et, en dernier lieu, à la LFP « pour lever les sanctions et envisager l’avenir afin que, de concert avec le club, les voies et les moyens soient dégagés pour que vive le SCB ».
 
Deux motions antagonistes
La lecture de cette dernière motion provoque la consternation sur les bancs de l’opposition nationaliste. « Les deux motions sont contradictoires et irréconciliables. La motion de la majorité municipale montre du doigt des supporters, les met à l’encan et dit, en quelque sorte, que le Sporting mérite le sort qui lui est fait actuellement. Dans ces conditions, on ne voit pas pourquoi le maire de Bastia appelle la Ligue à être plus clémente ! A notre avis, cette motion est totalement déplacée et contreproductive par rapport à ce qui est en jeu pour obtenir que le Sporting soit traité de façon équitable », plaide Gilles Simeoni.
Pour le leader d’Inseme, il fallait, sans cautionner les agissements de certains supporters, « affirmer de façon très forte et très solennelle, comme s’apprêtent à le faire l’Assemblée de Corse et même un certain nombre de mairies à l’initiative du conseiller général, Jean-Marie Vecchioni, que le traitement disproportionné et injuste dont le club fait l’objet, et qui risque de s’aggraver dans les semaines à-venir, remet en cause, non seulement sa présence en Ligue 1, mais aussi sa pérennité économique et sportive ».
Au final, les deux motions ont été, chacune, présentées au vote. La motion d’Inseme, qui a recueilli seulement les voix des 5 élus du groupe, a été rejetée. La motion d’Emile Zuccarelli a été adoptée avec l’ensemble des voix de la majorité municipale, l’opposition a voté contre.
 
La Charte de la langue corse signée
Auparavant, figurait, à l’ordre du jour, l’annonce d’une nouvelle modification du PLU (Plan local d’urbanisme) en périphérie de la zone d’aménagement économique d’Erbajolo. Cette modification précède une révision du PLU qui devrait s’effectuer courant 2013.
Au moment où le projet de statut de coofficialité est en débat à l’Assemblée de Corse, la Mairie de Bastia a fini par ratifier le niveau II de la Charte de la langue corse. Ce niveau impose des actions telles que la mise en place d’une signalétique en langue corse et un courrier municipal à l’en-tête bilingue, et propose notamment des cours de langue au personnel. Pour Emile Zuccarelli, cette signature ne fait qu’entériner une politique municipale de promotion de la langue déjà existante, notamment au niveau culturel. « On statuarise un peu plus l’effort que nous faisons en l’inscrivant dans une charte. On va juste aller un peu plus loin sur un certain nombre de choses ». Les Nationalistes, qui ont bataillé pour cette ratification, se sont déclarés satisfaits. La Charte a été votée à l’unanimité.
 
N.M.