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Bastia : L'opposition quitte la séance du Conseil municipal avant la fin !


Nicole Mari le Mardi 30 Septembre 2014 à 23:57

Après un Conseil municipal beaucoup trop calme pour être honnête, l’opposition, emmenée par Jean Zuccarelli et Francis Riolacci, décide, sur un point de détail, de quitter la séance avant le clap de fin ! Le prétexte : un dossier sur la réhabilitation du centre ancien envoyé deux fois et deux phrases modifiées à propos des parkings Gaudin et du Puntettu. Le coup d’éclat bien orchestré déchaine l’hilarité du maire et de sa 1ère adjointe et provoque une altercation avec le public. Explications, en vidéo, de Jean Zuccarelli et réaction du maire de Bastia, Gilles Simeoni, qui se dit « consterné ».



Bastia : L'opposition quitte la séance du Conseil municipal avant la fin !
Il est rare qu’on s’ennuie aux séances du conseil municipal de Bastia. Depuis le début de la mandature, l’opposition ne ménage pas sa peine pour systématiquement critiquer, ergoter, justifier ou ferrailler sur chaque dossier proposé, mais, mardi soir, elle semble étrangement plate, monocorde, diplomate, voire consensuelle. Aucun dossier ne suscite sa vindicte, il est vrai qu’il n’y a guère de vrais sujets de polémique. Aussi la surprise est-elle complète quand Jean Zuccarelli ouvre le feu sur une convention de réhabilitation de l’habitat dont il dénonce le fond et la forme. « Nous sommes en total désaccord sur le fond. C’est dans les détails que se loge le diable ! ».

Une confusion
Le fond, c’est la suppression de la dénomination spécifique des parkings publics Gaudin et Puntettu, présente dans l’ancienne mouture du projet validé par la précédente majorité. La forme, c’est un dossier envoyé, puis annulé et remplacé par un autre où deux phrases ont été modifiées. Jean Zuccarelli accuse la majorité de vouloir annuler la construction des parkings, de manquer de transparence et « demande de revenir à la rédaction première ». Francis Riolacci enfonce le clou en parlant de « modification substantielle de la convention de requalification. La nouvelle rédaction met en cause un élément fondamental de ce projet et la construction de 47 logements sociaux, rue Letteron. Elle entretient la confusion et le risque de perdre tout le bénéfice du projet ».
 
Surprise et hilarité
La ficelle est si grosse qu’elle déclenche, d’abord, l’ahurissement, puis l’hilarité du maire de Bastia, Gilles Simeoni, et de sa 1ère adjointe en charge de ces programmes, Emmanuelle de Gentili. Celle-ci rétorque que « la construction des parkings, qui est un besoin fort dans le quartier, n’est, d’aucune manière, remise en cause. Des études sont en cours. Il s’agit, aujourd’hui, de voter des règlements, non d’apporter des modifications au projet ». Jean Zuccarelli n’en démord pas : « Supprimer la référence sur les deux parkings n’est pas cohérent. Pourquoi préjugez-vous du résultat des études ? La vérité est que cela vous dérange de laisser les deux mentions ! ».

Un incident artificiel
Gilles Simeoni se dit « consterné » et rétorque : « Vous cherchez artificiellement à créer un incident, à feindre qu’il y a des différences dans des dossiers alors qu’il n’y en a aucune ! C’est par souci de cohérence que nous avons modifié le document car le projet du Puntettu va être reconfiguré. Nous sommes en train de discuter avec les habitants. Sur les parkings du Puntettu et de Gaudin, nous ne perdons pas une seconde ! Nous avons diligenté une étude pour rassurer la population que vous n’avez jamais écoutée ! Nous connaîtrons les résultats courant octobre. Notre souci est de corriger ce qui n’est pas admissible et de laisser toutes les options ouvertes. Ce que vous dites ne sont que des arguties. Vous n’allez pas nous faire perdre notre temps ! ».
 
Un clash délibéré
Jean Zuccarelli et ses autres colistiers, à l’exception de Jean-Baptiste Raffalli, se lèvent et quittent la salle des délibérations, en échangeant des propos peu amènes avec le public assis derrière eux. L’ex-adjoint au patrimoine estime que « le sujet est trop important » pour déserter et continue le débat. « A travers ce clash, on veut distiller dans la population bastiaise que les services sont désorganisés et que l’opposition est enfumée. On veut, en fait, nous empêcher d’équiper la ville. C’est une attitude inconséquente ! L’opposition se décrédibilise en agissant ainsi » juge Michel Castellani, adjoint en charge de l’urbanisme.
Pour la petite histoire, l'opposition claque la porte du Conseil municipal, exactement six mois, jour pour jour, après sa défaite électorale du 30 mars dernier !
Au final, les dossiers sont votés. L'ordre du jour se poursuit. Affaire à suivre à la prochaine séance qui aura lieu le 12 novembre.
 
N.M.

Explications de Jean Zuccarelli, conseiller municipal, leader de l'opposition bastiaise.


Réactions de Gilles Simeoni, maire de Bastia : « Je suis consterné ! »