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Baptiste Gentili : "Ma carrière d'entraîneur va recommencer !"


Rédigé par le Lundi 25 Août 2014 à 18:48 | Modifié le Lundi 25 Août 2014 - 23:06


De l'ACA au Gazelec en passant par l'OGC Nice avec lequel il a disputé cent matches de première division - l'ancienne Ligue 1 - Cannes ou bien encore Mulhouse : Baptiste Gentili a une carte de visite bien remplie. Une carte qui s'est enrichie par la suite sur le banc des entraîneurs. Une voie sur laquelle l'a mis un jour le regretté Michel Moretti. Et qui l'a conduit jusqu'à très récemment jusqu'au club chinois de Shanghai Shenhua. Mais auparavant "Bati" avait mené l'ACA de la PH à la Ligue 2. Et après l'ACA il a exercé - nul ne l'a oublié - à Martigues, Beauvais au Gazelec et au FC Nantes. Aujourd'hui la passion du foot anime toujours Baptiste Gentili qui vient "d'embrasser" un rôle de consultant pour CNI. Avant de passer du terrain à la tribune de presse, il jette un regard en arrière sur sa carrière de joueur et sur celle d'entraîneur qu'il n'entend pas abandonner. Mais il nous fait part, aussi, de son sentiment sur le football corse et sur ses convictions. Interview


Baptiste Gentili sur le banc des entraîneurs (ici celui du Fc Nantes) : Une place qu'il espère retrouver rapidement
Baptiste Gentili sur le banc des entraîneurs (ici celui du Fc Nantes) : Une place qu'il espère retrouver rapidement
Que devenez-vous depuis votre dernière expérience chinoise. 

- Je suis rentré à Ajaccio après cette aventure à Shangai, où, avec Jean Tigana, nous avions réalisé du bon travail malheureusement trop vite écourté pour des raisons encore inexpliquées, mais cela nous aura au moins permis de découvrir une autre culture.

Depuis, je suis de très près bien sur, l'actualité du football. Je vois aussi quelques matchs de jeunes puisque mon fils joue en moins de 17 ans,et j'assiste mon épouse qui dirige un cabinet à prédominance immobilière, spécialisé également dans le conseil en gestion de patrimoine et la fiscalité.

Je ne vous cache pas que ma passion est ailleurs, mais c'est très intéressant, j'apprends, ainsi, autre chose, et cela n'est pas négligeable .


- Quel regard jetez-vous aujourd'hui sur votre carrière de joueur ?
- Tout d'abord je dois dire (on peut en rire) que j'ai encore en moi une forte envie de jouer. Mon âge, bien sûr, ne me le permet plus mais je garde en moi cette âme de compétiteur qui ne m'a jamais quittée. J'ai énormément souffert lorsque j 'ai du arrêter ma carrière parce que ces années de joueur au haut niveau représentent toute une vie à assouvir une passion.

J 'ai toujours considéré le foot comme un plaisir et non  comme le métier qu'il est certes, mais qui nous range dans la catégorie des privilégiés et ça j'ai toujours su le garder à l' esprit.

Ceci dit, en restant humble, je pense avec le recul que j'aurai certainement pu mieux faire, compte tenu  de mes qualités mais je n'ai pas forcément fait les bons choix après mon départ de Nice,ou j'avais disputé plus de 100 matches en ligue 1.

La suite a été moins heureuse avec trois interventions chirurgicales à la suite de blessures à des moments importants qui ont changé beaucoup de choses. Mais j'ai certainement aussi commis des erreurs  et je ne dois rien regretter, ni invoquer des excuses car finalement j'ai joué tout de  même de 1975 à 1992 au haut niveau et je me dis que ce ne n'est pas mal avec une petite rallonge de 2 saisons en PH et DH à l'ACA. Donc, ne nous plaignons pas.....

 

Et celle d'entraîneur ?

 - Alors là figurez vous qu'a aucun moment, je n'envisageais de me retrouver sur le banc en tant qu'entraîneur,mon désir de rester dans le milieu m'orientait plutôt vers un poste de directeur sportif. Mais le pouvoir de persuasion du regretté Michel Moretti a scellé mon destin avec L'ACA vers lequel, bien sûr, ma grande  famille m'avait orienté et ce depuis mon plus jeune âge.

Comment pouvais- je hésiter à tenter une aventure d'entraineur-joueur sous les couleurs "rouge et blanc" ? Inutile de vous dire que jamais, au grand jamais, je n'avais envisagé la suite...Tout ça pour la petite histoire. Mais pour répondre à la question il faut dire, et le présent nous le démontre,que sur un banc ce n'est pas la même histoire que sur la pelouse.

Mon grand ami Guy David, lui aussi trop tôt disparu, me le disait souvent  "Nous jouons par procuration" et le regard que je porte sur la fonction n'a jamais varié.

Certes, il faut les compétences, c'est tellement évident, mais d'autres paramètres ont pris, aujourd'hui, le dessus et seuls les résultats comptent.

En ce qui me concerne je ne perdrai jamais de vue que sans le facteur chance on ne peut  réaliser de grandes choses.Avec l'ACA nous avons accompli, il est vrai, un travail extraordinaire avec Michel et ses amis.
Je dois dire que pendant toutes ces années, avec à mes côtés Albert Vannucci, la réussite de nous a jamais quitté et ça, il faut avoir l 'honnêteté de le souligner. Je m'en suis bien rendu compte puisque la suite a été moins heureuse pour moi au niveau des résultats dans les autres clubs, et même si tout n'a pas été négatif je n'ai jamais retrouvé les mêmes sensations.

Il est vrai que la chance n'explique pas tout car ce beau métier - oh combien difficile ! - ne peut se faire sans connaissances du jeu, de sa stratégie et surtout du fonctionnement d'un groupe et tout simplement des hommes. Toutefois des paramètres que je qualifierai d'insaisissables peuvent changer un destin, voire une carrière.

Je ne rentrerai pas dans les détails, sur tout ce que j'ai vécu, mais je sais qu'il faut toujours positiver même dans l'échec et surtout veiller à rester le même c'est à dire fidèle à ses principes : savoir s'adapter, mais en aucun cas se renier. C'est ce que j'ai toujours essayé de faire, malgré la tendance au football-business et le changement des mentalités. Ce n'est, bien sûr, pas à moi de juger mes résultats, mais ce que je sais, et il n'y a là rien d'extraordinaire à cela, c'est que je me suis toujours investi avec la même passion et la même énergie partout ou je suis passé en essayant de prendre, malgré tout, le plus de plaisir possible car, le foot restera, pour moi,au risque de passer pour un utopiste, un jeu et le plus beau des sports.

 

- Cette carrière est-elle terminée ?

 - Pas du tout . J 'ai l'impression qu'elle va recommencer !

 

-  Que pensez-vous ne pas avoir fait pour ne pas être encore dans le circuit national ?

 -  J'ai en partie déjà répondu à cette question, dans la mesure ou je ne suis pas assez maniable pour certains. Peut-être, aussi, parce que je ne sais pas me vendre.  Ou bien parce que dans certaines régions n'ai je pas le bon accent. Ou tout simplement en raison de mon manque de résultats au plus haut niveau.  Allez savoir !
Ce que je sais, c'est qu'il est difficile aujourd'hui d'avoir un entretien préalable avec un président. Tout se joue par réseaux interposés. Il n'y a quasiment plus de dialogue possible qui permettrait, je pense, de cerner les personnalités des uns et des autres et de réduire, ainsi, les erreurs de « casting ».

Cibler la personnalité de 4 ou 5 entraineurs, puis après les avoir écouté, faire son choix permettrait, à mon sens, de limiter les  d'erreurs car lorsque l 'on voit la valse des entraineurs on peut se demander quels sont les véritables critères de choix.

 

Si vous alliez rebondir ce serait où ?

 - Sans hésiter je dirai chez nous en Corse évidemment. Mais ici plus qu'ailleurs l'adage « nul n'est prophète en son pays » est appliqué à la lettre. Ne me demandez pas pourquoi c'est une simple remarque.

Le football m'a tout donné.  J'essaye, et je veux, depuis que je ne suis plus joueur, donner aux autres ce que j'ai moi-même appris et surtout ce que j'ai encore à apprendre tout simplement. Alors autant le faire chez soi pour notre jeunesse. Transmettre aux autres, voilà une autre passion....

 

Qu'est ce qui a changé dans le football ?

 - Même si c'est le système qui veut ça, l'argent que draine le football mondial ainsi que l'hyper médiatisation de ce sport, sont des armes à double tranchant. Oui le football a changé mais le jeu reste le même, avec, bien sûr, d'énormes avancées sur l'entraînement du footballeur moderne, mieux préparé, plus puissant etc...mais pas plus talentueux et surtout moins préoccupé par le jeu lui-même.  C'est encore là un avis personnel qui me laisse croire que certaines valeurs sont en train de se perdre, ou sont, déjà,  oubliées.

Ne versons pas non plus dans le trop négatif car,nous avons encore de merveilleuses équipes avec de merveilleux joueurs. Ainsi et  je l'espère, le football restera éternel.

 

- Et le football corse ? Ses quatre équipes professionnelles ?

 - Magnifique ! Aucune région de France peut en dire autant. Cela est presque miraculeux. Avec les moyens qui sont les nôtres on ne peut qu'être admiratifs.

Cependant je reste persuadé qu'en profitant justement de cette période exceptionnelle, il serait important de se projeter dans le futur afin de pérenniser encore plus nos clubs. Afin notamment d'améliorer nos infrastructures, même si un gros travail a, déjà, été fait dans ce sens par les dirigeants de nos clubs. Mais il faut continuer à avancer.

Mais ce qui me tient particulièrement à cœur, et qui doit être notre priorité, est la formation de nos jeunes.

La Corse a un gros potentiel que l'on peut et que l 'on se doit de mieux exploiter car, pour moi ce travail à la base est incontournable à plus d'un titre.

Il faut néanmoins féliciter et mettre en avant les efforts et le travail remarquables de tous les acteurs de notre football.

 

On voit moins de talents insulaires au plus haut niveau, comment l'expliquez-vous?

 - La première des questions que je me pose en observant les matchs de nos équipes pro est la suivante : Sommes nous capables surtout dans le domaine défensif de former des joueurs au moins de même valeur qu'un bon nombre de joueurs venant de l 'extérieur ? Sans hésiter ma réponse est oui. Et la deuxième comment y arriver?

Pour ma part,  j'estime que l'on doit régionaliser au maximum nos centres afin de donner plus de chance aux jeunes insulaires. Financièrement nos clubs ne pourront jamais attirer les meilleurs jeunes et à quoi bon recruter des jeunes qui ne sont pas supérieurs aux nôtres ? J'ai eu l 'occasion de voir des matchs du championnat national, toute catégories confondues, et mis à part 2 ou 3 joueurs je ne n'ai pas vu de grandes différences de niveau.

On doit certainement et constamment se remettre en question et se dire qu'il faut certainement travailler davantage, augmenter le niveau de compétence des éducateurs, notamment au niveau des petites catégories. C'est la base.

C'est vrai, ça va demander des efforts financiers mais sur le long terme, ça doit payer. Un joueur venant de l 'extérieur sur qui on s'est trompé ça coute plus cher et cela nous est arrivé quelques fois je pense...

Donner plus de chance aux jeunes insulaires n 'est en aucun cas une affaire de favoritisme. Néanmoins soutenir que l'on arrivera à avoir 11 corses dans l 'équipe, relève de l'utopie. En revanche, si l 'on s'en tient à l 'histoire, et on peut le vérifier en consultant la composition de nos plus belles équipes, on peut se rendre compte qu'il y a  eu toujours 4 voir 5 joueurs du cru, souvent des leaders, souvent, aussi, des défenseurs.
Cela doit nous donner à réfléchir. Cet objectif des 4 ou 5 joueurs corses peut être atteint. Ce serait, aussi, une garantie  de la mentalité et de l 'état d'esprit qui doivent régner dans un vestiaire. Perpétuer nos valeurs, garder cette «grinta» qui nous caractérise n'est-ce pas un formidable challenge à relever  pour instaurer une forte identité dans nos équipes ?

On pourrait aller plus loin dans le débat car, d'autres que moi, peuvent avoir des idées ou bien me contredire mais en tout cas je reste persuadé que notre potentiel au niveau des jeunes mérite d'être encore mieux exploité.

 

- Votre expérience avec Corse Net Infos ?

 - Je suis un passionné et avoir la possibilité de donner un avis, analyser une rencontre ou tout simplement suivre le football, sous un angle totalement différent, est une expérience, très enrichissante et nouvelle pour moi. Cela dit je ne suis pas un donneur de leçons. Je considère qu'en football personne ne détient la vérité.
En fait j'ai  surtout envie d'apprendre encore et toujours. Corse Net Infos va me permettre de le faire en prenant du plaisir. Voilà pourquoi je me dois vous dire... merci !




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