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Assemblée de Corse : La dernière séance pour Pierre-Jean Luciani et Camille de Rocca Serra


Nicole Mari le Jeudi 20 Mai 2021 à 16:38

Emotion particulière pour cette dernière session de l’Assemblée de Corse de la mandature avec des prises de parole inattendues et les adieux de deux élus emblématiques de la vie politique et de la droite corses : Pierre-Jean Luciani, dernier président de l’ex-Conseil départemental de Corse et conseiller territorial de la Corse dans la République, et Camille de Rocca Serra, ex-député-maire de Portivecchju, ex-président de l’Assemblée de Corse et conseiller territorial de Per L’Avvene.



Pierre Jean Luciani, dernier président de l’ex-Conseil départemental de Corse et conseiller territorial de la Corse dans la République, et Camille de Rocca Serra, ex-député-maire de Portivecchju, ex-président de l’Assemblée de Corse et conseiller territorial de Per L’Avvene. Photo Michel Luccioni.
Pierre Jean Luciani, dernier président de l’ex-Conseil départemental de Corse et conseiller territorial de la Corse dans la République, et Camille de Rocca Serra, ex-député-maire de Portivecchju, ex-président de l’Assemblée de Corse et conseiller territorial de Per L’Avvene. Photo Michel Luccioni.
A un mois pile du 1er tour de l’élection territoriale, on s’attendait à une dernière session de l’Assemblée de Corse très tendue, reflet des tensions, des malaises et des débats de la campagne. Mais, à la surprise générale, c’est une vraie émotion qui a marqué la première matinée de jeudi avec des prises de parole fortes, dignes et élégantes sur tous les bancs de l’hémicycle. Emotion de ceux pour qui c’est « la dernière séance », selon le mot de Pierre-Jean Luciani, dernier président de l’ex-Conseil départemental de Corse du Sud, conseiller territorial du groupe « La Corse dans la République » et doyen de l’Assemblée de Corse. Ceux qui ne se représentent pas aux élections territoriales de juin prochain, comme une grande figure de la droite corse, l’ex-député-maire de Portivecchju, Camille de Rocca Serra, conseiller territorial du groupe « Per L’Avvene ». Ou certains de ses colistiers : Jean-Louis Delpoux, adjoint au maire de Calvi et Francis Giudici, maire de Ghisunaccia. Mais aussi, Stéphanie Grimaldi, ex-maire de La Porta et ex-présidente des Républicains de Haute-Corse. Ou encore, François Orlandi, ex-président du Conseil départemental de Haute-Corse, maire de Tomino et élu groupe Andà Per Dumane, ainsi que sa colistière Catherine Riera.
Du côté nationaliste, Marcellu Cesari, maire de Riventosa, ou Fabienne Giovanini, tous deux élus de Femu a Corsica, se sont également mis en retrait. Comme l’actuel conseiller exécutif et président de l’Office de l’environnement, François Sargentini, élu de Corsica Libera, ou Pascale Simoni. Si l’Assemblée leur a rendu hommage, seuls Pierre-Jean Luciani et Camille de Rocca Serra se sont exprimés.

Pierre-Jean Luciani : « Un adieu aux armes, sans larmes, ni regret »

Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.
« Aujourd’hui, ma présence à cette place, à cette tribune et dans cet hémicycle revêt un caractère particulier et presque symbolique. M’adressant à votre assemblée, l’Assemblée de Corse, je pourrais faire référence à plusieurs titres de chansons connues : « C’est la dernière séance, le rideau va tomber », « Je suis venu vous dire que je m’en vais ». Ce départ, en fait, est bien un adieu, un adieu aux armes, sans larmes, ni regret ». Pierre-Jean Luciani a, donc, profité de la dernière séance de l’Assemblée de Corse pour annoncer, avec solennité et une pointe d’humour, qu’il tire sa révérence et quitte la scène politique. « Pour moi, la retraite va être aussi belle que les 40 années de mandat politique qui ont jalonné ma carrière, associé à d’autres mandats, syndicaux, mutualistes, sportifs, humanitaire et associatifs. Une carrière des plus riches durant laquelle j’ai pu côtoyer avec bonheur les plus humbles d’entre nous, comme les plus hautes autorités régionales et nationales. Je retiendrai, de toutes ces années au service de l’intérêt général, aussi bien à la mairie d’Ajaccio pendant 20 ans, au Conseil général de la Corse du Sud pendant 17 ans, et à l’Assemblée de Corse pendant 6 ans, plus 3 ans et demi, cela fait presque 10 ans, la devise qui a toujours été la mienne : servir ». Et d’ajouter : « On pourrait dire sans se servir mais je pense que tout le monde sait que je ne me suis jamais servi de rien ! ».
 
Du bon compromis
« Fà per u megliu senza fà male à nimu. C’était encore une devise qui était la mienne. Ce n’est pas toujours évident, surtout dans les situations difficiles. Mais là aussi, on peut et doit s’y tenir en trouvant un compromis sans se compromettre. Un bon compromis vaut mieux qu’un dur conflit ! C’est une devise que tout le monde devrait retenir. C’est aujourd’hui votre doyen, plutôt le sage que je suis devenu, qui vous donne son sentiment, plutôt que son avis ». Puis, s’adressant aux deux présidents de l’Assemblée et du Conseil exécutif et à tous ses collègues, il leur souhaite : « Une très bonne santé, de la réussite dans votre vie aussi bien familiale que politique, et surtout beaucoup de bonheur. Je voudrais dire à Jean-Guy et Gilles que, bien que nous ne partageant pas toutes leurs idées, j’ai pu apprécier leurs qualités de cœur, leur engagement, leur détermination et leur amour pour la cause et pour la chose publique au service des Corses et de la Corse ». Et clôt la boucle en rappelant les propos qu’il a tenu en début de mandature : « Comme je l’ai dit le 2 janvier 2018, lors de l’installation de notre assemblée que j’ai eu l’honneur de présider, pour moi, avant les idées, il y a les hommes et les femmes bien sûr. Il y a aussi l’ensemble du personnel que je salue, ce jour, avec beaucoup de courtoisie, de chaleur, d’amitié et d’affection. Alors les vœux seront toujours les mêmes, ceux que j’ai formulés le 2 janvier : vi pregu saluta, pace, forza… A ringraziavvi. Bona Strada ».

Camille de Rocca Serra : « Pour moi, le plus beau mot en politique : servir »

Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.
« Je n’avais pas prévu d’intervenir, mais les propos de Jean-Martin m’ont touché, je ne mérite pas tant d’éloges. J’ai toujours conçu que la politique étant avant tout un acte d’humilité, humilité que nous devons à ceux qui nous ont donné cette chance de pouvoir les représenter et agir en leur nom ». Camille de Rocca Serra réagit à l’hommage que vient de lui rendre le président du groupe Per L’Avvene, Jean-Martin Mondoloni. Cet « héritier d’une dynastie », revient sur une assemblée qu’il a présidée de 2004 à 2010, et dont il est membre depuis 1998 avec une brève suspension d’un an et demi. « Jean-Martin le disait, j’ai vécu le début de cette collectivité au Palais Lantivy en 1982, puis l’installation dans ce bâtiment avec la salle Prosper Alfonsi et, enfin, cet hémicycle qui porte un nom et surtout un prénom dont je suis fier. Il a su ici, dans des moments bien plus difficiles, de tension, essayer de construire ce qui était utile pour la Corse, pour faire en sorte que ceux qui s’opposaient de la façon la plus brutale puissent travailler sur des fondamentaux ». S’il reconnaît que « C’était l’Assemblée d’hier », il y revient cependant « sans avoir de la nostalgie » parce que « résonnent en moi les paroles de tous ceux qui nous ont précédé. Il y a eu de grands moments, de grands noms, de grands discours et de grandes actions au service de la Corse. Nous sommes les héritiers de tout ça ».
 
Un héritage à vivre
Pour Camille de Rocca Serra, « Cet héritage il faut le faire vivre. J’ai essayé à ma façon de le faire en privilégiant ce qui pouvait nous rassembler, favorisant le rassemblement par rapport aux divisions. Toujours dans le respect des convictions de chacun. En gardant, en dehors de toute idéologie, ce qui est essentiel pour les générations futures : construire ensemble quelque chose de plus grand que nous ». Il s’interroge : « Nous aimons tous la Corse, nous la servons. Pouvons-nous mieux la servir ? ». Et répond : « Oui. J’en suis sûr. La démocratie et le suffrage universel existent depuis toujours, ils n’ont pas commencé en 2015 ou 2017. Le suffrage universel a toujours sanctionné les uns et les autres, mais il a une exigence consistant au fait qu’au-delà du résultat, il faut travailler ensemble. On peut avoir des regrets, je le dis, ce n’est pas toujours beau, clair, transparent ou efficace ». Autre question : « Une assemblée apaisée est-ce suffisant ? Non, l’apaisement doit aller plus loin et être utile pour l’avenir de la Corse. Nous avons essayé de le faire ensemble ».
 
Ni adieu, ni au revoir
Si Camille de Rocca Sera quittera l’hémicycle, « sûrement avec de la nostalgie par rapport à ce que j’ai vécu avant d’être élu moi-même », il ne dit, pour autant, « ni adieu, ni au revoir parce qu’avant d’être élu, j’ai été un spectateur attentif. Je serai, demain, aussi un spectateur attentif ». Et d’expliquer : « Pour moi, le plus beau mot en politique : servir. Servir la Corse. L’espoir que j’ai, c’est que vous soyez capables d’aller plus loin, quelles que soient les majorités, sans s’imposer seuls face aux autres. Aujourd’hui il n’y a plus de contre-pouvoirs. La Collectivité les concentre tous avec un pouvoir exorbitant de l’Exécutif. J’ose espérer que l’expérience de ce nouveau pouvoir, ceux qui auront à l’exercer le fassent ensemble et trouvent les convergences nécessaires pour que les grands dossiers de la Corse aboutissent, pour que la jeunesse de Corse ne se retrouve non plus dans l’idée qu’il n’y a toujours qu’adversaires et ennemis, mais plutôt des partenaires du plus haut sommet de l’État jusqu’aux collectivités locales. C’est le vœu que je forme ». Avant de conclure sur une promesse : « Je ne vous dis pas au revoir, mais je serai à côté de vous, attentif, près de mes amis, avec qui j’ai porté des projets et des convictions. Merci à vous, merci à tous, merci Monsieur le Président d’avoir fait fonctionner l’Assemblée en respectant tous les groupes, en rappelant parfois même à l’ordre l’exécutif. C’est ça aussi la fonction de Président de l’Assemblée de Corse. J’ai apprécié certains de vos propos qui ont participé à l’apaisement. Vous n’avez rien renié de vos convictions. Moi non plus. Nous pouvons travailler ensemble au service de la Corse ».
 
N.M.

Jean-Louis Delpoux (à droite) avec Gilles Simeoni et Camille de Rocca Serra (à gauche). Photo Michel Luccioni.
Jean-Louis Delpoux (à droite) avec Gilles Simeoni et Camille de Rocca Serra (à gauche). Photo Michel Luccioni.














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