Difficile d'emprunter la route des Sanguinaires ou de s'y balader sans remarquer les nombreuses chapelles, véritables joyaux architecturaux. Avant la création du cimetière marin dans les années 1850 puis du nouveau cimetière, ce secteur de la ville était ce que l'on peut appeler la "nécropole" d'Ajaccio, le Canicciu. Les familles y enterraient leurs défunts, face à la mer, dans des monuments funéraires ou des sépultures.
Si le quartier a connu une importante urbanisation, ces nombreux monuments funéraires et sépultures -situés en dehors des murs du cimetière communal- sont encore visibles aujourd'hui. Près de 150 chapelles funéraires sont nichées entre les immeubles ou le long de la route. Un patrimoine exceptionnel, véritable "cartographie de la société ajaccienne", où reposent aussi bien de grandes familles historiques que des pêcheurs, des soldats ou des enfants.
Derrière la majesté de certaines architectures se cache toutefois un constat : l'urbanisation a fini par enclaver ces lieux de mémoire et de nombreuses sépultures et monuments funéraires sont aujourd'hui en péril, abandonnés ou menacés d'oubli.
Pour préserver, valoriser et sanctuariser ce patrimoine funéraire ajaccien en particulier celui du cimetière des Sept Chapelles, François-Emmanuel Roux a fondé l'association patrimoniale ajaccienne et corse (APAC) il y a quelques mois, afin de "regrouper des propriétaires de chapelles, des riverains et des Ajacciens attachés à ce patrimoine". "On enterre encore dans ces chapelles", rappelle le président de l'association. "Mais aujourd'hui, le maquis reprend ses droits, les déchets s'accumulent et certaines tombes en pleine terre sont totalement à l'abandon."
Le travail de l'association a commencé par un inventaire titanesque : référencement des 150 chapelles et sépultures, photographies des épitaphes et recherches aux archives pour retrouver les propriétaires. Aujourd'hui, ses demandes sont précises. Tout d'abord sur le plan de la sécurisation, elle souhaite que des interventions soient réalisées sur les chapelles qui menacent de s'effondrer. En terme d'aménagement, l'APAC demande par ailleurs à ce que soient démaquisés les sentiers communaux, afin faciliter l'accès aux chapelles et sépultures et que des bennes soient installées pour l'entretien. Enfin, l'association veut aussi agir sur le champ de la dignité, engageant une procédure avec la préfecture pour les tombes en ruines dont les familles ont disparu, afin de transférer les corps vers l'ossuaire communal et de réhabiliter les terrains.
Vers un plan d'aménagement global
En somme, l’objectif n’est pas seulement de nettoyer, mais de "sanctuariser" et d'intégrer ces espaces dans la vie de la cité.
L’association a franchi une étape clé lors de sa rencontre avec l’adjointe à la culture, Simone Guerrini. Saluant la "qualité" du travail d’inventaire de l'association, l'élue a reconnu l’intérêt patrimonial majeur du site. Ce dialogue constructif débouche sur une première avancée concrète : une visite technique de terrain est prévue prochainement pour acter les priorités d'aménagement et jeter les bases d'un plan d'aménagement global.
L’association a franchi une étape clé lors de sa rencontre avec l’adjointe à la culture, Simone Guerrini. Saluant la "qualité" du travail d’inventaire de l'association, l'élue a reconnu l’intérêt patrimonial majeur du site. Ce dialogue constructif débouche sur une première avancée concrète : une visite technique de terrain est prévue prochainement pour acter les priorités d'aménagement et jeter les bases d'un plan d'aménagement global.
Sur le terrain, la mobilisation citoyenne a déjà commencé par des opérations de nettoyage. Mais l'association appelle désormais à une prise de conscience des décideurs, propriétaires et des riverains. "Nous voulons que cet endroit soit agréable pour les promeneurs, respectueux pour les familles et intégré dans l'urbanisme de la ville", explique l'association.
À l'heure où Ajaccio s'étend, la sauvegarde de ce "cimetière hors les murs" est un rappel nécessaire que l'histoire de la ville s'écrit aussi à travers ses silences et ses pierres tombales.
À l'heure où Ajaccio s'étend, la sauvegarde de ce "cimetière hors les murs" est un rappel nécessaire que l'histoire de la ville s'écrit aussi à travers ses silences et ses pierres tombales.
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