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Ajaccio : I Tre Marie … Hymne à la nostalgie


Rédigé par José Fanchi le Mercredi 3 Janvier 2018 à 17:32 | Modifié le Jeudi 4 Janvier 2018 - 00:46


Ajaccio, le cours Napoléon, la rue Fesch, les places du Diamant et abbatucci, les rues transversales. Dans le prochain ouvrage, « Aiacciu, lochi di mimoria » qui paraîtra …Bientôt, je vous parle de ces lieux magiques qui évoquent tant de souvenirs, les lieux de mémoire de note belle cité dont certains ont disparu mais que nous allons essayer de faire revivre à travers la mémoire de nos anciens rencontrés ci et là au gré de nos spassighjate


La rue des Trois marie : Trè Marie, trè maro, s’è cacatu inn’è pantalo pà un piattu di maccaro ! Voilà l’hymne de ma rue, du quartier où je suis né, où sont nés mes parents, là où j’ai passé une enfance heureuse. I Très Marie ou, si vous préférez, à stretta di Canettu, comme les vieux Ajacciens l’appellent encore. Aujourd’hui et que je traverse le plus régulièrement possible, comme un pèlerinage, pour cause d’attachement…
 
Trois Marie pourquoi ? Allez savoir…Certains vieux du quartier avaient évoqué la découverte de trois statues de la Vierge lors de grands travaux au moment de la construction des immeubles. Vrai ou faux ? Nul ne sait. Je pencherais pour la famille de pêcheurs installée dans le quartier et à l’angle de la rue Fesch. Certains des héritiers m’ont effectivement confirmé que leurs anciens étaient venus s’installer dans ce quartier en raison de la proximité du quai Michaud où étaient amarrées leurs barques. C’est vraisemblablement la bonne version…
Cela dit, les Trois Marie c’est aussi et surtout mon enfance, celle de mes parents et grands parents, des commerces et, il ne faut surtout pas l’oublier, de son importance « stratégique. » En effet, à stretta di Canettu est l’une des plus pratiques pour se rendre du cours Napoléon au port et donc très empruntée par une grande partie de la population.
Mais « ma » rue c’est aussi et surtout mon enfance, cette merveilleuse ambiance dont j’ai précieusement conservé tous les détails, les gens bien sûr, les commerces, les familles et cette joie de vivre qui habitait les miens et mes voisins que je revois encore s’exprimer avec force gestes, à l’image de Zia Laura, ma voisine, ou encore Zia Maria Dinelli qui me persécutait et me confisquait les ballons usagés que mon oncle Carl’Andria me ramenait du stade Jean Lluis…
 
Les gâteaux de Pierrot…
 
Comment oublier ces instants magiques de la rue lorsque, au petit matin, les pêcheurs nous vantaient la qualité de leurs bogues et sardines, ou encore les « habitués » de la cantine di u Moru, d’Antone et Mèmè Muracciole, qui venaient trinquer à la choppe, sans oublier bien sûr les pantagruéliques casse-croûte qui réunissaient les commerçants et artisans du quartier dont les mets cuisaient dans le four de la pâtisserie des Pantalacci.
Parlons-en de ce lieu de merveilles où les gamins de la rue attendaient, avec l’impatience qu’on imagine, la découpe des plateaux de mille-feuilles. Et cette odeur de croissants chauds qui envahissait la rue et montait jusque dans les cages d’escaliers réveiller nos papilles ? Et ces chocolats de Pâques et de Noël que Pierre préparait avec sa grande maîtrise ? Le magasin ne désemplissait pas et les files de voitures bloquaient littéralement la rue des Trois Marie. Vous n’allez peut-être pas le croire, mais il en est de même aujourd’hui encore. Jusqu’à quand ?  Seuls Pierrot et Nénette le savent. Pourvu que ça dure ! Après tout, Jean est là pour assurer la relève…
Et l’épicerie d’Antoinette Zambernardi, véritable lieu de rassemblement des ménagères ? Quelle ambiance. Quelle odeur agréable lorsqu’elle torréfiait son café, assise devant l’entrée de son commerce. Le restaurant Peraldi n’était pas en reste, ni même la charcuterie de Jeannot Bouttin, dont l’atelier, situé en face de l’épicerie, laissait s’échapper les arômes des produits faits maison qui attiraient tous les amateurs de bonnes choses.
Il y avait aussi l’odeur du bois fraîchement coupé dans la menuiserie familiale, plus agréable il est vrai que celle venant des égouts qui traversaient la rue et de leurs « habitants » gros comme des chats bien nourris ! Les touristes ne manquaient pour rien au monde la traversée des Trois Marie, de bas en haut ou inversement, pour se rendre au 43 rue Fesch, immeuble de l’autre illustrissime enfant d’Ajaccio, Tino Rossi. Tino était un amoureux di i Tre Marie, dont il était fier d’en être.
Les uns et les autres…
 
J’évoquais Zia Laura plus haut pour simplement rappeler qu’elle était effectivement la pipelette du quartier. Elle savait tout, connaissait tout et tout le monde, jusque dans le moindre détail. C’était elle qui (voir Parlez-moi d’Ajaccio) répondait du tac-au-tac lorsqu’on lui demandait : « Quoi de neuf aujourd’hui o zia Laura ? C’è un scargo chi entr’in portu o figliulellu (il y a un cargo qui vient d’accoster mon petit). C’était cela zia Laura et ses réparties légendaires qui ont animé la rue des Trois Marie, elle qui abordait les touristes, les commerçants, les gens de la rue pour simplement discuter, raconter son Ajaccio et ses coutumes, avec ses mots, ses gestes et sa répartie…
Comment oublier Zia Lisabetta et ses succulentes anciullatti et inarbitatti dont je soupçonne Mèmè, l’époux de sa petite fille Angèle, de détenir le secret de fabrication transmis par Louise et Ghjuvan Rimedi. La haut, ils doivent être heureux de l’arrivée des petites dernières, Louise et Marie…Les petites jumelles des Trois Marie. On pourrait continuer ainsi des heures, mais bon ! On doit à la vérité de dire que cette rue des Trois Marie n’était pas tout à fait comme les autres, de par son importance stratégique certes, mais aussi et surtout parce qu’elle était fréquentée par bon nombre d’Ajacciens qui venaient parfois de très loin pour son ambiance caractéristique, ses commerces et notamment sa cantine (chez Antone u moru), très réputée pour la qualité de son vin et de ses casse-croûte !
Je n’oublie pas pour autant les odeurs d’essence qui envahissaient le quartier lorsque la station complétait les pleins de ses cuves. La station de Paul Scaglia et de ses enfants Pompée et Jean-Baptiste (ils nous ont quittés il y a peu), des pince-sans-rire comme on n’en fait malheureusement plus.
Elle était comme ça ma rue, agréable, simple mais combien attirante, vivante bien sûr, jalousée parfois pour ses activités, ses commerces et leur savoir-faire qui savaient allier tradition et modernité. C’était « ma » rue, la plus belle !
J. F.
 
Extrait de « Aiacciu, lochi di mimoria » à paraître bientôt !




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