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Ajaccio : Hommage à Danielle Casanova résistante


Rédigé par Marie MAURIZI le Jeudi 10 Mai 2018 à 23:38 | Modifié le Vendredi 11 Mai 2018 - 00:25


Vincentella Perini, née à Ajaccio, connue sous le nom de Danielle Casanova (1909 – 1943) est une militante communiste et une résistante. Fille d’instituteurs corses, originaires du village de Piana, elle monte pour ses études à Paris où elle deviendra responsable des Jeunesses communistes et fondatrice de l’Union des jeunes filles de France. Elle mourra en déportation à Auschwitz. Ce Jeudi Ajaccio lui a rendu, à nouveau, un vibrant hommage.


C’est le 15 février 1942, alors qu’elle ravitaille le résistant Georges Politzer, traqué par la Gestapo, qu’elle est arrêtée par la première Brigade spéciale de la préfecture de police de Paris (Brigade spéciale N°1) dirigée par le commissaire Fernand David, en collaboration avec la police allemande, au terme d’une longue filature commencée, en janvier 1942.

Elle est d’abord acheminée au dépôt de la préfecture de police, jusqu’au 23 mars 1942, puis emprisonnée dans la prison de la Santé et mise à l’isolement à trois reprises, pour avoir organisé une manifestation contre le régime de famine que subissaient les femmes. Elles brisent les vitres de leurs cellules pour pouvoir se parler, se donner des nouvelles, chanter La Marseillaise et L’Internationale pour accompagner ceux qui allaient être fusillés.

Même en détention, elle continue à militer et parvient à organiser manifestations clandestines et publications.

Le 25 août 1942, le groupe des femmes est transféré au fort de Romainville, camp de détenus politiques en attente de déportation. Là, Danielle Casanova reprend contact avec la direction clandestine du PC et l’état-major des FTPF, elle est la rédactrice en chef du Patriote de Romainville.

Dans ses longs mois d’emprisonnement, elle écrit et fait passer clandestinement des lettres à sa mère, via la tante de Victor Michaut, un des dirigeants de la Résistance communiste en zone non occupée.

Le 24 janvier 1943, Danielle est déportée, son train, arrive à Auschwitz trois jours plus tard. Elle y sert comme chirurgien-dentiste. À la veille de son départ en déportation, elle écrit une dernière lettre de Romainville :
« Demain 5 heures lever, 6 heures fouille, puis départ en Allemagne. Nous sommes 231 femmes, des jeunes, des vieilles, des malades et même des infirmes. La tenue de toutes est magnifique, et notre belle Marseillaise a retenti plus d’une fois. Quel sort nous réservent-ils ?
Nous venons de lire le communiqué. Ils avouent Stalingrad, hier ils avouaient Veliki, demain ils avoueront Rostov. La victoire est en marche. Nous sommes fières d’être Françaises et Communistes. Nous ne baisserons jamais la tête, nous ne vivons que pour la lutte. Je suis heureuse de cette joie que donne la haute conscience de n’avoir jamais failli et de sentir dans mes veines un sang impétueux et jeune... »

Danielle Casanova décède du typhus à Auschwitz, le 9 mai 1943 au terme d’une semaine de forte fièvre et d’agonie, le 9 mai 1943, elle a 34 ans.




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