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8 Mai 1769. La Défaite à Ponte Novu livre la Corse à la France. Le début des emmerdes…


le Jeudi 9 Mai 2013 à 01:25

"8 Mai 1769. La Défaite de Paoli à Ponte Novu livre la Corse à la France. Le début des emmerdes…" Sous ce titre Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, du Point après Barbier (L'Express) et Le Vaillant (Libération) se sont mis, à leur tour, à disserter sur la Corse sur un ton que nous vous laissons apprécier.



8 Mai 1769. La Défaite à Ponte Novu livre la Corse à la France. Le début des emmerdes…
On connaît le Corse poseur de bombes, le Corse incendiaire, le Corse gabelou, le Corse fatigué, le Corse chanteur a cappella, le Corse truand, le Corse "si tu touches à ma soeur, t'est mort !". Mais peu le Corse "sauve-qui-peut".
Pour cela, il faut remonter au 8 mai 1769, le jour de la bataille de Ponte Novu qui vit le massacre de centaines de Corses par l'armée de Louis XV. Ces nationalistes de la première heure ne combattent pas encore la tête dans une cagoule, mais l'arme au poing à visage découvert.

Remarquez, cela ne leur réussit pas tant que ça : ce jour-là, non seulement le fier Corse prend ses jambes à son cou devant la mitraille ennemie, mais il se fait massacrer par ses alliés prussiens ayant reçu l'ordre de Paoli d'empêcher quiconque d'emprunter le pont de Ponte Novu. Cette terrible défaite livre la Corse à la France.

Voici les faits : l'immense héros corse Pasquale Paoli donne l'ordre à sa troupe d'attaquer l'armée royale sur la rive gauche de la Golo. En deuxième rideau, il dispose un millier de mercenaires prussiens avec à leur tête le maréchal de camp Antoine Gentili, sur le Ponte Novu commandant l'accès à sa capitale de Corte. La troupe prussienne a reçu pour consigne d'empêcher les patriotes de refluer par le pont en cas de retraite. Effectivement, les régiments corses ne font pas le poids devant l'artillerie française qui a su intelligemment occuper plusieurs éminences. Hachés par la mitraille, les miliciens de l'île de Beauté se disent qu'il est temps d'aller taper une belote sur l'autre rive. Ils se précipitent donc sur le pont. Mais pour un Prussien, la consigne, c'est la consigne. Ils refusent le passage, baïonnette au fusil.

La cantinière Laetitia Casta a beau onduler devant eux, ils restent de marbre. Jenifer leur chante avec des sanglots dans la voix : "Ma révolution". Ils s'en battent les c... Des centaines de Corses se pressent sur le pont, la bousculade étouffe nombre d'entre eux. Soudain un coup de feu claque depuis les rangs prussiens, puis c'est un tir nourri. Les patriotes tombent par dizaines, par centaines. De leur côté, les Français ne chôment pas non plus. Le préfet Érignac est déchaîné... C'est un horrible massacre. Le sang coule à flots dans la Golo en crue. Bientôt, le pont, long d'une centaine de mètres, n'est plus qu'un immense charnier. Par dizaines, les Corses tentent de franchir le fleuve à la nage, mais la plupart se noient dans les flots tumultueux. I Muvrini sanglote : A voce rivolta… Pasquale Paoli, qui observe de loin la tragédie, est incapable d'apporter le moindre secours à ses hommes. La nuit tombe sur la déroute, sonnant la fin des espoirs corses.

À l'aube, le sous-lieutenant Luccarotti d'Ortiporio se réveille parmi les morts, grièvement blessé. Voilà ce qu'il écrira plus tard : "Aux premières heures du matin, je me réveillai, l'âme et le coeur oppressés, et me trouvai avec le bras gauche pendant, ensanglanté et criblé de blessures au milieu d'un amoncellement de cadavres et de tant d'autres moribonds qui demandaient du secours. Je me traînai jusqu'au sommet d'un rocher et, regardant dans la direction du pont, je vis un spectacle horrible : par centaines, les morts étaient entassés dans l'étroit passage... Et, regardant plus loin, j'en aperçus un grand nombre encore étendus et privés de vie, entre les margelles du fossé et baignant, pour ainsi dire, dans le sang. Je fermai les yeux et me sentis défaillir... Partout régnait le silence de la tombe..." Pasquale Paoli comprend alors que son rêve d'indépendance est fini. Les Français, à qui Gênes a cédé ses droits sur l'île un an avant, le 15 mai 1768, peuvent maintenant marcher sur Corte. Le Babbu di a Patria s'exile en Grande-Bretagne avec cinq à six cents de ses partisans. Il ne reviendra dans sa patrie que vingt ans plus tard, en 1790, acclamé par les Jacobins dont Robespierre. Louis XVI le fait lieutenant-général et commandant de l'île. C'est le héros du jour. Pietragalla s'offre à lui... Oubliés les morts de Ponte Novu.
 

"Le coup d'envoi d'une chasse aux sorcières"

Un de nos lecteurs Niellu Leca a réagi de la sorte à ce qu'il considère être le coup d'envoi d'une chasse aux sorcières…
"8 mai 1945, fin du conflit mondial. Débarquant en Normandie moins d'un an auparavant, les Alliés libèrent la France. Pas la Corse : donnant l'exemple au Peuple de France, les Corses se sont débarrassé de l'occupant en octobre 1943 après le soulèvement d'Ajaccio du 9 septembre faisant dire au Général de Gaulle dans son discours du 8 octobre sur l'aéroport d'Ajaccio : " Français, je vous parle de Corse, je vous parle de l’île, de cette terre de Corse, au milieu de ce Peuple Corse qui s’est libéré tout seul. La Corse a la fortune et l'honneur d'être le premier morceau libéré de la France[…]La Corse n'a jamais cru à la défaite[…]Chaque fois que la France entame une période nouvelle de sa vie et de sa grandeur, il faut que les Corses en soient les artisans et les témoins."
Respect pour ce Peuple qui au cours du conflit précédent avait déjà sacrifié à la Nation Française 20 000 de ses enfants envoyés en première ligne pendant quatre ans. Et c'est précisément aujourd'hui, pas vraiment un jour de gaudriole, où la mémoire de tous nos combattants, d'où qu'ils viennent se doit d'être respectée, honorée que deux pitres publient un torchon tournant en dérision le massacre par 40 000 hommes de 2 000 paysans défendant leur patrie, Etat libre et indépendant depuis quatorze ans salué par les grandes figures du Siècle des Lumières et les Monarques Eclairés d'Europe. Si quelque plumitif se permettait de tels propos sur la conquête française de l'Algérie, cela soulèverait à juste titre un tollé général. Lamentable."