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20 mai : Une journée mondiale d’action pour sauver les abeilles et l’humanité !


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 20 Mai 2018 à 20:20 | Modifié le Dimanche 20 Mai 2018 - 23:02


C’est une première qui a eu lieu ce dimanche ! A l’initiative de la Slovénie, les Nations unies (ONU) ont déclaré le 20 mai « journée mondiale des abeilles et des pollinisateurs ». L’objectif : sensibiliser le grand public à la cause des abeilles, menacées par les pesticides et par un taux inquiétant de mortalité. Un journée pour lancer un cri d’alerte : les pollinisateurs et surtout les abeilles sont indispensables pour assurer la sécurité alimentaire de la planète.


20 mai : Une journée mondiale d’action pour sauver les abeilles et l’humanité !
« Si les abeilles disparaissent de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre ». Cette célèbre phrase, généreusement attribuée, mais sans aucune preuve, au père de la physique moderne, le prix Nobel Albert Einstein, recèle, de l’avis même, de l’astrophysicien et écologiste militant, Hubert Reeves, un message d’une importance capitale : « Le sort de l’humanité est lié à celui des pollinisateurs. Et ce sont surtout des insectes, dont les abeilles ». C’est pourquoi l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) et l'Union européenne (UE) ont appelé à une action mondiale ce dimanche pour protéger les pollinisateurs, en particulier les abeilles. « Il n'est pas possible d'avoir une sécurité alimentaire, si nous n'avons pas de pollinisateurs. Les pollinisateurs sont responsables de la plupart des récoltes et de la nourriture que nous mangeons », a déclaré Jose Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.
 
Un trésor slovène
A l’initiative de cette journée mondiale d’action, la Slovénie. Ce petit Etat, où l’abeille est considéré comme un trésor national, a donné naissance au pionnier de l'apiculture moderne Anton Jansa (1734-73). Ce fils de paysan, qui fut nommé par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche professeur à la nouvelle école d’apiculture de Vienne, à l'époque où la Slovénie était une province de l'empire des Habsbourg, est considéré comme l’un des meilleurs experts en matière d’abeilles. Sa contribution aux techniques apicoles modernes est d’une importance exceptionnelle. C’est, en son honneur, que le jour de son anniversaire, le 20 mai, a été choisi pour cette journée internationale. La Slovénie compte la plus grande densité d'apiculteurs de l’UE : près de 5 pour 1 000 habitants. C'est dix fois plus qu'en Espagne, premier producteur européen de miel ! Et même si la production slovène de miel qui s’élève à 1 298 tonnes, reste marginale, comparée aux 250 000 tonnes produites en Europe, le pays est le seul à strictement protéger son espèce endémique : la carniolienne. En France et au Canada, par exemple, plus de mille espèces différentes ont été répertoriées.

Un danger mortel
Et pourtant, l’abeille joue sa survie ! Selon l'ONU, 40% des pollinisateurs invertébrés - abeilles et papillons notamment - sont menacés d'extinction à l'échelle mondiale. En France, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année. En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité. Dans une région de Chine, les abeilles ont totalement disparu. Les agriculteurs sont obligés d'employer des centaines de personnes pour polliniser les fleurs des poiriers... En Corse même, l’écosystème agricole est en danger. En cause : le changement climatique, la sècheresse, les incendies, les parasites… et surtout les pesticides sont en grande partie responsables de ce fléau appelé le « syndrome d'effondrement des colonies ». L’usage intensif des pesticides dans les régions fortement agricoles fait peser une menace de plus en plus lourde sur les abeilles en dégradant les habitats naturels et en rendant les conditions de vie et de développement quasiment infernales. Les zones riches en plantes mellifères disparaissent progressivement, grignotées par l’expansion des monocultures. Elles ne parviennent plus à produire les ressources alimentaires nécessaires aux abeilles que sur de courtes périodes. Les colonies d’abeilles fragilisées sont moins aptes à résister aux parasites et deviennent, ainsi, la proie de nouvelles maladies. Jeudi dernier, le tribunal de l'UE a, d’ailleurs, confirmé les restrictions d'utilisation imposées en 2013 à trois néonicotinoïdes, - des insecticides fabriqués par Bayer et Syngenta -, qui se sont avérés très nocifs pour les abeilles. Face à l’aggravation de la situation, la Commission européenne présentera, le 1er juin prochain, un plan d'action pour la protection des pollinisateurs.

Un rôle majeur
Sensibiliser le grand public à l’importance des abeilles, lui faire prendre conscience de leur rôle essentiel dans l'agriculture et l'environnement, c’est le but de cette journée d’action mondiale. Dans un blog intitulé « Si l’abeille disparaissait », Hubert Reeves explique : « Sauf chez les fleurs auto-fertiles, les plantes ont besoin des insectes pour se reproduire… Pour obtenir des cerises, des pommes ou des poires dans les vergers et pour que les productions soient rentables, il faut réunir certaines conditions et d’abord disposer d’un nombre d’abeilles important juste au moment de la floraison : les abeilles sauvages, de moins en moins nombreuses, ne suffisent pas, et il faut recourir aux abeilles domestiques. On installe habituellement des ruches... Mais voilà que les ruches se vident... Les abeilles meurent... Aurons-nous encore longtemps des pommes et des poires ? On assiste à l’effondrement des populations d’abeilles et cela nous oblige à réfléchir à nos actions ». L’économiste Stern a estimé le coût des services rendus par les abeilles à 300 milliards de dollars !
 
La survie de l’homme
Ce n’est pas exagéré d’affirmer que la vie de l’homme, le bien-être et la santé des populations humaines dépendent des pollinisateurs. Un tiers de la production mondiale de nourriture est directement lié à leur activité pollinisatrice. Sans elles, il n'y aurait pas autant de variétés différentes de fruits, de légumes et de fleurs. Les abeilles assurent la pollinisation de 170 000 espèces végétales et, donc, la sécurité alimentaire de la planète, et, à travers leurs produits à haute valeur nutritive - miel, gelée royale, pollen… -, la sécurité nutritionnelle de la population. Pour engendrer 1 kilo de miel, une abeille doit butiner 4 millions de fleurs et parcourir une distance équivalente à quatre fois le tour de la Terre. Leur rôle est tout aussi essentiel pour l’environnement et la préservation des écosystèmes naturels et de la biodiversité. L’abeille, comme les autres pollinisateurs, assure la nourriture, le combustible et l’oxygène, purifie l’eau et l’air, stabilise le temps et le climat en termes de capacité d’adaptation aux mutations, crée et restaure la fertilité du sol, désintoxique et décompose les déchets, contrôle le parasitisme et les maladies des produits agricoles, sauvegarde les ressources génétiques cruciales pour le développement de nouvelles espèces... Les abeilles sont également un bon indicateur biologique de l’état de l’environnement. Leur état de santé est symptomatique de celui de notre planète et un signal d’alerte. Ne pas réagir à ces avertissements pourrait être catastrophique pour l’humanité !
 
N.M.



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