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​Sébastien Bannier (AC Ajaccio) : « La priorité sera toujours donnée aux joueurs locaux »


Rédigé par Florian Cadu le Lundi 30 Avril 2018 à 18:00 | Modifié le Lundi 30 Avril 2018 - 22:20


Pendant que l’équipe première de l’AC Ajaccio, actuellement troisième de Ligue 2, se bat pour accéder à la Ligue 1, les jeunes du club travaillent dur pour intégrer un jour le groupe professionnel. Agréé par le Ministère de la Jeunesse et des Sports il y a cinq ans et localisé au Centre du Sport et de la Jeunesse de Corse, le centre de formation qui a vu passer Andy Delort (Toulouse), Benjamin André (Rennes) ou Pape Cissé (Olympiakos le Pirée) tient un rôle important dans l’entité. Son directeur Sébastien Bannier, ancien des Girondins de Bordeaux et du Stade Malherbe de Can, en dit davantage sur les missions du centre de l’ACA.


​Sébastien Bannier (AC Ajaccio) : « La priorité sera toujours donnée aux joueurs locaux »
- Le centre de formation de l’ACA a été agréé il y a cinq ans par le ministère de la Jeunesse et des Sports. Quels en sont les objectifs privilégiés ?
- L’idée est de former des joueurs pour l’équipe première, mais aussi de faire des ventes de joueurs professionnels. Même si nous savons très bien que ça se limite à un ou deux éléments par saison, et que ça prend du temps de les mettre en valeur, sauf exception. Ensuite, nous mettons un point d’honneur à ce que tous les joueurs soient diplômés, qu’ils puissent au minimum retrouver une structure amateure par la suite s’ils ne sont pas conservés chez nous. L’éducation et l’accompagnement sont donc indispensables.

- Depuis l’agrémentation, quels sont les principaux joueurs sortis du centre qui ont été vendus ?
- Vincent Marchetti à Nancy en 2016, et Pape Cissé à l’Olympiakos le Pirée en 2017. L’apport financier de ces deux ventes a permis, dans les moments difficiles, de répondre aux exigences financières de la Direction nationale du contrôle de gestion. L’autre réussite, c’est que Ryan Kadima, Mattéo Tramoni ou encore François-Joseph Sollacaro ont signé chez les professionnels. Notre travail commence donc à prendre forme. Maintenant, il faut pérenniser cela. Il faut que nous nous efforcions d’être plus pertinents et plus cohérents dans notre recrutement, dans notre capacité à former et à accompagner les jeunes, à développer notre projet sportif. Et enfin développer la post-formation, notamment le lien entre la formation et le groupe professionnel. Car nous nous devons d’apporter un à trois joueurs par saison à l’équipe première. Ce sera parfois un, parfois trois… Mais il ne faut pas que ce soit seulement un complément d’effectif. Mohamed Mady Camara, issu du centre et aujourd’hui régulièrement titulaire en Ligue 2, est un exemple à suivre.

- En quoi un centre de formation corse est différent au niveau du recrutement ?
- Il n’y a que 10 000 licenciées en Corse, ce qui est peu. De plus, le Gazélec Ajaccio se trouve juste à côté, et il y a donc deux clubs à forte ambition dans une même ville de moins de 70 000 habitants. Il y a Bastia, Borgo, Furiani… Autant de structures concurrentes. Et nous proposons seulement treize lits pour accueillir des joueurs du continent – français ou étranger – à l’internat. Donc nous ne pouvons pas nous louper dans le recrutement, que les nouveaux arrivants viennent de l’Ile ou de l’extérieur.

- Faire venir des joueurs de l’extérieur, est-ce une volonté prioritaire ?
- Non. La priorité sera toujours donnée aux joueurs locaux, même si on ne s’interdit évidemment pas de recruter au-delà de la Corse pour renforcer nos effectifs. Encore faut-il réussir à optimiser le travail avec les gamins d’ici. C’est ce qu’on essaye de faire.

- Quelle est l’identité de jeu recherchée ?
- Nous essayons de rechercher une identité commune à toute la formation, mais ça prend du temps. Il faut davantage d’une saison pour obtenir une cohésion entre toutes les équipes. Ceci étant dit, le football de transition est aujourd’hui une obligation. L’objectif, c’est donc de trouver une certaine alternance de jeu. D’abord d’être en capacité d’avoir le ballon, bien sûr, mais surtout de développer nos joueurs sur le plan technique pour pouvoir s’adapter à tout situation. Qu’est-ce qu’on fait avec le ballon ? Qu’est-ce qu’on fait à la perte de balle ? Nous ne rêvons pas du style de jeu du FC Barcelone, car nous savons très bien que nous n’avons pas les qualités suffisantes pour l’atteindre. Il y a l’idéal et la réalité. Non, la volonté est d’avoir des principes communs et que tout le monde ici – éducateurs, joueurs confirmés, jeunes - parle le même langage. Afin que lorsqu’un jeune intègre le groupe professionnel, il soit capable de s’intégrer. Ces principes sont discutés avec Olivier Pantaloni, l’entraîneur principal.

- A quel niveau vous situez-vous par rapport aux grands centres de formation français ayant plus de moyens financiers ?
Nous ne sommes pas plus forts que les autres. Gardons notre humilité, mais soyons conscients de nos spécificités, des éducateurs et des installations de qualité… Nous pouvons aussi compter sur un entraîneur principal et un président qui croient et qui comprennent l’importance d’un centre de formation. Et qui nous laissent une certaine autonomie et ne nous imposent pas des choses au quotidien. Nous pouvons progresser, mais ce que nous proposons n’est pas mal du tout.




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