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​Littérature : rencontre avec Francesca Serra, Prix littéraire « Le Monde » 2020, à Bastia


Laurent Hérin le Jeudi 15 Octobre 2020 à 12:19

L’Ajaccienne Francesca Serra a remporté le très réputé prix littéraire Le Monde 2020 avec son premier roman, « Elle a menti pour les ailes ». En tournée en Corse, Libri Mondi l’a invité à une rencontre avec le public ce mercredi 14 octobre à la médiathèque Barberine Duriani. Quelques minutes avant le discours d’Emmanuel Macron annonçant le couvre-feu.



Francesca Serra à la rencontre du public bastiais
Francesca Serra à la rencontre du public bastiais
C’est le journaliste Sébastien Bonifay de Libri Mondi, animateur de cette rencontre, qui accueille Francesca et insiste sur la chance pour le public de la voir ce soir. « Oui, c’est ma première intervention à Bastia. Je suis en plein tour de Corse. C’est un plaisir d’être ici. » Elle poursuit : « Les deux derniers mois ont été intense. J’ai découvert le processus d’édition et je découvre à présent l’accompagnement de l’œuvre et l’accueil du public. » Un accueil qu’elle n’imaginait pas ainsi : « Il sort presque 500 livres par an. Je pensais avoir une sortie confidentielle. Evidement, le prix du Monde a attiré l’attention. Je suis sollicité et ravie mais c’est une pression supplémentaire. Surtout quand on sort d’un processus très solitaire, celui de l’écriture. »

Premier roman.
Son premier roman, Elle a menti pour les ailes, n’est pas évident à résumer : « Oui, sourit-elle, moi aussi j’ai du mal à le résumer ! Disons que c’est l’histoire d’adolescents qui tournent en rond. Ça se passe dans le sud de la France mais ça pourrait être à Ajaccio. Mon roman commence comme un teen-movie mais va plus loin… Je suis fasciné par les archétypes de ce genre. On les retrouve dans les films et les séries des années 80-90 mais déjà à l’époque de la Princesse de Clèves ça existait ! Ce n’est pas nouveau. Après, tout dépend de ce qu’on en fait, où on les amène. » Elle avoue aussi être influencée par une part plus sombre du film “adolescent” : « J’adore Gus Van Sant ou Larry Clark. J’aime la façon qu’ils ont d’observer les ados, ce traitement de l’errance dans leurs films. » Pour Sébastien Bonifay, le livre commence comme Breakfast Club mais fini comme du David Vann : « C’est un bon résumé, voilà ! [rires] Les ados dont je parle sont hybrides, ils évoluent au gré des rencontres. Je démarre effectivement avec les archétypes qu’imposent le genre “teen” mais j’ai voulu ensuite leur apporté de la nuance, sortir de ce genre. » A travers le prisme des réseaux sociaux ? « Oui, même si ce n’est pas le sujet de mon livre. Effectivement, les ados sont ultra-connectés, c’est leur medium. S’il s’était déroulé à une autre époque, j’aurais peut-être choisi le roman épistolaire. » Elle confirme pourtant : « Tout est décuplé aujourd’hui avec les réseaux sociaux. C’est une nouvelle façon de s’exprimer, d’écrire des dialogues. Les ados ont le même comportement qu’il y a quelques années mais il y a plus de visibilité avec Facebook ou Instagram. Et surtout, on n'est plus anonyme et le web garde tout en mémoire. Les jeunes filles aujourd’hui existent en étant vu, elles font corps avec l’écran. »

Sociolecte
Francesca a d'ailleurs une anecdote à ce propos : « Hier, je présentais mon livre à Corte. Au moment des questions, une étudiante a envoyé la sienne par texto au professeur à côté de moi. C'est fou. » Pour arriver à paraître juste dans la retranscription de ce “dialecte“ particulier, elle avoue : « Il faut y passer beaucoup de temps. C’est un sociolecte. Les jeunes mélangent les niveaux de langue mais on lit toujours un peu la même chose. On finit par retrouver les codes. Plus globalement, chaque roman, chaque sujet appel son style. La question du style se posait aussi en terme de focalisation : soit j’écrivais à la première personne, soit à la troisième. J’ai fait ce choix pour pouvoir utiliser leur style mais aussi un style plus neutre, celui du narrateur. »

A la fin de cet entretien passionnant, Sébastien demande s’il y a des questions avant de passer à la séance de dédicace. Ne voyant pas de main se lever, l’auteure conclue sur une note d’humour : « Si vous n’avez pas de question, on peut tous aller voir ou écouter Macron ! »


















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