Corse Net Infos - Pure player corse

​En Corse, l’État affiche ses priorités 2026 : “protéger, accompagner, et préparer l’avenir”


Patrice Paquier Lorenzi le Jeudi 22 Janvier 2026 à 21:22

Ce jeudi matin, Eric Jalon, le préfet de Corse a présenté la feuille de route de l’action de l’État en Corse pour 2026, structurée autour de trois axes — protéger, accompagner, préparer l’avenir — et six priorités. Entouré des principaux responsables des services de l’État (police, gendarmerie, mer et littoral, agriculture, environnement, économie…), Eric Jalon a notamment réitéré sa volonté de lutter contre la criminalité organisée et le trafic des stupéfiants, tout en annonçant un renforcement de l’appui aux maires.



Ce jeudi matin, Eric Jalon, le préfet de Corse a présenté la feuille de route de l’action de l’État en Corse pour 2026, structurée autour de trois axes — protéger, accompagner, préparer l’avenir — et six priorités
Ce jeudi matin, Eric Jalon, le préfet de Corse a présenté la feuille de route de l’action de l’État en Corse pour 2026, structurée autour de trois axes — protéger, accompagner, préparer l’avenir — et six priorités
Eric Jalon, le préfet de Corse, avait réuni, ce jeudi matin dans les salons du Palais Lantivy, l’ensemble des responsables des services de l’Etat dans l’ile, signe d’une volonté d’afficher la cohésion des services et d’installer une méthode. Mais aussi et surtout l’occasion d’exprimer les priorités de l’Etat en Corse pour 2026. Sans surprise, en haut e l’affiche, la lutte contre la criminalité organisée, qualifiée de « combat central ». Le préfet a rappelé trois initiatives annoncées en novembre et désormais “à l’œuvre”.
 
Avec en premier lieu, la constitution de groupes d’évaluation de la criminalité organisée (GECO). Trois structures ont été constituées : une à l’échelle de la Corse et deux déclinaisons départementales, réunissant autorités judiciaires, administratives et forces de sécurité pour partager un diagnostic, fixer des priorités et coordonner actions judiciaires et “entraves administratives”. Mais aussi la formation de 1 000 agents de l’État. Objectif affiché : permettre aux agents de repérer les “points d’accroche” de l’emprise criminelle, « mieux signaler et consolider l’information avant d’éventuelles suites judiciaires. On renforce ainsi les défenses immunitaires du corps social ».

Nouveauté également avec la mise en place d’un parcours d’accompagnement pour les entreprises victimes de la mafia. « L’État souhaite bâtir une réponse structurée pour les entreprises touchées (pressions, extorsions, découragement) ». Arnaud Vieules, coordonateur de la sécurité en Corse ajoute : « On parle actuellement d’une dizaine d’entreprises qui ont été victimes de pression, par une concurrence qui a des liens établis avec la grande criminalité ».

Stupéfiants, routes, violences intrafamiliales : la “sécurité du quotidien” en chiffres
Deuxième étage du volet “protéger” : la sécurité du quotidien avec cinq priorités évoquées : stupéfiants, sécurité routière, violences intrafamiliales (VIF), délinquance environnementale, armes. Concernant le trafic de drogue, Eric Jalon dévoile quelques chiffres alarmants : plus de 900 infractions relevées sur l’ensemble de la Corse (+20 % par rapport à 2024), 925 personnes mises en cause (plus d’un tiers de hausse), et une forte augmentation des saisies (avec des progressions annoncées de +178 % sur le cannabis et +163 % sur la cocaïne).

Sur la route, le rappel est également brutal : 277 morts depuis 2017 et près de 7 000 blessés, avec un niveau de mortalité “quasiment au double” de la moyenne nationale rapportée à la population. L’État met en avant une hausse de 50 % des contrôles et promet de maintenir la pression, même si “les tendances 2025 seraient meilleures” avec une légère baisse du nombre de tués (bilan détaillé attendu en fin de mois).

Le PLU de Lecci déféré devant la justice ?
Deuxième grand axe : “accompagner”, avec une attention particulière les communes à la veille du renouvellement municipal, et plus particulièrement en matière d’urbanisme. Près de 200 communes sont actuellement sans PLU ni document d’urbanisme, dans un contexte juridique complexe (loi Littoral, loi Montagne, parfois les deux). En ligne de mire : l’échéance du 22 août 2027, date à partir de laquelle, sans document, l’extension de l’urbanisation deviendrait impossible.

Le préfet veut donc produire, avec les maires, un guide de “bonnes pratiques” illustré (croquis, jurisprudence, définitions opérationnelles de la continuité/discontinuité) pour sécuriser les démarches. Le préfet de Corse a enfin, confirmé l’information selon laquelle il aurait déféré récemment un PLU devant la justice, et qui pourrait être selon nos informations, celui de Lecci « ne répondant pas à certaines décisions de justice et qui n’ont pas été retranscrites correctement dans le document » et qui devra  donc« être tranché par les juges ».