« Nous ne sommes plus dans une phase de défense, mais dans une exigence de reconnaissance. » Le message de Jean-Pierre Luciani est sans ambiguïté. Lors d’une conférence de presse tenue ce matin à Ajaccio, le secrétaire national du STC Éducation a posé les termes d’un affrontement désormais ouvert avec l’État autour de l’avenir de Scola Corsa.
Créé il y a à peine cinq ans, ce réseau d’écoles immersives associatives en langue corse a connu une progression rapide. De deux établissements à ses débuts, il en compte aujourd’hui cinq, avec plus de 200 élèves et près de 280 attendus à la rentrée prochaine. « En cinq ans, nous avons atteint 1 % des effectifs du premier degré en Corse. C’est une montée en puissance exceptionnelle », souligne Jean-Pierre Luciani.
Créé il y a à peine cinq ans, ce réseau d’écoles immersives associatives en langue corse a connu une progression rapide. De deux établissements à ses débuts, il en compte aujourd’hui cinq, avec plus de 200 élèves et près de 280 attendus à la rentrée prochaine. « En cinq ans, nous avons atteint 1 % des effectifs du premier degré en Corse. C’est une montée en puissance exceptionnelle », souligne Jean-Pierre Luciani.
Mais derrière cette dynamique, le modèle reste précaire. Faute de contractualisation généralisée avec l’État, la majorité des postes enseignants n’est pas reconnue, maintenant le dispositif dans une instabilité chronique. « L’excellence ne peut pas fleurir sur le terreau de l’incertitude », rappelle le STC, qui dénonce une « précarité juridique insupportable ».
Aujourd’hui, seules deux classes ont été contractualisées, alors que 11 postes restent en attente. Pour le syndicat, l’enjeu est clair : sans cette reconnaissance, Scola Corsa ne pourra ni se stabiliser ni poursuivre son développement.
Au cœur du conflit, les prises de position de l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer ont ravivé les tensions. Dans une tribune récente, celui-ci remet en cause le principe même de l’enseignement immersif, estimant que la place prépondérante accordée à la langue corse serait contraire à la Constitution.
Aujourd’hui, seules deux classes ont été contractualisées, alors que 11 postes restent en attente. Pour le syndicat, l’enjeu est clair : sans cette reconnaissance, Scola Corsa ne pourra ni se stabiliser ni poursuivre son développement.
Au cœur du conflit, les prises de position de l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer ont ravivé les tensions. Dans une tribune récente, celui-ci remet en cause le principe même de l’enseignement immersif, estimant que la place prépondérante accordée à la langue corse serait contraire à la Constitution.
Une position que le STC juge idéologique et déconnectée du terrain. « On accepte d’enseigner la langue corse, mais on refuse qu’elle produise des locuteurs. C’est une aberration », réagit Jean-Pierre Luciani. Selon lui, l’immersion est précisément ce qui permet de former des locuteurs naturels, condition indispensable à la survie de la langue. Le syndicat va plus loin et accuse une stratégie ciblée : « En s’attaquant à Scola Corsa, on cherche à décapiter un dispositif encore fragile, parce que nous sommes une petite structure. » Une attaque qui, selon lui, dépasse la Corse et concerne l’ensemble des réseaux immersifs en France, du Pays basque à la Bretagne, réunis au sein du réseau Eskolim.
« Nous ne défendons pas un monolinguisme corse, mais un bilinguisme équilibré »
« Nous ne défendons pas un monolinguisme corse, mais un bilinguisme équilibré »
Face aux critiques, le STC défend un modèle « d’excellence pédagogique ». Loin de produire des élèves en difficulté, les écoles immersives afficheraient des résultats solides, y compris en français. « Nous ne défendons pas un monolinguisme corse, mais un bilinguisme équilibré. Les attendus doivent être excellents dans les deux langues », insiste Jean-Pierre Luciani. Dans son communiqué, le syndicat dénonce également « une hypocrisie institutionnelle » : alors que l’État conteste le financement du dispositif par la Collectivité de Corse, il refuse dans le même temps d’assumer la prise en charge des postes enseignants. Une situation jugée intenable, d’autant qu’un recours administratif pourrait fragiliser davantage les financements actuels.
« Contractualiser, c’est reconnaître que Scola Corsa remplit une véritable mission de service public », affirme le STC. Une reconnaissance déjà accordée ailleurs en France à des réseaux comparables, mais qui tarde à se concrétiser en Corse. Au-delà des aspects techniques, c’est bien un choix politique qui est désormais posé. « Est-ce qu’on permet à Scola Corsa de se développer normalement ou est-ce qu’on cherche à l’étouffer ? » interroge Jean-Pierre Luciani. Pour le syndicat, la réponse passe par un rapport de force assumé.
Une mobilisation est ainsi annoncée dans les prochaines semaines, avec l’objectif de fédérer élus, parents et société civile. « Il y a en Corse un consensus pour une société bilingue. Il est temps de se donner les moyens de cet objectif », martèle le responsable syndical. Le STC Éducation, qui a sollicité une audience auprès du gouvernement, entend désormais « peser de tout son poids » pour obtenir la contractualisation des 11 postes restants. Car, au-delà de Scola Corsa, c’est l’ensemble de la politique linguistique en Corse qui se joue. « S’attaquer à Scola Corsa, c’est s’attaquer à un patrimoine vivant et à une ambition collective », conclut le STC. Dans ce bras de fer avec l’État, le syndicat entend bien faire de la langue corse un enjeu central du débat public.
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