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À Bastia, plus de 2 000 personnes manifestent leur soutien à Scola Corsa


Léana Serve le Samedi 30 Mai 2026 à 18:37

Face aux incertitudes qui pèsent sur son modèle de financement, le réseau d'écoles immersives Scola Corsa s’est de nouveau mobilisé ce samedi à Bastia. Plus de 2 000 personnes ont participé au rassemblement organisé pour défendre l'enseignement immersif en langue corse et réclamer la contractualisation de 11 enseignants.



(Photos Gérard Baldocchi)


Après une première manifestation organisée le mois dernier à Bastia et Ajaccio, plus de 2 000 personnes - 1 700 selon la police, 3 000 selon les organisateurs - se sont rassemblées ce samedi après-midi devant le palais de justice de Bastia pour apporter leur soutien au réseau d’écoles immersives Scola Corsa.
 

Pour rappel, l’association avait alerté dans le courant du mois d’avril sur un risque imminent de fermeture en raison d’une incertitude juridique et financière. En effet, le fonctionnement de Scola Corsa repose en grande partie sur le soutien de la Collectivité de Corse, qui assure près de 70 % du financement, complété par les familles, les communes et le mécénat. Mais un contrôle de la Cour des comptes, suivi d’une procédure administrative à l’initiative du préfet de Corse, est venu fragiliser ce modèle. Selon les dirigeants de Scola Corsa, si la subvention venait à être jugée illégale, c’est toute la structure qui finirait par s’effondrer.

Réunis en début d’après-midi devant le tribunal de Bastia, les manifestants ont ensuite déambulé dans les rues du centre-ville jusqu'à la préfecture. Derrière plusieurs banderoles et pancartes appelant à la sauvegarde de Scola Corsa, comme A nostra lingua = u nostru avvene, Simu l’ultima generazione, Scola Corsa camperà ou Zitelli bislingui = zitelli putenti, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une menace directe pour l'avenir de l'enseignement immersif en langue corse. Dans le cortège, enfants, parents d’élèves, enseignants et élus étaient réunis derrière la phrase Scola Corsa deve campà, scandée à plusieurs reprises lors de la descente vers la préfecture.


Devant les grilles de la préfecture, Ghjiseppu Turchini, président de l’association, a réaffirmé la volonté de continuer le combat pour la contractualisation de 11 enseignants, seule manière selon les organisateurs de perpétuer l’enseignement immersif en Corse. « À l’heure où je vous parle, 200 mairies de Corse, soit plus de la moitié des mairies de Corse, ont adopté une motion de soutien, 10 000 personnes ont signé le manifeste, 500 entreprises, six parlementaires d'une manière unanime s'adressent au Premier ministre. On a une démonstration, si besoin en était, d'un attachement viscéral de la société corse à sa langue et au modèle que représente Scola Corsa », a-t-il déclaré. Sous les applaudissements des manifestants, il a ensuite laissé la parole à Paul Molac, député du Morbihan et engagé de longue date sur les questions régionales, et Peio Jorajuria, représentant de l’Euskal Konfederazioa, l’équivalent de Scola Corsa au Pays basque.
 

À l’issue des discours, une délégation, composée de Ghjiseppu Turchini, Gilles Simeoni, maire de Bastia ou encore Michel Castellani, député de la Haute-Corse, a été reçue en préfecture. À leur sortie, le président de Scola Corsa a affirmé que « nos déclarations se suivent, se ressemblent et se répètent malheureusement ». « Le compte n'y est toujours pas mais nous resterons toujours mobilisés, très sereinement mais très fermement, sur l'obtention des 11 postes que nous demandons depuis le départ, parce que cette contractualisation généralisée conditionne la pérennité du modèle et la sécurisation définitive de Scola Corsa. »

Il indique néanmoins que les discussions avancent, et qu’une réponse devrait être apportée en début de semaine prochaine. « Monsieur le préfet nous a confirmé qu'il y aura un retour dès le début de semaine prochaine. Les services travaillent, et il faut reconnaître qu'il y a une mobilisation de ces services sur la question. Maintenant, il faut que la discussion technique, non seulement soit confirmée par Paris, c'est-à-dire les propositions que nous avons formulées de manière à sécuriser définitivement le réseau et son financement, mais aussi que le message soit entendu sur le niveau de contractualisation qui doit être généralisé, comme cela a profité à tous les autres réseaux immersifs de France. Il faut qu'on rentre dans le même modèle, sinon on ne s'en sortira pas. »