« Vous n’ignorez pas, vous choisissez de ne pas agir », « 1 enfant victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les trois minutes », « Les enfants parlent, les institutions tardent ». À Ajaccio, ces messages étaient accrochés aux barreaux du tribunal. Des slogans qui résumaient la colère et l’émotion des quelque 500 personnes mobilisées lundi soir en Corse, à Bastia et à Ajaccio, en mémoire de la petite Lyhanna.
À Bastia, plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice. À Ajaccio, près de 300 manifestants ont répondu à l’appel. Parmi eux, les associations Donne di Corsica, Femmes Solidaires et A Scopa, mais aussi des élus et de nombreux citoyens venus soutenir les familles confrontées aux violences faites aux enfants. Les portraits de Lyhanna, mais aussi de Lola, Fiona ou encore Maëlys, étaient brandis dans la foule, rappelant d’autres drames qui ont profondément marqué l’opinion publique.
À Bastia, plus d’une centaine de personnes se sont réunies devant le palais de justice. À Ajaccio, près de 300 manifestants ont répondu à l’appel. Parmi eux, les associations Donne di Corsica, Femmes Solidaires et A Scopa, mais aussi des élus et de nombreux citoyens venus soutenir les familles confrontées aux violences faites aux enfants. Les portraits de Lyhanna, mais aussi de Lola, Fiona ou encore Maëlys, étaient brandis dans la foule, rappelant d’autres drames qui ont profondément marqué l’opinion publique.
« Dénoncer les dysfonctionnements de la justice »
À Bastia, la fondatrice de Donne di Corsica, Laetizia Costantini, a pris la parole pour remercier les participants et rappeler les nombreuses alertes qui auraient précédé le meurtre de Lyhanna. « On est là en mémoire de la petite Lyhanna, pour montrer que la Corse soutient ses pauvres parents », a-t-elle déclaré. « On est là pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice qui sont aussi présents en Corse. On demande à être entendus. »
La responsable associative a également évoqué les dossiers suivis par son association, certains étant, selon elle, toujours sans réponse plusieurs années après leur ouverture. « Je vais être reçue mercredi par le procureur de la République de Bastia et la présidente de la cour d’appel, puis vendredi à Ajaccio. Je voudrais avoir des explications, savoir pourquoi j’ai des dossiers de 2020 dont on ne sait toujours pas où ils en sont. Nous demandons davantage de transparence », a-t-elle affirmé.
« Toute la violence juridique autour de ces affaires »
À Ajaccio, parmi les manifestants figurait Jessica Moro, mère d’une fillette de neuf ans. Venue avec un dessin réalisé pour l’occasion, elle explique avoir voulu transmettre un message sans recourir aux mots. Pour elle, l’affaire Lyhanna dépasse le seul cadre de ce drame. « Cela met en lumière ce qui se passe réellement dans le traitement de ces affaires », estime-t-elle.
À Bastia, la fondatrice de Donne di Corsica, Laetizia Costantini, a pris la parole pour remercier les participants et rappeler les nombreuses alertes qui auraient précédé le meurtre de Lyhanna. « On est là en mémoire de la petite Lyhanna, pour montrer que la Corse soutient ses pauvres parents », a-t-elle déclaré. « On est là pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice qui sont aussi présents en Corse. On demande à être entendus. »
La responsable associative a également évoqué les dossiers suivis par son association, certains étant, selon elle, toujours sans réponse plusieurs années après leur ouverture. « Je vais être reçue mercredi par le procureur de la République de Bastia et la présidente de la cour d’appel, puis vendredi à Ajaccio. Je voudrais avoir des explications, savoir pourquoi j’ai des dossiers de 2020 dont on ne sait toujours pas où ils en sont. Nous demandons davantage de transparence », a-t-elle affirmé.
« Toute la violence juridique autour de ces affaires »
À Ajaccio, parmi les manifestants figurait Jessica Moro, mère d’une fillette de neuf ans. Venue avec un dessin réalisé pour l’occasion, elle explique avoir voulu transmettre un message sans recourir aux mots. Pour elle, l’affaire Lyhanna dépasse le seul cadre de ce drame. « Cela met en lumière ce qui se passe réellement dans le traitement de ces affaires », estime-t-elle.
La jeune femme dénonce notamment les difficultés rencontrées par les familles lorsqu’un enfant révèle des faits de violences ou d’agressions sexuelles. Selon elle, les parents se retrouvent souvent seuls face à des démarches complexes. « Lorsqu’un enfant parle, il faut agir immédiatement : aller au commissariat, consulter un psychologue, l’entourer d’une équipe médicale et trouver un avocat capable d’accompagner humainement la famille », insiste-t-elle.
Au-delà des procédures judiciaires, Jessica Moro pointe « tous ces dysfonctionnements » et « toute la violence juridique qui se passe autour de ces affaires-là ». « Même lorsqu’il existe des expertises qui vont dans le sens de l’enfant, qui indiquent que les faits révélés s’inscrivent dans la réalité, on se retrouve parfois avec des classements sans suite ou des non-lieux. Les mères protectrices doivent continuer à se battre », ajoute-t-elle.
« Croire la victime avant l’irréparable »
Présidente régionale de Femmes Solidaires, Dominique Andreani estime que le rassemblement visait également à porter la voix de tous les enfants dont la parole peine encore à être entendue. « Nous sommes là pour soutenir les parents de Lyhanna mais aussi tous ceux qui n’arrivent pas à faire entendre la voix des enfants », explique-t-elle.
Pour la responsable associative, la priorité est claire : agir rapidement dès les premiers signalements. « Il faut que les signalements soient pris en compte avant que l’irréparable ne soit commis. La justice doit être réactive. Il faut croire la victime et donner une suite rapide aux alertes », affirme-t-elle.
Au-delà des procédures judiciaires, Jessica Moro pointe « tous ces dysfonctionnements » et « toute la violence juridique qui se passe autour de ces affaires-là ». « Même lorsqu’il existe des expertises qui vont dans le sens de l’enfant, qui indiquent que les faits révélés s’inscrivent dans la réalité, on se retrouve parfois avec des classements sans suite ou des non-lieux. Les mères protectrices doivent continuer à se battre », ajoute-t-elle.
« Croire la victime avant l’irréparable »
Présidente régionale de Femmes Solidaires, Dominique Andreani estime que le rassemblement visait également à porter la voix de tous les enfants dont la parole peine encore à être entendue. « Nous sommes là pour soutenir les parents de Lyhanna mais aussi tous ceux qui n’arrivent pas à faire entendre la voix des enfants », explique-t-elle.
Pour la responsable associative, la priorité est claire : agir rapidement dès les premiers signalements. « Il faut que les signalements soient pris en compte avant que l’irréparable ne soit commis. La justice doit être réactive. Il faut croire la victime et donner une suite rapide aux alertes », affirme-t-elle.
Elle rappelle les conséquences psychologiques que peuvent avoir l’absence de reconnaissance ou l’incrédulité face à la parole d’un enfant. « Lorsqu’une victime n’est pas crue, cela entraîne une destruction psychique. Un enfant est un être en devenir. »
Si elle reconnaît la complexité des enquêtes, Dominique Andreani juge indispensable que l’ensemble du système, judiciaire, médical et social soit capable de réagir plus vite. « Il faut prendre toutes les précautions nécessaires, mais il ne faut pas négliger les signalements. Dans cette affaire qui a conduit à la mort d’un enfant, ce qui s’est passé est dramatique et inacceptable », estime-t-elle.
Une tension autour de l’action de la justice
À Ajaccio, une prise de parole a également suscité des réactions. En lisant un texte de Laetizia Costantini, la présidente de l’association Donne e Surelle, Laetitia Maroccu, a souligné que « la Corse avait la chance d’avoir un procureur qui fait le travail », tout en précisant que ce n’était pas le cas partout.
Des propos contestés dans le public par Jessica Moro et son père. « Le travail n’est pas fait, en Corse non plus. On est pas au paradis là. Beaucoup de femmes et d’enfants sont seuls », ont-ils répliqué, appelant à renforcer la protection des femmes et des mineurs. Au-delà de cette divergence, tous les participants partageaient néanmoins une même revendication : que les alertes concernant les enfants soient entendues plus rapidement et suivies d’effets, afin d’éviter que de nouveaux drames ne se reproduisent.
Si elle reconnaît la complexité des enquêtes, Dominique Andreani juge indispensable que l’ensemble du système, judiciaire, médical et social soit capable de réagir plus vite. « Il faut prendre toutes les précautions nécessaires, mais il ne faut pas négliger les signalements. Dans cette affaire qui a conduit à la mort d’un enfant, ce qui s’est passé est dramatique et inacceptable », estime-t-elle.
Une tension autour de l’action de la justice
À Ajaccio, une prise de parole a également suscité des réactions. En lisant un texte de Laetizia Costantini, la présidente de l’association Donne e Surelle, Laetitia Maroccu, a souligné que « la Corse avait la chance d’avoir un procureur qui fait le travail », tout en précisant que ce n’était pas le cas partout.
Des propos contestés dans le public par Jessica Moro et son père. « Le travail n’est pas fait, en Corse non plus. On est pas au paradis là. Beaucoup de femmes et d’enfants sont seuls », ont-ils répliqué, appelant à renforcer la protection des femmes et des mineurs. Au-delà de cette divergence, tous les participants partageaient néanmoins une même revendication : que les alertes concernant les enfants soient entendues plus rapidement et suivies d’effets, afin d’éviter que de nouveaux drames ne se reproduisent.
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