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Taglio-Isolaccio : Le Centre de vacances Les Îles fête ses 50 ans et son rachat par Touristra


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 27 Octobre 2018 à 23:29 | Modifié le Lundi 29 Octobre 2018 - 00:56


Le village des îles, à Taglio-Isolaccio, plus connu sous le nom de l’ex-CNPO, fêtait un double événement samedi en fin d’après-midi. D’abord un anniversaire : ses 50 ans d’existence et ses 10 ans de son exploitation par Touristra. Puis, son rachat par la société Sodistour-Touristra, annoncé lors du Comité de gestion réuni juste avant. Ce centre de tourisme social, le plus grand de Corse avec près de mille lits, qui est un acteur économique important de la microrégion, devrait faire sa mue d’autant que son nouveau propriétaire entend développer le site, fleuron du groupe Sodistour.


Taglio-Isolaccio : Le Centre de vacances Les Îles fête ses 50 ans et son rachat par Touristra
Ce soir, c’est la fermeture annuelle. Mais, sur la terrasse autour de la piscine, élus, futurs ex-actionnaires et employés, l’atmosphère est à la fête et à l’espoir. Le Centre de vacances Les îles, qui a traversé par le passé quelques turbulences, vient d’écarter les doutes sur son avenir. Il fête son 50ème anniversaire qui sonne comme un nouveau départ. A l’issue du Comité de gestion qui a précédé l’évènement, l’un des actionnaires et exploitant de la structure, le groupe Sodistour-Touristra a annoncé qu’il rachetait l’intégralité des parts des autres partenaires qui souhaitaient se désengager. Le soulagement est unanime. Le centre, qui dispose d’un millier de lits répartis dans 210 bungalows et un hôtel de 147 chambres, emploie 10 personnes à l’année et 120 durant la saison estivale. En majeure partie, des emplois locaux et fidélisés. Sans compter plus d’une centaine de prestataires extérieurs qui travaillent pour le Village.
 
Un pacte d’associés
En 2008, le centre social avait fait l’objet d’une reprise par la SAS Tagliu, regroupement de quatre associés : le groupe Sodistour-Touristra, l’Association Vacances Leo Lagrange, la Caisse des dépôts et Femu Qui. Il signe une convention pour dix ans avec un client unique Pro BTP qui représente 2/3 de son activité. « Les acteurs économiques - mairie, département, région, Etat – se sont mobilisés pour bâtir un projet permettant la renaissance du Village et la préservation des emplois. Cette mobilisation s’est opérée avec le concours de la Caisse des dépôts, de la Caisse d’Epargne Alpes-Côte-d’Azur, du fonds de développement corse Femu Qui et de Touristra afin de constituer une société qui, avec l’appui de fonds publics importants, a permis la rénovation du Village et sa réouverture. L’opérateur historique Pro BTP prend des engagements de remplissage du Village afin d’assurer la viabilité du projet. Ce montage juridique et financier engageait tous les acteurs dans un pacte de dix ans », explique Pierre Touchet, PDG de Sodistour.
 
Une mission achevée
En 2017, le syndicat STC, très inquiet de l’échéance et de l’avenir de la structure, alerte la Collectivité de Corse qui met en place un Comité de pilotage composé de toutes les parties prenantes, y compris la commune et les personnels. Dans la foulée, l’Assemblée de Corse vote une motion affirmant son attachement à l’avenir du Centre, à la pérennisation de l’emploi et de l’activité et la nécessité de définir une stratégie commune avec les partenaires sociaux. Fin 2017, une nouvelle convention est signée avec Pro BTP pour une durée de 2 ans, tacitement reconductible. Elle prévoit un engagement pour 50 000 nuitées fermes. En 2018, le centre a totalisé près de 100 000 nuitées et table sur 20 000 de plus l’année prochaine. Mais certaines questions reste en suspens. « Des associés historiques, la Caisse des dépôts, la Caisse d’Epargne et Femu Qui, ayant pleinement remplis leur mission, ont fait valoir qu’il n’était pas dans leur vocation de rester actionnaires. La Caisse d’Epargne a considéré qu’elle ne pouvait pas, en même temps, être associé et banquier d’un structure », ajoute Pierre Touchet.
 
Un nouvel élan
Dans ces conditions, se pose la question du rachat des parts, 2/3 au total. « C’est dans ce contexte que nous les avons rachetées pour continuer à exploiter et à développer ce Village auquel Touristra tient beaucoup parce qu’il est un des fleurons du groupe. Ce rachat n’est pas une opération capitalistique, les actionnaires sont des personnes physiques attachées au tourisme social. Nous pensons que c’est bien pour nous, mais aussi pour le territoire et pour la Corse. Nous avons rencontré ici des gens très attachés au projet, ce qui nous a enthousiasmé. Nous pouvons nous inscrire dans une logique de projets, donner un nouvel élan, une nouvelle dynamique, travailler en bonne complicité, sérénité et transparence, et imaginer un avenir encore plus important pour ce lieu », tient à préciser Pierre Touchet.
 
Un enjeu de territoire
« Nous nous réjouissons de cette issue heureuse qui permet une solution pérenne. Nous réaffirmons notre engagement dans ce Centre parce que nous pensons que, dans le modèle touristique corse, il y a une place certaine pour le tourisme social. C’est surtout un enjeu majeur pour le territoire de Taglio-Isolaccio et pour l’ensemble de la région de la Tavagna et de la Casinca que ce soit en termes économiques et sociaux, d’emplois directs et indirects, d’articulation avec les producteurs locaux et avec le tourisme dans les villages de moyenne montagne alentour. Nous allons accompagner ce mouvement à la place qui est la nôtre pour renforcer la structure, lui permettre de rayonner et décliner cette vision de façon opérationnelle. C’est la raison pour laquelle nous pérennisons le Comité de pilotage et nous nous y impliquons directement », explique Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse et président du Comité de pilotage.
 
Une excellente nouvelle
« C’est une excellente nouvelle ! », renchérit Marie-Thérèse Mariotti, maire de Taglio-Isolaccio et membre du Comité de pilotage. « A l’issue de pratiquement deux années de comité de pilotage, des incertitudes pesaient sur la reprise de l’actionnariat. J’avoue que j’étais un peu inquiète. La nouvelle confirmée par le PDG de Touristra est de nature à nous rassurer et, surtout, à prévoir l’avenir avec infiniment d’espoir. Touristra a énormément de projets, des projets liés à la rénovation du camp, mais aussi de développement de la clientèle. Ce qui est rassurant, c’est que nous sortons de la logique du mono-client qui était tenu historiquement par Pro BTP avec une montée en puissance des clients de Touristra et autres Tours operators. C’est encourageant car dépendre d'un seul client est dangereux !  Touristra s’est mis en ordre de marche et nous ferons tout pour l’accompagner ».
 
Que faire de la coupole ?
Touristra énonce déjà trois phases de projets : la réhabilitation des équipements, la modernisation des gîtes et la renaissance de la Coupole. Cet immense bâtiment emblématique du Centre de vacances, unique en Corse, est abandonné depuis les années 2000. Il abritait, notamment, une salle de cinéma de 250 places et une salle de concert de 1000 places. « C’est un projet qui nous dépasse parce qu’il est structurant pour l’île. Il ne peut se concevoir que si la Collectivité territoriale s’inscrit dans l’élaboration d’un projet partagé avec, pourquoi pas, le concours de l’Etat, des partenaires économiques ou privés. Il y a plusieurs idées possibles. On peut concevoir un lieu qui allie spectacles, sports, séminaires.... Il y a plein de coursives et de salles de réunions qui pourraient abriter des starts-up, du coworking, des pépinières… C’est à la Collectivité territoriale de donner l’impulsion et de dire de quels projets elle a besoin sur ce territoire ». La mairesse de Taglio-Isolaccio temporise : « Il y a probablement quelque chose à faire, mais il ne faut pas prendre le problème à l’envers ! Le point de départ n’est pas architectural, mais que faut-il faire à l’intérieur ? Il faudra certainement réfléchir à la destination de cette bâtisse qui est extrêmement modulable et de très grande qualité. La bonne nouvelle est qu’apparemment, elle ne contient pas d’amiante. Compte tenu de la raréfaction des fonds, on ne pourra pas envisager un projet sans savoir quel sera le business plan derrière ». Affaire à suivre…
 
N.M.
 




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