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Saint Florent : Il faut sauver l’épave de la Mortella !


Rédigé par Philippe Jammes le Jeudi 9 Mai 2019 à 10:16

Afin de pouvoir sauver l’épave d’un navire du XVIème siècle, la Mortella, et financer les fouilles sous-marines, une opération de crowdfunding vient d’être lancée par le Centre d’Etudes en Archéologie Nautique située à Oletta. « L’épave de la Mortella III c’est le vestige rare d’un navire coulé en 1527 en Corse » explique Arnaud Cazenave de la Roche du CEAN. «Aujourd’hui nous avons besoin d’aide pour aider notre équipe d’archéologues à protéger et mettre en valeur ce trésor archéologique unique et fragile ».




L'épave
L'épave

L’histoire des naufrages des navires de la Mortella
Alliée de l’Espagne de Charles Quint, la ville de Gênes est assiégée par la flotte française et ses alliés tout au long de l’année 1527. A l’été, les Génois affamés parviennent à envoyer deux naves, des navires de commerce armés, à destination de la Sicile, pour y chargé vivres et céréales. Le but de cette mission désespérée est de parvenir à déjouer le blocus maritime imposé à la ville et approvisionner ses habitants. Mais arrivés en Corse où ils font escale dans la baie de Saint-Florent, les deux naves génoises sont repérées par la flotte de l’Amiral Andrea Doria qui est alors allié à la France de François 1er contre sa propre ville natale. Dès lors, les naves se savent perdues car la flotte de galères de Doria fond sur elles à toutes rames tandis que, faute de vent, elles ne peuvent s’enfuir. Face à cette situation sans issue, elles prennent alors la décision de se saborder plutôt que de tomber dans les mains ennemies.


L’épave
« C’est à la suite d’une prospection géophysique menée par notre équipe entre 2005 et 2010 qu’ont été découvertes les épaves de la Mortella au moyen d’un SONAR à balayage latéral’ explique Arnaud Cazenave de la Roche. « Elles ont été baptisées Mortella II et Mortella III du nom de la tour génoise qui garde l’entrée de la baie de Saint-Florent et face à laquelle elles ont sombré ». Mortella I est le nom d’un site archéologique d’ancien mouillage situé aux pieds de la tour. Le navire est une nave, un grand navire de haut bord de commerce armé. La construction est en chêne. Par chance, la structure de la coque a été parfaitement conservée par le sédiment qui l’a recouverte année après année. Il s’agit là de vestiges rarissimes, si l’on considère qu’aujourd’hui seule deux épaves méditerranéennes de cette période ont été découvertes et étudiées dans le monde. Il mesure près de 40 mètres dans sa plus grande longueur, pour 10 mètres dans sa partie la plus large. Sa coque a été remarquablement conservée par le sédiment marin. Le mobilier est essentiellement composé par l’artillerie et ses projectiles en pierre, la céramique, le verre et les éléments de gréement : cordages, poulies ...

«Notre Centre d’Études en Archéologie Nautique s’emploie depuis à étudier, préserver et mettre en valeur ces épaves » souligne Arnaud Cazenave de la Roche. «La fouille du premier navire, baptisé Mortella III, a débuté en 2010. Son étude qui a permis d’enrichir considérablement notre connaissance de la navigation et de la construction navale méditerranéenne de la période de la Renaissance est actuellement en voie d’achèvement. La dernière campagne, prévue à l’automne, est extrêmement importante, notamment en termes de conservation du site qui doit être ré enfoui sous le sédiment pour garantir sa pérennité dans le temps en le mettant à l’abri de l’érosion marine, des organismes marins et des pilleurs ».

Le site est en effet la convoitise de pirates sans scrupule qui attendent le moment propice pour mettre à sac ce trésor archéologique. Récemment certains sont venus avec des câbles et des treuils pour tenter de dérober des canons de l’épave. Or ceux-ci n’ont pas résisté à la traction et se sont brisés !

«Notre responsabilité est donc d’achever l’étude de l’épave de la Mortella III en mettant en place des mesures de protection efficaces contre les agressions extérieures, qu’elles soient naturelles ou humaines. » poursuit Arnaud Cazenave de la Roche. «Mais pour cela, les subsides que nous recevons de la Collectivité de Corse et du ministère de la Culture ne sont pas suffisants. Il manque à notre budget une somme plancher de 10.000 euros que nous devons trouver de toute urgence si nous voulons lancer la fouille et parvenir à cet objectif. Nous comptons sur la mobilisation de tous et d’autant que le CEAN étant déclaré d’Utilité Générale, les dons sont défiscalisables des feuille d’impôts ».

Les fonds collectés seront principalement destinés à financer le volet conservation de l’épave :


Objectif minimum : 10.000 € qui permettront de financer
Le recouvrement des structures de la charpente et du mobilier qui s’y trouve au moyen d’une couche de tissu géotextile. Une épaisse couche de sable et de graviers sera ensuite déversée et répartie sur les 600 m2 que compte le site. Cette protection assurera le caractère anaérobique du milieu (absence de lumière et d’oxygène) afin de limiter l'activité organique qui pourrait affecter les vestiges. Enfin, un grillage en polypropylène sera mis en place sur l’ensemble du site. Des tenseurs seront mis en place pour maintenir l'ensemble. Ce dispositif aura pour but de limiter tout risque d’érosion dans le temps et obtenir ainsi une pérennité maximum de l'épave dans le long terme.


Une nave génoise au XVIème siècle
La conservation préventive du mobilier prélevé qui traité dans le laboratoire de fouille sous le contrôle de l’entreprise spécialisée A-Corros. Il fera l’objet d’un traitement préventif ayant pour but essentiel sa déchloruration, puis sa stabilisation à l’air.

Si cet objectif est atteint un Palier 2 de 10.000 € permettra de financer


L’étude dendroarchéologique de la charpente. Il s’agit de prélever des échantillons de bois pourvus d’aubier de façon à ce que l’étude des cellules du bois et des séquences des cernes de croissance permette d’aboutir à des conclusions sur son origine ainsi que sur sa chronologie (date d’abattage des arbres utilisés pour la construction de la charpente).

Réalisation d’une couverture photogrammétrique (techniques d’imagerie 3D) de l’ensemble des vestiges. L’objectif est de générer un instrument de travail destiné à compléter, parfaire, préciser et généraliser le relevé topographique des vestiges.

- approfondir une analyse/interprétation fine des vestiges en développant un programme d’observation des images 3D.

 

Comment soutenir le projet
Vous pouvez soutenir ce projet :
- en faisant un don en ligne par carte bleue sur cette page après inscription sur le site Dartagnans

- en effectuant un virement bancaire après inscription sur le site Dartagnans : https://dartagnans.fr/fr/register

- en envoyant un chèque, au dos duquel vous ferez figurer votre adresse e-mail, libellé à l’ordre suivant "CEAN", expédié à l'adresse suivante : Dartagnan Campagne "Mortella III: sauvegardons notre patrimoine englouti" 15 rue de Milan, 75009 PARIS



Les canons brisés par les pilleurs
Les canons brisés par les pilleurs




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