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Remise en cause du 1er Mai : la CGT de Haute-Corse met les députés face à leurs responsabilités


Philippe Jammes le Dimanche 18 Janvier 2026 à 14:32

Face à la proposition de loi visant à remettre en cause le caractère férié et chômé du 1er Mai, l’Union Départementale des Syndicats CGT de la Haute-Corse monte au créneau et entend mettre les deux députés du département devant leurs responsabilités. Adopté au Sénat, le texte doit passer à l'Assemblée nationale ce jeudi 22 janvier.



Adopté au Sénat, le texte sur le 1er mai passe à l'Assemblée nationale le 22 janvier prochain.
Adopté au Sénat, le texte sur le 1er mai passe à l'Assemblée nationale le 22 janvier prochain.

« Le 1er Mai n’est pas un jour férié ordinaire », déclare Charles Casabianca, secrétaire général de l’UD CGT de Haute-Corse. « C’est une conquête historique internationale, arrachée par la lutte des travailleurs. Toucher à ce symbole, sous couvert de dérogations pour certains secteurs, constitue une agression sociale sans précédent et une ligne rouge absolue ». Aussi le syndicat vient-il par des lettres sensibiliser Michel Castellani et François-Xavier Ceccoli, respectivement députés de la 1re et de la 2e circonscription de Haute-Corse. Une véritable mise en demeure même !


« Notre Union Départementale, en lien avec notre confédération, vous met solennellement en garde : nous userons de tous les moyens à notre disposition pour faire échec à cette loi », peut-on notamment y lire . « La CGT, représentant les intérêts de millions de travailleurs, n’hésitera pas à rendre publics les noms des députés dont le vote aura contribué à la suppression du caractère férié et chômé du 1er Mai. Nous veillerons à ce que chaque responsabilité politique soit clairement identifiée et retenue par les électeurs de la Haute-Corse lors des prochaines échéances législatives. Aucun renoncement de cette ampleur ne sera oublié», est-il encore écrit. « La CGT les met solennellement en garde contre toute tentation de valider ce projet de détricotage des protections collectives », martèle Charles Casabianca.


« Nous ne permettrons pas que ce qui a été acquis par le sang et la lutte soit bradé par un vote parlementaire et nous veillerons à ce que le vote de chaque député soit porté à la connaissance des salariés de Haute-Corse. Les électeurs sauront s’en souvenir lors des prochaines échéances »

On se souvient que l’an passé, le 1er Mai avait été au centre d’une polémique, des élus appelant à autoriser les commerces de bouche de proximité, les restaurants, mais aussi les fleuristes, les théâtres et cinémas à rester ouverts ce jour-là à la condition que les salariés, volontaires,  donnent leur accord par écrit à leur employeur.


« L’expérience du travail dominical l’a prouvé : ce qui est présenté comme une exception devient systématiquement la norme sous la pression patronale » s’indigne Charles Casabianca. « La CGT refuse cette banalisation programmée du temps de repos et de lutte des travailleurs et dans l’attente du vote de ce 22 janvier, l’UD CGT 2B appelle les salariés de tous les secteurs du département à la vigilance et à se tenir prêts pour les actions à venir ».
Au niveau national un rassemblement est d’ores et déjà prévu à Paris devant l’Assemblée nationale, mais du côté de Bastia on souligne que des actions seront aussi organisées en Haute-Corse « pour réaffirmer que le 1er mai n'est pas à vendre » conclut le leader syndical.