Du Cap Corse à l’Extrême-Sud en passant par la Balagne, le Centre Corse, l’Alta Rocca ou encore la région ajaccienne, plusieurs dizaines d’édifices religieux vont se parer de rouge à partir du 15 novembre. Jusqu’au 22 novembre, près de 35 églises, couvents et sanctuaires participeront à la Red Week, ou Semaine Rouge, une opération internationale portée par l’Aide à l’Église en Détresse (AED) et qui a pour objectif d’attirer l’attention sur les persécutions et les discriminations dont sont victimes des personnes à travers le monde en raison de leur religion ou de leurs convictions. « On illumine les façades des églises en rouge pour rappeler que l’Église s’est construite depuis l’Antiquité sur le sang des martyrs, et que malgré tout, au XXIe siècle, il existe encore de nombreux martyrs dans le monde », indique Damien Delgrossi, délégué de l’AED en Corse, précisant que « plus de 65 % de la population mondiale vit sous des régimes autocratiques, dictatoriaux ou théocratiques ».
Cette mobilisation ne se limite toutefois pas à la seule défense des chrétiens persécutés. Si l’AED est une organisation catholique, elle entend faire de cette semaine un temps de sensibilisation à toutes les atteintes à la liberté de conscience. « La Semaine Rouge est là pour rappeler un des principes fondamentaux des droits de l’homme, qui est l’article 18, qui symbolise la liberté de tout citoyen de croire ou même de ne pas croire », souligne-t-il, évoquant notamment « les Rohingyas en Birmanie, les Ouïghours en Chine ou les chrétiens du Pakistan ». « Force est de constater qu’en 2026, il y a encore énormément de gens qui sont persécutés en raison de leur foi. »
Une mobilisation record en Corse
Pour sa troisième participation à la Semaine Rouge, après une première édition insulaire organisée en 2024 à l’occasion de la Nuit des Témoins à Ajaccio, la Corse enregistre cette année une mobilisation particulièrement importante. Près de 35 édifices sont annoncés, du Cap Corse à l’Extrême-Sud. « C’est très fort », estime le délégué de l’AED. « Au prorata des communes, c’est assez unique en France, voire à l’international. » Il souligne également l’adhésion des communes et des paroisses sollicitées pour participer à l’opération. « Très franchement je n’ai eu aucun refus. Toutes les communes sont d’accord et solidaires. » Une participation qui témoigne, selon lui, d'une volonté de défendre un message qui dépasse les convictions religieuses. « Les mairies ne sont pas dans une démarche de prosélytisme, elles sont dans une démarche d’universalité et d’allergie aux injustices », explique-t-il. Sur chaque édifice participant, une affiche doit également permettre aux habitants de comprendre la signification de cette illumination.
À Cargèse, deux églises illuminées face à face
Selon Damien Delgrossi, l’une des images les plus symboliques de cette édition se trouvera à Cargèse. Dans le cadre du 350e anniversaire de l’installation des Grecs en Corse, les églises grecque et latine seront toutes deux illuminées en rouge. Un choix qui fait écho à l’histoire de la commune, où la communauté grecque a trouvé refuge au XVIIe siècle après avoir fui les persécutions ottomanes. « La Corse a été une terre d'accueil de communautés persécutées. Voir ces deux églises en rouge, face à face, sur cette terre d'accueil, ça résonne vraiment de manière forte et émouvante pour nous. » Au-delà de la dimension spirituelle, la Red Week entend ainsi interpeller le grand public sur une réalité souvent méconnue. Une affiche apposée sur chaque édifice participant expliquera les raisons de cette illumination. « Il y a une action d'information et une action de prière, pour être en communion avec ceux qui souffrent », conclut Damien Delgrossi.









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