Ils ont grandi à Ajaccio, Borgo, L’Île-Rousse ou Venaco et ils sont aujourd'hui à plusieurs milliers de kilomètres de la Corse. Quatre jeunes sont partis récemment pour plusieurs mois aux Philippines et à Madagascar. Un départ qui s’inscrit dans le cadre d'un service civique international accompagné par France Volontaires. « C’est comme le service civique qui existe en France : c’est jusqu’à 25 ans, ou 30 ans si on est en situation de handicap, et on ne peut en faire qu’un seul dans sa vie », explique Charlotte Chiron, responsable du service communication de France Volontaires.
D’une durée de six mois à un an, le service civique international se déroule au sein d’une structure locale, auprès de laquelle le volontaire intervient en appui. « On envoie des volontaires en Asie, en Afrique ou encore en Amérique latine, et on travaille à la co-construction de projets et de missions. C’est un projet qui nécessite la mobilisation de volontaires sur le terrain », précise-t-elle.
Quatre missions entre Madagascar et les Philippines
Depuis quelques jours, les jeunes Corses ont ainsi rejoint une structure et un projet différents dans des domaines variés. À Antananarivo, la capitale de Madagascar, Bassanio a rejoint l’association Traceur Gasy qui développe des actions autour du parkour, de l’inclusion sociale et de l’éducation par le sport. Une mission qui s’inscrit également dans un projet intitulé Urban Flow, qui associe sports et cultures urbaines, entrepreneuriat, formation et valorisation des talents. Aux Philippines, Loane et Aymerick participent quant à eux à des actions de protection des tortues marines avec l’organisation environnementale CURMA.
Pour Loane, originaire de Borgo, ce départ intervient dans le cadre d’une année de césure après ses études en biologie. Elle raconte avoir voulu profiter de cette période pour s’engager à l’étranger. « J’étais surtout intéressée par les pays d’Asie parce qu’ils parlent anglais et que je voulais profiter du service civique pour m’améliorer. Je voulais faire une mission dans l’éducation ou dans l’environnement, et j’ai été mise en contact avec CURMA qui a accepté de me prendre », explique-t-elle. Au-delà de la mission de conservation et de protection des tortues, Loane attend beaucoup de ces six mois sur le plan personnel. Elle qui a déjà vécu une année au Canada dans le cadre d’un échange scolaire s’attend à un dépaysement différent aux Philippines. « Découvrir une nouvelle culture, je trouve ça génial, c’est une ouverture d’esprit qu’on apprend sur place. Je sais que ça va me faire grandir en autonomie et en responsabilité. Et j’ai tout un bénéfice professionnel derrière. Je pense que ça va être incroyable et j’ai hâte de tout découvrir là-bas ! »
Enfin, à Manille, Lana a quant à elle rejoint la Virlanie Foundation, une ONG qui intervient auprès d’enfants et de familles vulnérables. Pendant six mois, elle travaillera aux côtés de la chargée de communication de l’organisation. « Je vais l’aider à prendre des photos et des vidéos et à écrire des articles pour que cette association soit connue et ait plus de visibilité au niveau des réseaux sociaux », indique-t-elle, précisant avoir découvert le service civique international lors d’une réunion à Corte. Alors qu’elle souhaite devenir hôtesse de l’air, elle voit dans cette expérience une manière de commencer à pratiquer l’anglais tout en découvrant un autre pays. « Je trouve que c’est un bon moyen d’avoir une expérience à l’étranger tout en parlant une autre langue que le français. » Tout comme Loane, Lana attend aussi beaucoup de ces six mois aux Philippines. « Ça va me faire grandir, je vais apprendre une nouvelle culture, découvrir un nouveau pays, discuter avec les locaux, et je pense que je vais prendre en maturité », estime-t-elle.
Pour Charlotte Chiron, ces quelques mois à l’étranger peuvent aussi avoir des effets sur la suite du parcours des jeunes. « C’est une expérience professionnalisante. Ce n’est pas une expérience professionnelle parce que ce n’est pas un travail, mais vous développez des soft skills comme l’adaptation, la réactivité, la capacité à sortir de sa zone de confort, à être ouvert sur le monde », explique-t-elle. Des acquis que les volontaires pourront ensuite mettre en avant dans leur parcours, notamment avec un accompagnement proposé à leur retour en France. « On leur propose un accompagnement pour réinvestir tout ce qu’ils auront pu apprendre, comment ils vont le valoriser dans leur parcours, comment cette expérience de volontariat international va leur être utile ensuite sur leur CV », conclut-elle.
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