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Per L’Avvene : « Nous avons été une opposition constructive, mais nous n’avons pas été entendus »


Nicole Mari le Vendredi 21 Mai 2021 à 19:54

En marge de l’ultime session de cette mandature, le groupe de droite, Per L’Avvene, a fait le bilan politique de ses 41 mois d’activité à l’Assemblée de Corse. Celui, qui fut sans contexte le premier groupe d’opposition dans l’hémicycle, tant par le nombre de ses élus que par ses prises de position souvent critiques ou antagonistes, déplore de ne pas avoir été entendu par l’Exécutif nationaliste sur des sujets cruciaux, comme les déchets, l’urbanisme, le PADDUC ou les transports. L’occasion aussi, à un mois du 1er tour des élections territoriales, de rappeler les points de profond désaccord à la fois idéologiques et de méthode.



Le groupe de droite Per L’Avvene à l’Assemblée de Corse : (assis) Santa Duval, Chantal Pedinielli, Annette Pieri, Jean-Louis Delpoux, (debouts) Jean-Martin Mondoloni, Camille de Rocca Serra, Christelle Combette et Xavier Lacombe. En visio, Marie-Thérèse Mariotti.
Le groupe de droite Per L’Avvene à l’Assemblée de Corse : (assis) Santa Duval, Chantal Pedinielli, Annette Pieri, Jean-Louis Delpoux, (debouts) Jean-Martin Mondoloni, Camille de Rocca Serra, Christelle Combette et Xavier Lacombe. En visio, Marie-Thérèse Mariotti.
« Nous avons voulu faire un bilan politique et institutionnel de la façon dont a fonctionné notre groupe dont je tiens à louer la solidité, la cohérence et le travail durant cette mandature », précise, en préambule, le président du groupe Per L’Avvene, Jean-Martin Mondoloni. Un travail qui, depuis 2018, s’est traduit, chiffres à l’appui, par une cinquantaine de questions orales, 18 questions écrites, plus d’une centaine d’amendements, une trentaine de motions et 341 interventions. « C’est important que l’opinion sache que nous avons travaillé et que nous avons été partie prenante des débats de l’assemblée ». Le leader du groupe de droite, premier groupe d’opposition à la majorité nationaliste, revient également sur la forme qu’a prise cette opposition : « L’ensemble de nos interventions ne consistait pas à s’opposer systématiquement à l’action de la majorité. Nous avons été une opposition constructive au sens où il n’était pas question de tout rejeter. Souvent, nous avons été en phase avec ce qui était proposé. Chacune de nos interventions a été rédigée, formulée, pensée de sorte qu’elle améliore les propositions qui émanaient de la majorité. Le premier bilan, que nous faisons à regret, est que, majorité absolue ou pas, la plupart de nos propositions ont été rejetées, pour ne pas dire balayées d’un revers de main ». C’est à plusieurs voix que le groupe de droite rappelle lesdites propositions sur « les sujets qui empoisonnent la vie des Corses » : les déchets, les transports, l’énergie, l’urbanisme, les finances de la Collectivité de Corse. « On regrette que sur ces sujets, nous n’ayons pas été entendus », ajoute Jean-Martin Mondoloni.

En visio, Marie-Thérèse Mariotti.
En visio, Marie-Thérèse Mariotti.
La charge sur les déchets
Marie-Thérèse Mariotti intervient sur le premier sujet phare, « qui sera l’un des enjeux de la campagne » : les déchets. Et réaffirme une opposition irréductible à « ce que l’Exécutif appelle le projet de Plan de prévention et de gestion des déchets, ce que nous avons, pour notre part, appelé : une liste sans aucun choix déterminé et déterminant. Pour nous, il n’y a pas de choix clairement formulés ! Notre groupe n’a toujours pas compris où ce projet en était aujourd’hui dans le process de validation. On ne sait pas ! J’ai tenté de poser la question à l’Assemblée, et je n’ai toujours pas de réponse ! ». Ce qu’elle reproche à l’Exécutif : « C’est surtout le manque de choix ! On ne leur reproche pas de ne pas être sur nos fondamentaux, mais de ne pas savoir où sont les leurs ! Nous sommes toujours dans le brouillard absolu ! Les centres de surtri, il y a toujours un bon motif pour les écarter. Soit ils sont surdimensionnés, soit ils sont mal positionnés. Les objectifs de tri sont dix fois trop ambitieux, on voit l’échec. Les prévisions des ordures ménagères résiduelles ont été sous dimensionnées, l’accompagnement des intercommunalités est totalement inexistant, la valorisation énergétique, on ne sait pas ! Ils ont balayé d’un revers de main l’incinérateur sans même se lancer dans une étude ! Ils préfèrent la méthanisation qui est contraire au Plan Bio-déchets qui est imposé. Les centres d’enfouissement, on ne sait même pas où on va ! Pour nous, c’est vraiment l’échec de la mandature ! ».
 
De la route et du rail
Dans le même état d’esprit, Jean-Martin Mondoloni enchaîne sur les transports, notamment les infrastructures routières : « Deux sujets sont passés sous les radars et sont révélateurs de cette inertie institutionnalisée. Le premier, c’est le schéma directeur des routes. La fusion et donc, de facto, la disparition des départements, a eu un impact considérable sur le réseau routier dit secondaire. Ce schéma routier aujourd’hui n’est pas opérationnel. Le second, en point de mire, est symbolique : le rail avec cette promesse du train jusqu’à Folelli qui est devenue une macagna. Il y a eu des effets d’annonce et des annonces sans effet ! Pour nous, il faut être beaucoup plus ambitieux, mais pour cela - et cela fait partie des reproches qui traversent tous les dossiers -, il faut des relations apaisées, constructives et fertiles avec les services de l’Etat. Quelque soit le résultat des urnes, il y aura l’obligation politique, morale et institutionnelle de renouer des liens opérationnels avec l’État ».

Pas ce PADDUC !
Autre enjeu : l’urbanisme avec une charge attendue contre le PADDUC. « Je veux bien que ce soit un projet de société, mais il est inapplicable ! Aucun maire n’est satisfait du PADDUC qui est instrumentalisé politiquement par des associations qui viennent contrer les documents d’urbanisme ou les cartes communales pour les faire annuler. À un moment donné, quand on est dans l’impasse, il faut en tirer les leçons ! Il faut revoir le PADDUC ! », dénonce Xavier Lacombe. Le maire de Peri estime que la méthode n’est pas la bonne. « Il ne peut pas y avoir un document supra qui s’impose aux 363 communes de Corses. La méthode que nous proposons est de rencontrer toutes les communes et intercommunalités, connaître le projet politique des élus, travailler ensemble pour voir ce qui est possible dans les orientations souhaitées par les communes, essayer d’y répondre au mieux en accompagnant par une véritable ingénierie de l’AUE. Il peut y avoir, si les choses sont bien pensées, un véritable deal entre protection et développement, et le réussir tous ensemble. Nous ne sommes pas contre le PADDUC, bien au contraire, mais pas celui-ci et pas de cette façon ! ». En matière de foncier, Annette Pieri déplore que ses propositions n’aient pas été entendues. Par exemple, le bail réel solidaire : « C’est un dispositif existant sur le continent qui permet aux ménages modestes d’accéder à la propriété en ne payant que 70 % de la pleine propriété d’un bien. On n’a pas été entendu, comme sur la financiarisation du foncier agricole ou la problématique de l’indivision qui est la gangrène de la Corse ». Idem pour « l’usufruit temporaire qui permettrait également de rénover l’habitat dans les villages, c’est-à-dire la possibilité pour une personne de céder temporairement un usufruit, par exemple sur dix ans, pour que le bien soit réhabilité ».

Jean-Martin Mondoloni et Camille de Rocca Serra. Photo Michel Lucioni.
Jean-Martin Mondoloni et Camille de Rocca Serra. Photo Michel Lucioni.
Des marges réduites
Dans le viseur enfin : la situation budgétaire de la Collectivité de Corse. « On est passé d’une maison qui, il y a une dizaine d’années, avait comme fonction principale d’investir au service de la Corse à une maison qui, aujourd’hui, a des charges de fonctionnement qui hypothèquent toute marge en matière d’investissement. Lorsqu’on dépensait 100 €, 70€ était consacré à l’investissement et 30€ au fonctionnement, la charge s’est inversée. Les Corses doivent le savoir. Toutes les autres collectivités font des efforts en matière d’optimisation des moyens, cet effort-là n’a pas été consacré durant cette mandature », regrette aussi Jean-Martin Mondoloni. En parallèle, il tacle une absence de réflexion de fond sur l’économie : « On est toujours sur une logique de subvention directe. Ce sont toujours les mêmes 250 entreprises qui bénéficient des fonds, alors que là aussi, nous avons été force de propositions ».

Une vision pragmatique
Camille de Rocca Serra enfonce le clou sur « la différence entre la méthodologie qui nous enferme et la vision pragmatique que nous avons privilégiée dans tous les domaines. Les Nationalistes ont tout soumis à une révision de la Constitution, mais nous nous pensons qu’on peut avancer même sans révision de la Constitution. Notre structure financière ne permet pas de rentrer dans ce que nous souhaitons tous : une forte autonomie. Nous n’avons pas la solidité financière pour assumer des compétences accrues. Il ne faut pas exiger de l’Etat des dotations toujours accrues, mais discuter sur un transfert de moyens, soit le produit de la fiscalité, soit une fiscalité propre ». Pour l’ex-député, on peut développer une économie moderne en la finançant par des fonds propres. « L’épargne de la Corse est considérable, elle est estimée à plus de 5 milliards € par an, elle pourrait être en partie utilisée. Il faut faire en sorte que la CADEC puisse être l’outil qui permettrait de porter un financement de l’économie sur des entreprises et des secteurs cibles. J’entends dire, depuis des années, par la famille nationaliste qu’il faut sortir du Tout Tourisme, mais le tourisme est un élément de notre économie. Il faut investir sur la Recherche, la formation et la jeunesse pour donner d’autres perspectives à la Corse. Rien n’a été fait ! On est sur des discours, mais aucune action ! Il faut passer du discours à l’action et s’en donner les moyens. Notre opposition a su apporter des réponses très concrètes, rarement écoutées, encore moins entendues, c’est dommage ! La Corse mérite mieux ! ».
 
N.M.
 














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