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Patrimoniu : Jean‐Paul Marcheschi jusqu'au 29 Septembre au domaine Orenga


Rédigé par le Dimanche 6 Septembre 2015 à 23:30 | Modifié le Dimanche 6 Septembre 2015 - 23:46


Le Domaine Orenga de Gaffory, à Patrimoniu, présente depuis le 29 Juillet et jusqu'au 29 Septembre, la troisième exposition de Jean‐Paul Marcheschi, une exposition imaginée en écho avec celle présentée dans le même temps au Musée de Bastia « Abîmes, Abysses ».


Comme dans ses expositions précédentes, Jean‐Paul Marcheschi a pris possession du lieu et l'a changé dans une scénographie emblématique de son art si particulier. L’Espace Orenga deGaffory devient cette fois une galaxie, issue des fin fonds de l’univers, habitée de terres defeu, d’Îles éoliennes, enlacées par des mers, aux abysses profonds peuplés de méduses,  etparcourues par des navires aux voilures gonflées par le vent.

 

« Eole Furioso » 
Cette exposition baptisée « Eole Furioso »  (Eole furieux), est introduite par une œuvre immense et forte à propos, réalisée en Corse en 1993 et jamais encore exposée « La Carte des Vents». Une des rares œuvres de l’artiste réalisée au fusain qui est aussi une évocation de la Corse, parfois désignée comme le pays du vent.
Jean‐Paul Marcheschi avait également imaginé intituler son exposition de manière plus explicite «J’écris lumineusement sur fond obscur l’alphabet des astres »,  un propos emprunté et détourné d’une citation de Mallarmé «On n’écrit pas lumineusement sur fond obscur l’alphabet des astres .»

 

Jean‐Paul Marcheschi décline ainsi l’alphabet des astres, avec les éléments intangibles de son univers onirique et lyrique _ l'air, l'eau, la terre, le feu_    dans une série de créations représentatives de la diversité de son œuvre :
‐ « les Antiphonaires », présente une suite d’images et de récits extraites de grands livres qui rappellent ceux sur lesquels étaient écrits les chants grégoriens au Moyen‐âge. Tantôt encadrées sous verre,  tantôt rétro éclairées par des boites à lumières produisant un effet de vitrail, les pages composent une évocation de la terre et des Îles, en partie nées des visions,de l’enfer et du purgatoire, de la Divine Comédie.  
‐ « La tables des matières » entraîne le spectateur dans la contemplation des ressacs de la Méditerranée, de ses  brises et de ses constellations, à travers une variation de faux carrés esquissés en Corse et marouflés sur toile.
‐ « Des extraits de la bibliothèque de livres rouge » prolonge le voyage dans les profondeurs de la terre à travers un grand ensemble d’une trentaine de pages ; des œuvres à l’encre et au feu, mais également  des huiles, des acryliques, des gouaches, des fusains et, phénomène rare chez l’artiste, de la couleur ; le rouge, premier amour, filet de sang, plaies, mais aussi couleur des îles et des volcans  Une autre partie de la bibliothèque rouge  sera exposée auMusée de Bastia sous la forme d’un Cabinet de dessins et de lecture.
‐ « Les Pétrés », un néologisme renvoyant à matière noire pétrifiée, lourde et épaisse, dont ces œuvres sont édifiées,  se décline en formats variables qui rappellent  les hauts et les bas-reliefs. Cette nouvelle série a été créée de manière inattendue : le feu a guidé l’artiste vers la sculpture par le biais de la matière qu’il laissait échapper sur le sol et se transformait en pierre.  
Enfin, le Lac noir,  reflet des autres Lacs installés dans le même temps au Musée de Bastia,  produira son effet de miroir dédoublant les images, pour introduire une profondeur troublante et une nouvelle dimension à explorer.
‐ Trois sculptures animales en bronze seront les premiers visiteurs de cette galaxie...  
Dans cet univers désertique, l’homme semble absent, mais il n’est jamais très loin.....

 

Onze mille portraits de l'humanité
Dans cette autre partie de l’exposition, Jean‐Paul Marcheschi présente un très grand fragment de cette œuvre initiée en 1984 et qui doit occuper l’artiste pendant encore 7 ans.
Baptisée ainsi  en référence à la fois aux 11 000 martyrs de la Légende dorée, aux Milles et une nuits, de même qu’à Apollinaire, cette série voit ainsi chaque année s’ajouter de nouvelles figures, figures d’intimes ou d’anonymes, de personnalités admirés, portraits de proches, autoportraits. « Ce qui s’affirme ici à travers le visage, c’est qu’il est unique, qu’il  n’est personne, qu’il est cent mille. »




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