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Olivier Miniconi, président du GFCA : "On devait bien ça à notre public !"


Rédigé par José Fanchi le Vendredi 23 Mai 2014 à 17:31 | Modifié le Vendredi 23 Mai 2014 - 18:14


Décembre 2013. Noël approche, le moral des troupes est en berne. Le GFCA va mal, le retour en Ligue 2 ne se déroule pas comme prévu. Situation de crise oblige, c’est la grogne chez les spectateurs, les plus fidèles s’entend. L’équipe ne tourne pas, les mauvais résultats s’enchaînent, la descente aux enfers n’est pas loin. Les semaines passent. Rien ne semble vouloir arrêter la chute. Il faut provoquer un choc psychologique, arrêter l’hémorragie. Rien n’y fait. Trop tard. Terrain suspendu. Trop de défaites accumulées. Le GFCA prend l’ascenseur pour retrouver le championnat national. C’est dur


Thierry Laurey à gauche  et Olivier Miniconi : Mission accomplie
Thierry Laurey à gauche et Olivier Miniconi : Mission accomplie

« Non, non, non, le GFCA n’est pas mort, mais il vit encore, mais il vit encore… » chantent les derniers mohicans qui n’ont jamais renoncé, qui n’ont jamais quitté le stade Ange Casanova lequel s’était pourtant refait une beauté pour une saison qui s’annonçait sur les meilleurs auspices. On connaît la suite… 

La mort dans l’âme, le staff technique et les joueurs ont accusé le coup. Ils sont entrés dans l’intersaison tête basse, avec des regrets, beaucoup de regrets et ce sentiment d’inachevé qui prend aux tripes et qui fait ressurgir la passion, activée par la vieille garde, les purs, les soutiens inconditionnels qui ne renoncent jamais.


Renoncer ? ça jamais !

« Non, le CFCA n’est pas mort » fredonne-t-on encore dans le dernier carré des indéracinables qui veulent toujours y croire, s’accrocher et se remettre au travail.

Parmi ces quelques coriaces, des joueurs bien sûr, des supporters, les véritables, des dirigeants qui font partie des meubles et Olivier Miniconi, le président. Il reconnaît certaines faiblesses, des carences, des situations invraisemblables, mais il veut tenir bon, rebondir, redonner la foi au club et à ceux qui le supportent, qui ne veulent pas voir cette grande famille renoncer.

Malgré une ambiance pesante, difficilement supportable, il s’accroche et attend le meilleur moment pour annoncer que la lutte continue, que le GFCA ne veut et ne doit pas mourir, pour tous ces jeunes, ces fidèles, ces inconditionnels qui ont fait son succès depuis les années soixante à nos jours : « C’est fait, on repart de plus belle. La Nationale ? On va y aller. On va se battre, nous n’avons pas les moyens d’un grand club, mais notre situation financière est saine et nous avons surtout la foi qui soulève les montagnes et le moral qui va avec » crie haut et fort Olivier Miniconi.  

Sans oublier ce groupe volontaire et déterminé dont s’est emparé Thierry Laurey, arrivé au club entre temps et qui a failli réussir un joli coup après seulement quelques journées et un terrain suspendu…

Un signe qui ne trompe pas. Il n’en fallait pas plus pour requinquer une équipe, un groupe, une famille…

Eviter les erreurs pour mieux aller de l’avant

Olivier Miniconi est très clair : « On sortait d’une période très compliquée, comment ne pas être satisfait après une telle saison tout au long de laquelle nous y avons cru, nous avions la foi et un moral retrouvé. Nous étions revanchards, c’était le mot d’ordre, il nous fallait y aller avec nos tripes. Nous avions envie de prouver que nos montées successives n’étaient pas le fait du hasard mais bien au contraire s’inscrivaient dans la stratégie du développement du club avec comme socle, l’arrivée d’un nouvel entraineur qui a pleinement satisfait les dirigeants en quelques semaines. »

 

- L’ambition était devenue le maître mot au GFCA ?

« C’est exactement ça. Avec l’arrivée de Thierry Laurey, recruté en février, nous recherchions le profil d’un entraîneur qui était capable à court terme, quand bien même nous savions l’opération difficile, de maintenir le club en Ligue 2 et, à moyen terme, dans l’éventualité d’une descente, à nous aider à rebâtir une équipe ou à tout le moins repartir d’un bon pied et retrouver la Ligue 2. »

 

- Le moral est tout de même revenu au beau fixe malgré la descente ?

-  « Par la force des choses oui ! Nous avons pu repartir avec un peu d’avance et préparer un effectif de qualité avec notamment la recherche de nouveaux éléments confirmés comme Julien François par exemple et des jeunes en devenir. Tout s’est ensuite parfaitement enclenché, notamment le début de saison, ce qui nous a permis de créer une assise et bien prendre nos marques. »

 

- Sans jamais quitter des yeux le haut du tableau et la remontée ?

- « Bien entendu. Nous sommes toujours restés suspendus à la troisième place sauf durant une journée je crois, mais nous n’avons jamais quitté le podium 33 journées durant. »

 
- Il y a de quoi être satisfait ?

- « Je le pense très sincèrement. Le gars ont joué le jeu avec, il convient de le préciser, beaucoup de professionnalisme. Nous méritons amplement cette accession. »

 

- La communion avec le public n’a jamais fait défaut ?

 « La sérénité a guidé nos pas cette année. Pour preuve, le public n’a jamais abandonné le stade et cela nous a fait grand bien. Cela nous a d’ailleurs permis d’obtenir les résultats que l’on sait, aussi bien à domicile qu’à l’extérieur, cela a pu se vérifier tout au long de la saison. Les joueurs se savaient surveillés par les spectateurs et leur comportement s’est avéré parfait, notamment au niveau des sanctions, avec un seul carton rouge. »

 

- On a vu un GFCA plus concentré, plus maîtrisé dans son jeu, plus souvent à l’extérieur qu’à domicile d’ailleurs. Est-ce votre avis ?

« Je suis d’accord avec vous. C’est un peu normal dans la mesure où au fil des matches, le équipes connaissent de plus en plus notre jeu, nos joueurs, la manière dont est organisée l’équipe et de ce fait, viennent à Ajaccio avec le secret espoir de contrarier ce jeu avec un bloc défensif destiné à contrer notre système de jeu. »

 

- Aujourd’hui, l’accession est dans la poche. C’est d’avenir qu’il s’agit, de Ligue 2, de maintien  bien sûr, mais mieux encore, vous y pensez ?

- « L’accession au cours de l’avant-dernière saison nous a permis d’acquérir un peu d’expérience, de connaître le niveau, mais nous avons évolué en fonction de nos superstructures. Le club, je dois l’avouer, est ambitieux, nous ne comptons pas jouer le maintien au cours de la dernière journée car notre objectif est de jouer les trouble-fête, mieux si cela est possible, à savoir nous maintenir en bonne place. Cela pour mieux travailler par la suite. »

 
- La saison est terminée, les premières tractations vont commencer. Il faut renforcer l’effectif, mettre chacun à sa place, êtes-vous confiant ?

-« Nous allons commencer par renforcer le staff technique, le staff médical avec l’embauche d’un second kiné, le recrutement d’un préparateur physique. En ce qui concerne l’équipe, nous laissons le soin à Thierry Laurey de composer, de déterminer ce dont il a le plus besoin dans les différentes lignes. Nous tenons à recruter des gens d’expérience sans pour autant chercher des vieux chevaux de bataille sur le retour mais bien des personnes ayant la connaissance du niveau et possédant la maîtrise des rencontres, pour mieux la gérer. Cette année, la Ligue 2 sera plus homogène que les autres années dans la mesure où il n’y aura plus de « grosses écuries » dans la course à l’accession. »

 

- On retrouvera cette année un bon vieux derby ajaccien comme aux plus beaux jours ?

- « Nous sommes très content de jouer un derby, cela constituera une très belle fête pour la ville, pour le sport ajaccien, le tout dans la bonne entente et la bonne humeur. La rivalité sportive existe certes, mais la fierté d’avoir deux équipes en Ligue 2 est également un bel argument d’animation pour notre cité. »

 

- Le public semble satisfait ?

- « On lui devait bien ça ! »

 

Propos recueillis par J.F.





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