Corse Net Infos - Pure player corse

Municipales. François Filoni : " Nous avons du souffle pour redonner à Ajaccio le vent de l’espoir "


le Vendredi 6 Mars 2026 à 12:00

Candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars à Ajaccio, François Filoni conduit la liste « Gagner pour Ajaccio », soutenue par le Rassemblement national, Mossa Palatina et l’UDR. Le secrétaire régional du RN défend un projet qu’il présente comme celui du « redressement » de la ville, axé notamment sur la sécurité, la maîtrise des finances municipales et le soutien aux familles et aux commerces. Critique à l’égard de la gestion sortante, qu’il juge marquée par un « essoufflement » et une perte de maîtrise budgétaire et urbaine, il plaide pour une gouvernance « ferme » et dit vouloir incarner une alternance fondée sur « l’autorité municipale » et « l’amour de la cité ».



Vous avez présenté votre liste. Comment la qualifieriez-vous ?
Je la qualifierais d’équipe d’enracinement et de redressement. Elle n’est pas née dans un bureau ni dans un calcul d’appareil. Elle est née dans les quartiers, dans les familles, dans les entreprises, dans les associations. C’est une liste d’Ajacciens qui aiment profondément leur ville. Des profils expérimentés, des jeunes engagés, des compétences économiques, juridiques, sociales, et aussi des personnes nouvellement engagées. Certains ont d’ailleurs une expérience acquise sur le continent et à l’étranger, mais ce sont des Ajacciens qui aiment leur ville plus que leur carrière. Nous avons voulu unir la légitimité populaire et la solidité technique. Gouverner, ce n’est pas commenter : c’est décider.
 
Quel bilan tirez-vous de la mandature sortante ?
Je ne cède ni à l’invective ni à l’aveuglement, et je ne m’attarderai pas à commenter ce que nos concitoyens sont les premiers à vivre et à subir. Mais le constat est clair : essoufflement, situation financière préoccupante, urbanisme mal maîtrisé, abandon des quartiers populaires comme du centre-ville au profit, insécurité croissante. Une ville qui subit plus qu’elle ne choisit. Ajaccio mérite une gouvernance ferme, structurée, qui assume ses responsabilités et protège ses habitants. Je peux comprendre que, après quelques années, la municipalité sortante soit essoufflée. Nous, nous avons du souffle pour redonner à Ajaccio le vent de l’espoir !
 
Quelle est, selon vous, la principale problématique à laquelle Ajaccio est confrontée ?
La rupture du lien de confiance. Quand les Ajacciens déplorent que leur cadre de vie se dégrade, que le logement devient inaccessible, que la délinquance progresse, que la parole publique hésite, alors la confiance s’érode. Or, sans confiance, il n’y a ni prospérité ni paix sociale. Mais toute cela est dû à la perte de maîtrise : perte de maîtrise budgétaire, perte de maîtrise urbaine, perte de maîtrise sécuritaire. Quand une ville doute d’elle-même, elle se fragilise.
 
Comment comptez-vous y répondre ?
Par l’autorité municipale et par l’amour de la cité. Autorité sur les finances : audit, maîtrise des dépenses, priorités claires. Autorité sur l’espace public : police municipale renforcée, vidéoprotection ciblée, coordination permanente avec l’État. Autorité sur l’urbanisme : fin du désordre, priorité au cadre de vie des Ajacciens. Mais aussi amour de la cité : soutien aux familles, aux anciens, aux commerçants, aux jeunes qui veulent entreprendre.
 
Quel est votre projet pour cette nouvelle mandature ?
Réhabiliter les quartiers, sécuriser la ville, soutenir l’économie locale, préserver notre identité et investir pour la jeunesse. Nous ne promettons pas un téléporté vers la Lune, nous promettons de gérer cette ville comme elle aurait dû l’être, en toute simplicité, sans grandiloquence. C’est à l’image de notre campagne : une campagne de terrain, une campagne ajaccienne, sans grandiloquence.
 
Deux sujets dominent cette campagne : le logement et l’insécurité. Quelles solutions proposez-vous ?
Sur le logement : reconfiguration massive des HLM, interventions concernant les copropriétés en difficulté, stationnement enfoui pour libérer de l’espace, priorité d’attribution aux Ajacciens, et construire mieux, pas n’importe comment. Sur l’insécurité : tolérance zéro face aux trafics et aux violences, présence municipale visible, sanctions administratives, coopération étroite avec la justice. La tranquillité publique n’est pas négociable.
 
Quels seront les autres axes forts de votre programme ?
D’abord une grande politique familiale, avec un soutien massif à la petite enfance, un plan d’aide à la parentalité, des activités intergénérationnelles, et des équipements adaptés. Une ville qui protège la famille protège son avenir. Ensuite une politique économique commerçante ambitieuse avec la défense du commerce de proximité, une fiscalité maîtrisée, de la simplification administrative, une animation des quartiers et du stationnement repensé. Nos commerçants sont le cœur battant d’Ajaccio. Cela implique une politique des transports proactive : gratuité des bus, parkings gratuits, stationnement en surface gratuit pendant 4h30. Enfin, pour le sport et la culture, il faut apporter un soutien aux clubs amateurs et aux disciplines non médiatisées, travailler sur des infrastructures modernes - je pense au terrain Allegrini - et sauvegardées - comme le stade de l'ACA -, valoriser notre patrimoine - de Pascal Paoli à Napoléon Ier en passant par Napoléon III ou Tino Rossi - et accès à la culture pour tous. Je veux aussi créer un lieu mémoriel sur le cimetière des enfants du bagne de Saint-Antoine pour ces enfants martyrs. Une ville qui transmet est une ville qui dure.
 
Quelle sera votre priorité si vous êtes élu ? Quelles mesures urgentes faudrait-il prendre ?
Un audit financier immédiat, un plan sécurité opérationnelle, et une révision générale du PLU devant déboucher sur un PLU Intercommunal avec une grande consultation publique permettant une autre politique du logement. Il faut aussi rétablir l’ordre, restaurer la confiance.
 
Quelle est la vision de votre commune à 20 ou 30 ans ?
Une capitale méditerranéenne équilibrée, fière de son identité, attractive et sûre.
 
Pour revenir au scrutin, quel est, en terme électoral, votre challenge ? Quel est, pour vous, votre adversaire principal ?
Convaincre au-delà des clivages. Mon seul adversaire, c’est l’immobilisme. Je sais que certains petits esprits, avec le soutien conscient ou inconscient de journalistes, tentent de porter atteinte à la sincérité du scrutin. C’est la démonstration même que notre démarche est soutenue. Nos adversaires oublient que ce sont des anonymes qui votent.
 
Pensez-vous arriver en tête au soir du 1er tour ? Avec quel score ?
Nous sentons une dynamique. Notre objectif est d'être en tête au premier tour et d’approcher les 40% pour être en mesure d’offrir l’alternance aux nôtres. Le verdict appartient aux Ajacciennes et aux Ajacciens.
 
Quelle sera votre stratégie pour le 2nd tour ? Avez-vous déjà discuté ou envisagé d’éventuelles alliances ?
Rassembler sur un projet clair, sans compromission d’appareil. Nous sommes au premier tour. Le temps du second tour n’est pas encore venu. Il faut respecter les étapes démocratiques. Une chose est certaine, je serai le maire de tous les Ajacciens, quels qu’aient été leurs votes.
 
Ajaccio est-elle prête, selon vous, à une alternance politique ?
Oui. Et plus que prête : elle en a besoin. L’alternance n’est pas une revanche, ce n’est pas une querelle d’ego. A 68 ans, j’ai passé l’âge des emportements, j’ai acquis une sagesse. Notre ville a besoin d’une respiration démocratique. Quand une ville commence à douter, quand la dette inquiète, quand les quartiers sont oubliés, quand la sécurité devient une préoccupation quotidienne, alors le changement n’est plus une option : il devient une responsabilité. Ajaccio n’est pas fatiguée. Elle est retenue. Elle attend qu’on lui redonne un cap, une autorité, une ambition. L’alternance, ce n’est pas tourner une page par colère. C’est en écrire une nouvelle par espérance.
 
Quel est votre message aux Ajacciens ? Pourquoi devraient-ils voter pour vous ?
Parce que je ne leur parle pas comme à des électeurs enchaînés, mais comme à des frères et des sœurs d’une même famille, la famille ajaccienne. Je parle à des femmes et à des hommes libres. Je leur propose un cap clair : sécurité, maîtrise financière, priorité aux Ajacciens, défense des familles et des commerçants. Je leur propose de la fermeté : l’ordre dans les rues, l’ordre dans les comptes, l’ordre dans les décisions. Je leur propose de la cohérence : une vision à long terme, pas une gestion à vue. Mais surtout, je leur propose quelque chose de plus rare en politique : de l’amour. L’amour d’Ajaccio, de ses quartiers, de ses anciens, de ses enfants. Je veux aussi une politique forte en direction des animaux de compagnie, qui sont très souvent les derniers compagnons de beaucoup de personnes âgées.  Je ne veux pas seulement administrer cette ville. Je veux la servir et la faire grandir. Je veux aussi dire qu’à chaque fois que j’ai été en position d’exercer une responsabilité, je l’ai assumée totalement, et que je n’ai jamais cédé à la compromission, on me reproche surtout d’avoir quitté une équipe dont je m’apercevais qu’elle trahissait notre ville. Je n’ai jamais changé : j’ai toujours défendu les plus modestes, l’autorité de l’État, la dignité du travail, l’enracinement national et local. Ce sont les étiquettes qui ont changé parce que ces étiquettes avaient perdu de leurs couleurs, pas mes combats. Je préfère être libre plutôt qu’un poteau immobile planté dans l’erreur et dans un décor qui devient ruine. Je préfère partir quand je ne reconnais plus mes valeurs que rester par confort ou par calcul, je ne suis jamais resté pour percevoir des indemnités. La constance n’est pas l’obstination. La fidélité, ce n’est pas l’aveuglement. Ma seule ligne fixe, depuis le début, c’est Ajaccio. Et je n’ai jamais cessé de me battre pour elle.
 
Êtes-vous confiant ?
Je suis déterminé. La confiance, en politique, ne vient pas des sondages. Elle vient du terrain, des regards, des mains serrées, des discussions franches. Je sens une énergie. Je sens une attente. Je sens un peuple qui veut relever la tête. Et quand un peuple décide de se lever, rien ne peut l’arrêter. Oui, je suis confiant. Parce que je sais où je veux aller. Parce que j’ai l’équipe pour le faire. Et parce que je sais qu’Ajaccio mérite la victoire.