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Municipales - Candidat à Sisco, Alain Clemenceau veut « changer la façon de voir les choses et de gérer la commune »


Christophe Giudicelli le Jeudi 22 Janvier 2026 à 16:40

Conseiller municipal d’opposition depuis 2020, Alain Clemenceau annonce sa candidature à la mairie de Sisco pour les élections municipales de mars 2026. Professeur au lycée Fred-Scamaroni, il mènera une liste sans étiquette, « Unitu per Siscu », avec l’objectif affiché de changer la gouvernance de la commune.



Municipales - Candidat à Sisco, Alain Clemenceau veut « changer la façon de voir les choses et de gérer la commune »

Municipales 2026 : Alain Clemenceau candidat à Sisco (Credit: Alain Clemenceau))
Municipales 2026 : Alain Clemenceau candidat à Sisco (Credit: Alain Clemenceau))
- Vous avez décidez de vous lancer dans la course aux municipales à Sisco. En tant que conseiller municipal d’opposition, votre candidature était presque naturelle ?
- C’est la suite logique et le souhait de modifier la façon de gouverner à Sisco, d’essayer de sortir la commune du carcan dans lequel elle se trouve aujourd’hui. Il y a des projets en cours qui nous inquiètent au niveau des finances. Le maire a annoncé l’achat du couvent de Santa Catalina, ce qui est certes très bien pour le patrimoine de la Corse. Sauf que le couvent nous coûte 1,7 million d’euros et que sa réhabilitation est chiffrée à près de 7 millions d’euros. Il y a aussi de grands projets en cours, comme l’achat de terrains, la construction de commerces et de logements communaux pour 4 millions d’euros, et nous pensons que le budget n’est pas bouclé. Il y a également la réhabilitation de la station d’épuration pour 5,3 millions d’euros. Mis bout à bout, nous ne voulons pas qu’à la fin ce soient les Siscais qui paient la facture, avec une augmentation des impôts.


- Vous dénoncez un risque de dérapage financier pour la commune ?
- Nous pensons que le dérapage financier est déjà là. En 2024, on avait un endettement de 3 millions d’euros sur le fonctionnement, sans compter le budget de l’eau et de l’assainissement. Nous sommes inquiets pour les finances et pour les projets à venir. Comment va-t-on réhabiliter notre école et mener à bien les projets existants ? On parle de Santa Catalina, mais on a déjà le couvent Saint-Antoine, que la majorité actuelle avait acheté en 1996 et qui tombe aujourd’hui en ruine. Aujourd'hui on achète le couvent de Santa Catalina et la suite n’est pas réfléchie. On nous parle de projets comme y installer des agriculteurs, créer un théâtre de verdure, faire des chambres d’hôtes. On nous a aussi parlé d’un musée de la mer et de plusieurs autres choses, le tout sans études approfondies ni évaluation des frais de fonctionnement. Là encore, nous sommes inquiets pour les finances de la commune.

- Comment jugez-vous le bilan de la municipalité sortante ?
- On arrive à un système à bout de souffle. Il est devenu intenable et il faut changer la façon de voir les choses et de gérer la commune. Nous avons un système pyramidal, avec le maire à la tête. Nous voulons travailler autrement et donner une autre impulsion à la commune. Il faudra réaliser un audit financier pour voir ce qu’il est possible de faire. Mais, dans tous les cas, on ne peut plus continuer comme ça, avec ce mode de fonctionnement. Il y a des économies à faire sur la commune, mais elles ne sont pas faites. On agit au jour le jour, avec des dépenses incontrôlées. Il n’y a pas de priorités.


- Ange-Pierre Vivoni dirige la commune depuis 1989. Estimez-vous que cette longévité a pu entraîner une forme d’essoufflement dans l’exercice de la fonction ?
-Il est temps que la commune fonctionne différemment et évolue dans tous les domaines : le financier, mais aussi l’urbanisation, qui est aujourd’hui anarchique, avec des constructions qui ne respectent même pas le PLU que la majorité a elle-même mis en place en 2018. Il y a des promotions immobilières à des prix prohibitifs, avec des maisons à 1,5 million d’euros sur plan.

- Justement, quelles sont les grandes lignes du projet que vous portez ?
- Nous voulons recréer de la cohésion. On a l’impression que Sisco devient une commune dortoir à proximité de Bastia. Nous voulons redynamiser notre économie en aidant les agriculteurs, les entreprises et en mobilisant les associations. Nous voulons faire revivre les hameaux du haut de la commune, qui se meurent, en utilisant le système de saisie de biens sans maître pour réhabiliter des maisons et y installer de la jeunesse. Il y a aussi des choses urgentes à gérer, comme la station d’épuration, qui est complètement défaillante et qui déverse dans la rivière et dans la mer. Nous avons également des problèmes d’eau potable, malgré les travaux qui ont été réalisés il y a trois ans. Nous voulons également réhabiliter notre école, qui date de 1988. Et puis, parmi les projets phares, il y a la construction d’une salle multisports pour pouvoir accueillir les associations et créer de nouveaux clubs, la création d’un boulodrome couvert ou encore d’une aire de jeux pour les enfants. Il y a aussi des projets pour protéger la commune contre les incendies, rouvrir les sentiers et développer l’écotourisme.

- Vous avez aussi l’ambition de redonner à Sisco toute sa place dans le Cap Corse...
- Effectivement. Il ne faut pas oublier que Sisco est la deuxième commune la plus importante de la communauté de communes du Cap Corse. Aujourd’hui, les élus de Sisco n’y siègent même plus, ou y ont très peu siégé. Au sein de cette collectivité, nous voulons remettre Sisco au centre du Cap Corse et notamment avancer sur la question des déchets et de leur coût.