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Municipales Bastia : Retour gagnant pour Gilles Simeoni qui retrouve son fauteuil de maire !


Nicole Mari le Dimanche 22 Mars 2026 à 20:18

Le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, a été élu maire de Bastia avec 44,48% des suffrages. Un score serré et un écart de 400 voix face à l’alliance formée contre lui. Si le duo Morganti-Mondoloni a fait le plein des scores obtenus par chacune des deux listes au 1er tour et par les communistes, il n’obtient que 41,68% des voix. L’outsider, Nicolas Battini, n’a pas réussi à asseoir sa dynamique du 1er tour et n’a rassemblé que 13,84% des suffrages. Le taux de participation a connu une hausse de 5,5 % par rapport au 15 mars, passant de 63,26%, soit 14 669 votants, à 68,81%, soit 15 877 votants.



Gilles Simeoni acclamé par ses colistiers et ses soutiens lors de son élection à la mairie de Bastia. Photo Gérard Baldocchi.
Gilles Simeoni acclamé par ses colistiers et ses soutiens lors de son élection à la mairie de Bastia. Photo Gérard Baldocchi.
(Photos Gérard Baldocchi)

Pari gagné pour Gilles Simeoni à Bastia. Le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, a été élu, dimanche soir, avec 44,48% des suffrages, soit une avance de presque 3 % sur ses adversaires. Il retrouve donc son fauteuil de maire de Bastia, un retour gagnant là où tout a commencé en 2014. Une satisfaction pour celui que l’opposition municipale et même territoriale coalisée avait désigné comme l’homme à abattre. Et si l'écart est étroit, il le juge significatif : « Ce n’est pas l’écart, c’est la victoire qui est importante. Une victoire électorale claire et limpide, une victoire politique aussi. Pas besoin de rappeler le contexte, l’enjeu pour Bastia, le fait que nous avons eu face à nous une coalition extrêmement hétéroclite qui allait de gens très à droite, en passant par certains nationalistes, jusqu’à l’ancien monde, et qui n’avait comme seul dénominateur commun que de vouloir défaire tout ce qui a été fait depuis 2014 à Bastia et depuis 2015 par les Nationalistes au niveau de la Corse. Nous avons répondu avec nos armes. La dynamique, que nous avons créée au 1er tour, s’est confirmée au 2ème tour Ce soir, c’est une victoire à la fois pour le nationalisme et pour les forces de progrès, une victoire pour Bastia et pour la Corse parce que cette élection a une signification profonde », réagit à chaud le nouveau maire de Bastia, soulagé et heureux. Ses adversaires, notamment de droite, mais aussi ses anciens alliés du PNC, escomptaient fortement sur la prise de Bastia pour sonner le glas de dix ans de domination politique et fourbir leurs armes pour reprendre en 2028 la région. Malgré un large front commun qui englobait la droite, la gauche, les macronistes, les zuccarellistes, les communistes et même les autonomistes du PNC, la stratégie anti-simeoniste essuie un nouvel échec. La victoire de Bastia, avec l’appui de Core in Fronte, aussi serrée soit-elle, raffermit le socle de la majorité territoriale, mais aussi la dynamique nationaliste que la désunion interne avait fragilisée. Elle sacre tout à la fois l’union électorale Femu a Corsica – Core in Fronte, et la rupture définitive avec le PNC qui, à Bastia, comme à Aiacciu ou à Sartène, s’exclut de fait et de lui-même du bloc historique nationaliste.
 
Une victoire significative
Avec un taux de participation en hausse de 5,5% par rapport au 1er tour et flirtant avec les 68,81%, soit 15 877 votants, 1208 électeurs de plus se sont rendus aux urnes. Même si la mobilisation reste loin des 80 % de 2014, elle a profité notamment à la liste de Gilles Simeoni qui engrange 6825 voix, soit 1793 voix de plus qu’au 1er tour où il était sorti en tête avec 35,33 % des suffrages et 5032 voix. Malgré une avance de 10 % sur le second dimanche dernier, soit 1793 voix, l’inquiétude était patente du côté de « Bastia Inseme » où l’on savait depuis l’annonce de la fusion des adversaires que l’élection serait serrée. Elle s’est jouée à 431 voix. Si le score était attendu et s’est révélé conforme aux derniers pointages réalisés la veille, le soulagement est énorme et la joie a explosé à la hauteur de la pression subie. La majorité municipale semble aussi avoir bénéficié du report de la liste gauche-écologiste de Sacha Bastelica, qui n’avait pas donné de consignes de vote, mais avait appelé « à voter contre l’Extrême-droite et ceux qui discutent avec elle », pointant du doigt, sans le dire, le duo d’opposition. Par contre, si au premier tour, Gilles Simeoni est sorti en tête dans la totalité des bureaux de vote de la ville avec des scores dépassant parfois 50%, il a été, cette fois-ci, distancé par Julien Morganti dans plusieurs bureaux des Quartiers Sud. « Le test était difficile. Nous étions tout seul avec Core in Fronte, nous avions un bloc ligué contre nous. Il était difficile dans ce cas de faire mieux. Je considère que cette victoire est une très grosse victoire parce qu’elle est acquise dans des conditions très défavorables », commente Michel Castellani, le député de la 1ère circonscription de la Haute-Corse. Un sentiment partagé par les militants qui mettent en avant également le départ en campagne très tardif du président de l’Exécutif : « Après juste un mois de campagne, face à des gens qui arpentent la ville depuis deux ans, c’était un vrai pari, on ne va pas bouder notre victoire ! ».
 
La force d’une union
Ils s’y voyaient déjà, mais « Uniti per Dumane », l’union Julien Morganti -Jean Martin Mondoloni n’a pas réussi l’exploit de renverser ce qu’ils appellent « le clan simeoniste ». Si le front commun a fonctionné et fédéré l’ensemble des voix de l’opposition, il n’a pas été suffisant pour enlever la citadelle bastiaise. Les deux listes, dont les voix agrégées du 1er tour, totalisaient 36,64 % de suffrages, soit 5219 voix, n’ont finalement récolté que 41,68%, soit 6394 voix. Si l’union a également bénéficié de la hausse de la participation, la remontée de 1175 voix n’a pas permis de contrer celle de la liste Bastia Inseme. C’est néanmoins un très bon score, mais aussi le fruit d’un travail politique constant effectué depuis 2020 par Julien Morganti qui occupe le terrain bastiais, élection après élection. La liste Uniti est arrivée en tête dans nombre de bureaux des Quartiers Sud et à Toga. « L’union a fonctionné dans ce second tour. On constate que le gagnant n’est pas majoritaire. Il est le maire de l’hypercentre. C’est un signe très positif pour la suite. L’opposition est enfin unie, et, dès demain, la population pourra compter sur nous. Je serais très présent, je n’abandonnerai pas les Bastiais, le combat continue dans les quartiers car on sait qu’on aura un maire qui n’occupera pas la fonction et qui, dans deux ans, sera candidat aux élections territoriales », réagit Julien Morganti, qui reste combatif et prend date auprès des électeurs.
 
Une entrée inédite
Le leader de Mossa Palatina, Nicolas Battini, allié au RN, avait été la seule vraie surprise du 1er tour en décrochant la troisième place et 16,65 % des suffrages, soit 2372 voix. Il n’a pas confirmé sa dynamique. Il n’a recueilli que 13,84% des suffrages, soit 2123 voix, soit une perte de 249 voix par rapport au 15 mars. Néanmoins, même si cette élection est loin des espoirs suscités par le score du Rassemblement national aux dernières législatives, elle satisfait le candidat d’Extrême-droite qui fait, comme son collègue ajaccien, son entrée dans un Conseil municipal avec 3 élus et à la CAB avec un élu. Une entrée inédite ! « Je suis parfaitement satisfait. Notre appel à refuser, à la fois, la pulenda électorale et le couscous communautaire, a été entendu. Nous ne subissons qu’une très légère déperdition d’un point de vue électoral, certainement du à un petit vote utile qui s’est exprimé dans notre écosystème politique, mais nous avons maintenu un socle très solide. C’est pour nous une grande victoire qui va nous permettre d’établir des perspectives d’un point de vue de la structuration et de la conduite de notre action politique à Bastia et dans le reste de la Corse. Nous souhaitons bien du courage à la prochaine majorité parce qu’elle va devoir supporter Battini et ses amis durant sept ans dans les débats concernant la vie politique bastiaise », se félicite celui qui, en une élection, est devenu le leader de l’Extrême-droite bastiaise et a trouvé une tribune où il aura loisir de défendre ses idées.
 
Statu-quo à la CAB
La liste de Gilles Simeoni est assurée de 31 élus sur 43 conseillers municipaux, soit 2 élus de moins que dans la mandature précédente, et 15 à la CAB. La liste de Julien Morganti récolte 9 élus municipaux et 4 à la CAB. La question de la présidence de la Communauté d’agglomération de Bastia (CAB) était déjà réglée avant le 2nd tour. Dans un communiqué publié dès le lendemain du 1er tour, les maires réélus de la périphérie bastiaise, Furiani, Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Lota et Santa-Maria-di-Lota ont pris les devants et annoncé qu’ils reconduiraient le pacte de gouvernance en place depuis 2020 sous la présidence de Louis Pozzo di Borgo, Premier adjoint du maire de Furiani et conseiller territorial Femu a Corsica. Satisfaits du contrat de gouvernance mis en œuvre pendant cette mandature « respectueux de la sensibilité politique de chacun » et « ayant permis à la CAB et à ses communes membres d’agir de façon concertée, apaisée et efficace », ils ont d’avance averti que, « quel que soit le résultat des élections municipales de Bastia, le pacte de gouvernance mis en œuvre pendant la période 2020-2026 sera reconduit durant la prochaine mandature, entre les membres de l’actuelle majorité communautaire, notamment en ce qui concerne l'attribution de la présidence et des vice-présidences ». Les maires des communes périphériques, échaudés par les gouvernances antérieures, ont opté pour la stabilité. Le pari, que d’aucuns jugeaient hasardeux, de Gilles Simeoni, s’avère, dans cette élection, un pari gagnant sur tous les plans.
 
N.M.