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Manifestations des infirmiers à Ajaccio : « Nous sommes les grands oubliés du plan santé ! »


Rédigé par José Fanchi le Mardi 20 Novembre 2018 à 16:42 | Modifié le Mardi 20 Novembre 2018 - 18:08


Les infirmiers libéraux étaient appelés à manifester ce mardi 20 novembre partout en France. Ils déplorent d'être "les grands oubliés" du Plan Santé d'Emmanuel Macron.
A Ajaccio, comme à Bastia, plusieurs dizaines de professionnels se sont donnés rendez-vous devant les locaux de la Préfecture pour manifester la colère de toute la profession.


Photo Michel Luccioni
Photo Michel Luccioni
Face aux grands défis du vieillissement de la population et de l'explosion des maladies chroniques auxquels est confronté le système de santé, les infirmières et infirmiers, toutes modalités d'exercice confondues, attendaient de la stratégie de transformation du système de santé des mesures structurelles susceptibles d’y répondre. La présentation du Plan Santé 2022 par le Président de la république, le 18 septembre dernier, a balayé tous leurs espoirs. En effet, la vision médico-centrée de ce plan ne donne aucun moyen aux infirmiers pourtant en première ligne pour relever ces défis.

La corde prête à rompre…
Face à ce mépris, considéré comme une incohérence pour le patient et le système de santé, treize organisations représentatives de la profession ont appelé à la mobilisation générale. Unis derrière des revendications communes, les infirmiers rappelleront énergiquement  aux décideurs qu'il n'y aura pas de transformation du système de santé sans reconnaissance et valorisation équitable des acteurs de première ligne. Hier en début d’après-midi, ils étaient tous rassemblés devant la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de la Corse du Sud avant de prendre la direction de la préfecture de région avec l’espoir d’être reçus.

 

François Pittiloni, infirmier libéral, président du Syndicat des Infirmières et infirmiers libérales de Corse du Sud
François Pittiloni, infirmier libéral, président du Syndicat des Infirmières et infirmiers libérales de Corse du Sud
« L’évolution pour notre gouvernement semble se résumer à « faites plus avec moins et si vous n’y arrivez pas c’est que vous ne savez pas vous organiser » explique François Pittiloni, infirmier libéral, président du Syndicat des Infirmières et infirmiers libérales de Corse du Sud, et de poursuivre :
« Alors que les professionnels de santé réclament désespérément de pouvoir retrouver un sens à leur travail, on leur répond « réorganisation », mot magique qui selon nos tutelles serait la solution à la majorité des problématiques rencontrées. Mais dans les établissements, à force de revoir les organisations de travail pour pallier aux absences, aux postes vacants, la corde est prête à rompre ...La raréfaction de la ressource médicale à l'hôpital et la désertification médicale en ville auraient dû conduire le gouvernement à privilégier une meilleure reconnaissance des compétences des 660 000 infirmiers. En réactualisant  le décret d'actes et d'exercice de 2002. Que dire devant les réticences du ministère de la santé à réaliser la réingénierie du diplôme des infirmiers de bloc opératoire diplômés d'état et des infirmiers puériculteurs diplômés d'état qui traîne depuis 2009. Reconnue par l’attribution d’un grade master, l’expertise avancée des infirmiers anesthésistes n’a toujours pas abouti à l’attribution d’une reconnaissance et d'un exercice professionnel à la hauteur de leurs compétences, notamment dans le cadre du virage ambulatoire, du pré- hospitalier et de la prise en charge de la douleur. »


Et la reconnaissance, le salaire ?
Le porte-parole de la manifestation estime que la profession doit être présente dans les instances au sein de la santé et avoir, dans le libéral, une meilleure reconnaissance des soins :
« Nous réclamons une meilleure position par rapport aux évolutions de la santé, nous aimerions qu’il y ait partout des infirmiers au ministère de la Santé comme conseillers, dans les instances nationales pour le cancer, et nous voudrions également une reconnaissance financière puisque notre profession n’a pas été augmentée depuis très longtemps. Il y a dans notre professions des infirmières qui gagnent 1580 euros par mois en début de carrière, avec une licence, c’est pourtant le même tarif qu’il y a 25 ans, avec peut-être 80 euros de plus. Nous sommes passés dans le système licence-master, elles ont une licence après trois ans et demi d’études et sont censées être cadre A à l’hôpital. Il n’en est rien ! ».

Les infirmières et les infirmiers se sentent  méprisés» et « oubliés » par le gouvernement, cela les incitent à se rebiffer. Qu’ils exercent en libéral ou qu’ils soient salariés, les 660 000 membres de cette profession ne pouvaient répondre que favorablement à la demande de leurs organisations syndicales afin de médiatiser leur « malaise » et faire entendre leurs revendications.

Les infirmières et les infirmiers corses souhaitent également être reçus par la Collectivité de Corse au cours des prochains jours.

J.F.




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