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Le domaine de Murtoli ne pourra pas occuper « la crique des célébrités » et la plage d’Erbaju


le Jeudi 9 Avril 2026 à 14:54

Par le biais de deux arrêtés, la préfecture de Corse-du-Sud a refusé les autorisations d’occupation temporaire de deux plages naturelles habituellement exploitées par le prestigieux domaine hôtelier



Le domaine de Murtoli ne pourra pas occuper « la crique des célébrités » et la plage d’Erbaju
C’est une décision qui va perturber l’organisation estivale du luxueux domaine de Murtoli. La préfecture de Corse-du-Sud vient en effet pour la première de refuser les autorisations d’occupation temporaire (AOT) de deux plages naturelles habituellement exploités. Un « petit miracle » selon l’association U Levante qui indique : « Depuis de très nombreuses années, l’État accorde deux AOT illégales à Paul Canarelli du domaine de Murtoli pour occuper par nombre de matelas, parasols et corps-morts : la « crique des célébrités », plage réservée aux locataires des grandes demeures du domaine de Murtoli ; la plage d’Erbaju face au restaurant « La Table de la Plage », illégal mais en fonction depuis 2007 au sein d’un espace bénéficiant de plusieurs protections : arrêté de biotope dans lequel toute activité commerciale est interdire, Natura 2000, espace boisé classé, bande des 100 mètres …. ».
 
Or, l’association rappelle que les dispositions du Padduc prévoient qu’il n’est pas possible d’occuper le domaine public maritime des plages naturelles à des fins commerciales pour la location de parasols, matelas, ou l’implantation de corps-morts. « L’illégalité de ces AOT, similaires tous les ans, signées du sous-préfet de Sartène et préparées par la Direction de la Mer et du Littoral de Corse (DMLC) a été tous les ans signalée à l’État par U Levante », ajoute-t-elle en précisant : « L’illégalité perdurant, de guerre lasse, U Levante a déféré les deux arrêtés de 2024 au tribunal administratif et attend le jugement. C’est sans doute cette action en justice qui est à l’origine de la volte-face de l’État ». 
 
Dans deux arrêtés préfectoraux « portant refus d’occupation du domaine public maritime », la DMLC convient en effet que la plage de Murtoli et la plage d’Erbaju sur la commune de Sartène sont identifiées dans le Padduc comme étant « des plages à vocation naturelle » et que « dans un espace ainsi qualifié, les prescriptions du Padduc font obstacle à l’implantation de matelas, parasols et de corps-morts ». Elle souligne en outre que ces plages sont incluses « dans un ensemble qui présente des caractéristiques paysagères de très bonne qualité, une richesse écologique et biologique exceptionnelle ainsi qu’un très fort intérêt géologique, permettant de le qualifier d’espace remarquable et caractéristique du littoral ». De facto, les services de l’État concluent que « la « SAS Murtoli », représentée par Madame Canarelli Santa, n’est pas autorisée à occuper le domaine public maritime ». 
 
U Levante reste tout de même prudente quant aux suites de ces arrêtés. « Encore faudra-t-il que la DMLC fasse respecter les interdictions… C’est-à-dire dresse des PV dissuasifs, empêche les manifestations sur toutes les plages du domaine, annule son arrêté autorisant la pose d’une barrière flottante empêchant l’accès par la mer à la crique », glisse l’association. Et de conclure : « Mais refuser les AOT est un très bon début ».