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La vie ou la pluie : Reflet d'une Corse silencieuse


Rédigé par GL le Lundi 11 Mars 2019 à 12:06

La vie ou la pluie, c’est d’abord l’histoire de sa réalisatrice, Lavinie Boffy. Ou plutôt l’histoire, les histoires de ces femmes qui l’ont entourée et qu’elle a observées, écoutées, avec attention et fascination lorsqu’elle était enfant.




La vie ou la pluie : Reflet d'une Corse silencieuse
Le premier long-métrage de Lavinie Boffy, est un film choral, au cœur de la Corse, qui dépeint les vies de ces femmes d’une même famille au gré des années, au gré des décennies. Des vies ponctuées de larmes, que la réalisatrice veut faire connaître à toutes et à tous. Pour qu’enfin hommage soit rendu à toutes les femmes, au-delà de celles de sa lignée. Toutes ces femmes qui, muselées par la honte, souffrent, et s’effacent.
Raconter leurs destins, c’est briser le silence. Dénoncer les violences, les hontes sociales, qui se répercutent de génération en génération. Autant de femmes qui, au fil de ces générations, portent en elles le poids de celles qui les précèdent.
 
La vie ou la pluie parle à tout le monde, c’est sa grande force. Lavinie Boffy réussit le pari de partir de soi pour interpeller l’autre et de donner au particulier une couleur universelle.
Elle confie : « Le but n’était pas de parler de moi ou de ma famille mais plutôt faire en effet miroir ». Une histoire personnelle donc, qui fera écho dans le regard et l’histoire du spectateur.
 
Alors bien sûr, cela se passe en Corse et le film évoque la condition des femmes sur l’île mais sans enfermer le propos ou sombrer dans les généralités.
Lavinie Boffy : « Je n’ai pas la prétention de dire que mon film parle de toutes les femmes en Corse. Plutôt de certaines tendances assez répandues, telles que la honte, mais aussi le jugement permanent. Comme si l’on était sur un terreau qui justifie la maltraitance. Il y a une violence des mots, des actes... Tout est soumis au jugement populaire. »
 
Cette dimension Pierre Gambini, producteur du film, l’a tout de suite sentie à la lecture du scénario : « C’était un projet dense et ambitieux, mais j’étais tellement impressionné par l’écriture, ce style narratif très intelligent, ces sauts dans le temps et l’émotion ressentie à la lecture… que je me suis dit que je ne pouvais pas laisser ce projet ! Ça n’a pas été simple : un film produit et tourné en corse pour un long, c’est une première. Mais Lavinie savait comment mener son film. »
 
C’est en effet ce que l’on perçoit lorsqu’on traverse La vie ou la pluie : la réalisatrice avait une idée assez précise de la manière de mener son film. Habituée à un certain format de documentaire, toujours réalisé avec une part de fiction, Lavinie Boffy construit ici une oeuvre à la croisée des deux genres. Un style qui lui « correspond », selon elle.
 
Ecrit comme un roman, le film fait des bonds dans le temps, des allers-retours que la voix off, celle de Lavinie, contextualise toujours. Personnage à part entière, la voix accompagne le film, informe le spectateur. Une narration des faits à la fois objective et pourtant éminemment subjective, de part sa forme. La jeune cinéaste explique : « cette voix, c’est une prise de parole personnelle. C’est retranscrire ce qu’ont vécu les autres à travers ma parole. »
 
La voix donne une musicalité au film, qui vient se mêler à la musique elle-même. Composée par Pierre Gambini, elle accompagne les images, les instants. Le thème musical apparaît comme des gouttes d’eau de pluie, qui ponctuent les temps forts de la vie et s’impose comme une évidence.
 
Pourtant, selon Pierre, « ça n’a pas été simple étant donné que j’étais producteur du film, donc impliqué dans le projet. Il a fallu beaucoup travailler, retravailler pour trouver le thème principal. Nous ne voulions pas de piano de peur que ça fasse trop romantique. Mais quand les pianos sont tombés sur la timeline, on ne pouvait plus les enlever ! »
 
Une proposition artistique ambitieuse qui traverse l’île à travers ses écrans. Le pari n’était pas gagné d’avance !
 

La vie ou la pluie sera projeté en avant-première le mardi 12 mars prochain à 19h30 à Bastia, en partenariat avec le festival Arte Mare et le cinéma Le Régent, puis le 15 mars au Cinéma L’Ellipse à Ajaccio et le 6 avril à Cargèse. Co-produit par France 3 Corse Via Stella, le film sera également diffusé le 16 mars sur la chaîne. 



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