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« L’odeur du Gaz » : Regard intemporel sur les supporters du GFCA


Rédigé par Vincent Marcelli le Dimanche 6 Mai 2018 à 19:23 | Modifié le Lundi 7 Mai 2018 - 00:29


Une salle abondamment garnie, des dirigeants mêlés aux supporters de tous âges et toutes générations confondues, l’avant-première du film de Jean-Louis Tognetti « L’odeur du Gaz* » ce samedi au cinéma l’Ellipse, à Ajaccio, diffusé dans le cadre des manifestations du 5 Mai 2018, a tenu toutes ses promesses. Une heure et quart d’un film qui relate la saison 2015-2016 du GFCA en Ligue 1 vu sous l’angle des supporters. A voir…


Ils sont venus et sont-presque-tous là. En tout cas les principaux dirigeants. Olivier Miniconi, président du GFCA et Christophe Ettori, directeur sportif. A leurs côtés, d’autre dirigeants du club tels que Paul Massimi ou Marius Mariotti pour ne citer qu’eux.
Côté supporters, toutes les générations sont là. Ange-François Marcheschi, emblématique « rouge et bleu » depuis un demi-siècle mais aussi des plus anciens et des plus jeunes. Tous n’ont d’yeux que pour ce film dont ils ont entendu parler.
« L’odeur du Gaz » ou la fabuleuse aventure du GFCA en Ligue 1 avec, en toile de fond, le football populaire mêlé au pouvoir de l’argent.  David, où l’amour du maillot, le bénévolat, l’esprit familial, face à Goliath et ses multinationales habilement maquillées en club de football.

Des larmes de Fanfa Tagliaglioli au soir de l’accession en L1 au tournoi des companeros et un esprit convivial et chaleureux qui fait la particularité de ce club, Jean-Louis Tognetti a filmé cette saison, vue des tribunes. Un fil rouge dont on ressent l’émotion à travers quelques temps forts : GFCA-Nice et la première victoire du Gaz après 10 matchs de disette, GFCA-Lyon, qui bouclait la mi saison après 11 matchs sans défaite. GFCA-Reims et le doute, GFCA-Caen, l’espoir, avant de finir sur des matchs qui sonneront le glas du Gaz au sein de l’élite. Pour une poignée de points. GFCA-OM, GFCA-Saint-Etienne, GFCA-Lille et GFCA-PSG.
A voir…


Ils ont dit :
Olivier Miniconi (président du GFCA) : « Un très beau film qui nous a remémoré cette belle aventure en L1. De bons moments même si l’issue de cette saison fut moins favorable. On a vu des gens heureux, de beaux matchs. Et au travers des images, le sentiment sincère du public. J’espère que l’on fera, un jour prochain, l’épisode 2… »


Christophe Ettori (directeur sportif) : « on retrouve dans ce film, l’esprit du Gazelec. C’est une belle réalisation à travers tous ces montages. On n’oublie pas cette saison-là avec les bons et les mauvais moments. Tout se retrouve dans ce film. Cette saison donne envie d’y retourner et nous inspire. Quand on veut imprégner les nouveaux joueurs de ce que représente le club, on a avec ce film, un très bon support. Un film intemporel. On est contraint de se plier aux exigences de la Ligue et malgré cela, nous les petits clubs, ne devons pas perdre notre âme. Ce football devient compliqué à développer en Europe et en France. On y arrive encore dans certains pays d’Amérique Latine. A notre modeste niveau, je ne pense pas que l’on pourra beaucoup influer dans le sens d’un changement… »
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*Fiche technique 
Réalisateur : Jean-Louis Tognetti 
Produit par : Allindì SAS, Stella productions  
Avec le concours du GFCA 
Avec le soutien de la Collectivité de Corse 
En partenariat avec le CNC 
Durée du film : 64 minutes 

Jean-Louis Tognetti : « J’ai voulu aller là où les gens n’ont pas l’habitude de voir »

C’est avec une émotion bien palpable, différente de celle qu’il a filmée dans « L’odeur du Gaz », que Jean-Louis Tognetti, réalisateur du film, a présenté le fruit de son travail au public, ce samedi en avant-première à l’Ellipse. Et au sortir d’un documentaire qui aura ravi l’assistance, il a analysé, pour CNI, cette période passée derrière la caméra.


- Comment ce projet est-il né ?
- Il est né d’une envie personnelle très lointaine. Depuis tout jeune, je me rends régulièrement à Mezzavia et même à Timizzolu. J’ai toujours envie, depuis quelques années, d’emmener ma caméra dans les tribunes. Pendant qu’un match de football se déroule, une autre vie a lieu en même temps et l’on n’en a jamais conscience. Quand j’ai vu, en Ligue 2, que le GFCA occupait les premières places et qu’il avait une belle chance d’accéder au sein de l’élite, j’ai voulu filmer cette saison historique. Voir ce club avec son identité particulière se retrouver au milieu de cette grosse industrie que représente le football moderne, cela valait le coup de filmer. On a très vite, avec le club, décidé de mettre le projet en place et de suivre ces gens, de filmer leurs réactions, leurs émotions.


- Quel est l’objectif poursuivi ?
- On a pris le parti de ne pas filmer le terrain. Pour faire un film que l’on puisse voir dans 10 ou 20 ans…Sans se raccrocher à une action. Une réaction ou une émotion sont plus intemporelles. On a voulu aller là où les gens n’ont pas l’habitude de voir. Il y a donc une chronique, un fil rouge et en même une question sans apporter, pour autant, de réponse claire : ce football populaire qui date d’avant l’arrêt Bosman peut-il encore exister dans un football-business qui se tourne de plus en plus vers l’argent ce qui est prépondérant sur les classements, les équipes…Au final, les petits clubs sont menacés. On évoque, bien sûr, le GFCA mais il y a eu d’autres exemples tels que Luzenac. La barre est placée trop haute face au pouvoir de l’argent. Tel est le vrai débat que doit susciter le film.

- Combien de temps avez-vous travaillé sur le film ?
- On a tout d’abord filmé tous les matchs à domicile de cette saison en Ligue 1. On a eu 70 heures d’images ce qui a nécessité, ensuite, un travail colossal pour trier. Le montage a pris plusieurs mois mais nous sommes très heureux du résultat.

- Vous avez filmé plusieurs générations de supporters, hommes, femmes, enfants, ados. Un choix également délibéré ?
- On ne voulait pas faire un film uniquement sur les supporters qui chantent. Montrer plutôt le côté organique des tribunes pour en faire un portrait social du stade. Et à travers cela, d’Ajaccio et de la Corse. Un lieu où l’on va au stade en famille, où tout le monde encourage, macagna…

- Quel avenir pour ce film ?
- Nous allons le proposer dans tous les festivals de Corse à Ajaccio, Bastia. Nous allons faire également d’autres versions pour le diffuser en Sardaigne. Nous avons des contacts en Bretagne. Nous allons essayer de le faire vivre au maximum…




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