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"L’Oubli" : Un sujet de conférence qui interpelle et questionne, rencontre avec Toussaint Corticchiato


Rédigé par Florence Vandendriessche-Molinet le Samedi 28 Novembre 2015 à 18:14 | Modifié le Jeudi 2 Novembre 2017 - 08:02


Le Locu Teatrale ouvre ses portes le jeudi 3 décembre à 20h30, à la conférence donnée par l’analyste transgénérationnel, Toussaint Corticchiato. Le sujet qu’il nous présentera, sera « L’Oubli : La mémoire est toujours valorisée, tandis que l’oubli reste dans l’ombre. Perçu comme le négatif de la mémoire, l’oubli possède pourtant ses propres mécanismes naturels ou pathologiques ». Voici un sujet passionnant qui nous ramène à notre propre mémoire.


"L’Oubli" : Un sujet de conférence qui interpelle et questionne, rencontre avec Toussaint Corticchiato
L’Analyste expliquera, durant cette soirée, et d’une manière simple, ce processus naturel qu’est l’oubli. En sculptant la mémoire, il permet au psychisme de se développer sainement, mais peut aussi devenir pathologique lorsqu’il se transforme en mécanisme de défense (déni, clivage). Il s’agira également de parler de la mémoire ou plus exactement de nos mémoires, de leurs développements et de leurs fonctionnements.
 
 

Rencontre avec Toussaint Corticchiato

« Je ferai ça toute ma vie ! J’ai la chance d’avoir rencontré un métier qui me passionne. Chaque jour de travail est un jour important. Pour moi, être en relation profonde avec un être humain est une chose fondamentale. Ici, cette pièce où nous nous trouvons, est un lieu d’enfantement et de création.»
 
Bonjour Toussaint, on se connaît, j’ai souvent participé à tes conférences et dernièrement, à un café psy. Une première question : peux-tu m’expliquer ce que sont un café psy et une conférence, est-ce la même démarche ?
Bonjour Florence, ce n’est effectivement pas la même démarche. La conférence est une autre manière que le café psy, de transmettre. Plus élaborée, parfois plus technique, plus approfondie, elle se termine par des questions-réponses. Le café psy, lui, est une mise en commun de nos savoirs issus de nos expériences de vie. L’idée est de montrer que la psychanalyse n’est pas un savoir élitiste et que chacun de nous en a une connaissance intime, personnelle et quotidienne. C’est ce savoir là que nous partageons dans un échange respectueux de nos différences.
Dans les deux cas, il existe une volonté de transmettre une compréhension des mécanismes psychiques. De simplifier le discours, tout en gardant la complexité des processus et de rapprocher ces connaissances nos expériences de vie.
 
Qu’est-ce qui t’a amené à t’intéresser à la psychanalyse ? Parle-moi de ton parcours.
J’ai commencé par faire moi-même une psychothérapie. Tout est passé par ma chair avant de passer par l’intellect. C’est parce j’ai vécu des conditions de vie familiale particulières que j’ai eu ce besoin de faire un travail sur moi, en profondeur. J’ai eu la chance de le faire avec Didier Dumas, un psychanalyste freudien, un ami de Dolto et un des pères fondateurs de l’analyse transgénérationnelle. C’était un homme qui avait une culture et une connaissance psychanalytique rares. Et Didier Dumas a été très important non seulement parce qu’il fut mon psy mais pour toutes les portes qu’il a pu ouvrir au sein de son association le « jardin d’idées ». Le transgénérationnel m’a véritablement passionné, j’enchainais ensuite sur un cursus de formation à l’école Généapsy à Paris. Cinq années de formation pour obtenir le titre d’analyste transgénérationnel. Ce fut donc une découverte tardive puisque j’ai commencé à exercer en 2004. La volonté de recevoir des clients, d’abord en petits groupes, puis ensuite en séances individuelles, en 2007. Je continue d’animer des groupes régulièrement dans ce que je nomme «les ateliers ».
 
Tous les thérapeutes passent par une thérapie ?
Je pense que tous les thérapeutes et d’autant plus les psychothérapeutes ont choisi ces métiers parce qu’ils souhaitaient réparer quelque chose en eux. Alors il vaut mieux avoir fait ce travail sur soi avant de tenter de soigner les autres.
Quand on se dirige vers la psychanalyse, on passe forcément par une psychothérapie, et c’est cela qui fonde en fait ce qui va être ensuite la matière analytique. Dans mon cas, j’ai décidé d’entamer un travail sur moi avant même de savoir que le domaine transgénérationnel deviendrait un projet de vie personnel et professionnel.
 
Est-ce que ton expérience de vie est importante dans ton travail et pourquoi ?
Oui elle l’est. Je ramène tout à l’expérience de vie. D’abord, avant d’être un intérêt intellectuel c’est une expérience de vie. Il faut dire que je suis né dans une famille à secret. Il m’a bien fallu mettre en place des ressources psychiques particulières pour survivre dans une telle famille. L’analyse transgénérationnelle permet ce travail sur les traumatismes familiaux qui se transforment au fil du temps en secrets ou en non-dits.
 
Comment te décris-tu ?
Je me décris comme un analyste transgénérationnel. C’est une discipline qui est née dans les années 80, de la rencontre de deux courants de pensées importants : la psychanalyse et la systémie. 
 
La systémie ?
Oui, Cette dernière a donné naissance aux thérapies systémiques et familiales. Elles considèrent l’individu non pas comme un être isolé mais comme faisant partie d’un système à la fois familial, culturel et socio-économique. Les deux courants « Psychanalyse/et thérapies systémiques» se sont régulièrement opposés mais leur union est, je trouve, très bénéfique.
 
Que penses-tu du titre de psychogénéalogiste ?
J’ai aussi le titre de psychogénéalogiste mais je ne l’aime pas. Je lui donne aujourd’hui une connotation négative. Je trouve qu’Il a été utilisé de manière abusive. La psychogénéalogie a été créée par le Pr Anne Ancelin Schützenberger, elle est un outil de l’analyse transgénérationnelle. Un outil remarquable mais simplement un outil ! Travailler sur un arbre généalogique en y plaçant les membres familiaux, les éléments importants de la vie du système familial est important pour mettre en lumière une articulation entre les générations. Cependant certains praticiens l’utilisent après une formation très courte, s’en servent pour faire des prédictions et au final donne le sentiment d’un déterminisme. Cela peut être dangereux quand on l’utilise de cette manière sans un véritable travail d’analyse.
 
Faut-il prendre du recul, de la distance, avec les personnes qui viennent te voir ?
J’ai fait ma psychothérapie avec un psy qui était dégagé de la plupart des contraintes stupides de la psychanalyse, telle la froideur, le silence du thérapeute, la négation de son implication émotionnelle (contre-transfert) ou la distance extrême. Stupide oui ! Parce que nous n’avons pas besoin de cela pour que la psychothérapie fonctionne. Il s’agit là seulement de nous protéger nous !
C’est une posture de pouvoir ou une posture de peur. Il ne faut pas confondre le cadre d’un travail thérapeutique qui doit être partagé et tenu tout au long de la thérapie et la mise à distance de l’autre et des phénomènes émotionnels. Lorsque je croise des personnes en dehors des séances, je ne passe pas mon chemin ! Je vais à leur rencontre. Je n’oublie pas que je suis en rapport avec eux dans un acte, certes thérapeutique, mais qui est surtout un acte d’humain à humain.
 
Qu’est-ce qui est important pour toi ?
D’être présent entièrement dans chaque séance ! Celles-ci ne sont pas calibrées à l’avance. La consultation dure une heure et il se passe quelque chose dans cette heure qui n’a pas été prévue. Il y a une émergence. Ce qui naît dans cette consultation vient de cette interaction particulière entre le client et le thérapeute que je suis. Oui, moi, dans ce que je suis et pas seulement dans ce que je fais !
C’est un artisanat. Je suis un artisan.
Autrefois, je ne croyais pas du tout au langage, à la parole. Et puis j’ai compris qu’une parole pouvait dire réellement ce que l’on ressentait.  Ça a changé considérablement ma vie, un changement radical ! Un moment charnière tant sur le plan personnel que professionnel. C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, je fais ce métier de manière très émotionnelle. Je ne suis pas à distance de ce qui s’échange en séance, je tiens compte de ce que je ressens. Je suis en outre très éloigné d’un psychanalyste classique qui ne dit rien en séance.
Je ferai ça toute ma vie ! J’ai la chance d’avoir rencontré un métier qui me passionne. Chaque jour est un jour important. Pour moi, être en relation profonde avec un être humain est une chose fondamentale. Ici, cette pièce où nous nous trouvons, est un lieu d’enfantement et de création.
 
Renseignements pratiques

La conférence sur « L’oubli » débutera dès 20h30 au Locu Teatrale,  8 Rue Hyacinthe Campiglia à Ajaccio,  le jeudi 3 décembre. Notons cette date dans nos agendas et ne l’OUBLIONS pas !
Entrée 10€
www.toussaint-corticchiato.fr
A noter que Toussaint Corticchiato organise un Atelier « intitulé « Savoir fixer les limites – Savoir dire
NON » le 12 décembre prochain. 
Réservation indispensable au 06 60 28 23 10





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