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Jean-Joseph Renucci expose au Domaine Orenga de gaffory


Rédigé par le Lundi 28 Juillet 2014 à 02:00 | Modifié le Lundi 28 Juillet 2014 - 02:10


L’espace Orenga de Gaffory à Patrimonio propose depuis le 24 Juillet une exposition originale de Jean-Joseph Renucci. Son exposition s’articule autour d’œuvres photographiques qui s’inscrivent dans la continuité de deux séries « in progress » Tiny folks et Boat People Des œuvres, qui à première vue semblent éloignées dans leur propos, leur cadrage, et pourtant partagent un rapport d’échelle mouvant et un regard appuyé sur notre société.


Jean-Joseph Renucci expose au Domaine Orenga de gaffory

Les Tiny Folks, de la série de photographies éponymes s’installent dans l’espace d’Art contemporain Orenga de Gaffory. Depuis ….ces acteurs de résine miniatures sont choisis, mis en scène puis photographiés par l’artiste au sein de nos univers familiers.

Au travers de multiples scénarios, les photographies nous donnent à voir la manière dont  ces petits personnages s’installent dans nos environnements et s’approprient les objets de notre quotidien : nos aliments, les objets de nos loisirs, nos appareils ménagers ou électroniques,… Les scènes de vie des Tiny folks sont toujours cadrées dans des univers domestiques codifiés, la cuisine, la salle de bain, …Ils forment également des communautés actives et autonomes assimilables à nos modèles sociaux; ils sont moines, bucherons, cinéphiles, agents d’entretien… . 

 

Le spectateur, est ainsi invité à observer notre monde revisité et assimilé par des avatars réduits à une échelle de 1/17ème et par là-même à  redécouvrir notre environnement d’un point de vue différent. L’idée sous jacente est d’imaginer ou d’observer comment ces petits bonhommes s’approprient notre réel, leur intervention sur notre monde, et notre influence sur le leur. Ils constituent un microcosme renvoyant à notre propre humanité, une allégorie de notre présence et de notre action sur le monde. Les Tiny Folks sont souvent dans des postures d’observation, septiques, ou perplexes, ils semblent s’interroger, réfléchir. Ils apparaissent comme des êtres vierges, naïfs et vulnérables. Leur invasion semble pacifiste. Et dans leur effort de comprendre et de s’adapter au monde qu’ils découvrent, ils suscitent un sentiment d’attendrissement. 

Ces personnages sont prospectés par l’artiste au sein de catalogues de modélisme, commandés notamment an Allemagne.  Ils sont choisis pour leur caractère inspirant ou singulier et collectionnés pour être projetés dans des environnements et des scènes de sociabilisation, dont l’idée naîtra avec le temps, celui de la réflexion et de la création.

Les scénarios lui sont inspirés en premier lieu par le regard d’un état qu’il entretient à conserver et à entretenir et qui le porte naturellement vers un retour à l’échelle de l’enfance ; par son regard de photographe également, flâneur par essence, inquisiteur par définition, observateur par vocation.

 

Ces scénarios peuvent également lui être inspirés par le contexte d’une situation personnelle ou d’une exposition, le lieu, la thématique, le public, comme ceux imaginés pour l’exposition au Casa del Mar « On dirait le Sud » ou pour cette prochaine exposition au Domaine Orenga de Gaffory. Des diptyques ou des triptyques sont  alors créés afin de raconter une histoire. 

 

Une fois le scénario définit, Jean-Joseph Renucci réalise un story board sur son Ipad avant de mettre ses acteurs en scène. Puis il tourne autour, réalise des prises de vues à l’instar d’un reporter d’images, et procède à l’édition, sans retouche préalable.

« Il les photographie, comme pour témoigner de l’existence d’un micro-monde photosensible. Par un cadrage, des reflets, des halos et des contrastes bien sentis et le choix d’environnements et d’objets pertinents, Jean-Joseph Renucci fait preuve de qualités photographiques indéniables ». Charline Guibert

 Que la mise en scène soit complexe ou totalement épurée,  les photographies recèlent des détails que seul un regard appuyé peut révéler. A l’instar des maniéristes, l’artiste aime jouer avec les signes. Les photographies des Tiny Folks ne supportent pas la synthèse qui prétend aller à l’essentiel. Ces « lilliputiens » vivent en outre secrètement parmi les humains, et sortent souvent du cadre photographique pour s’introduire dans les espaces d’exposition. Rares sont les spectateurs qui perçoivent leur présence.

 

 

 « Boat People »

La tendresse, l’ironie et l’autodérision qui caractérisent l’œuvre des Tiny folks cèdent la place à une atmosphère plus pesante pour la série Boat People On ne doit pas se laisser tromper en effet par l’azur prédominant de ces photographies en grand format réalisé par Jean-Joseph Renucci sur le Port d’Ajaccio.

Trois grands navires de croisière accostent chaque jour sur le Port de la cité impériale pendant tout l’été, avec à leur bord,  trois milles personnes. On ne perçoit cependant rien de la présence de cette masse touristique supposée débarquée dans la petite ville côtière. Et pour cause, seuls vingt pour cent d’entre eux descendent du bateau pour fouler le sol  de la terre ferme. 

C’est ce qu’a observé Jean-Joseph  Renucci un matin, du point de vue de la terrasse de café, où il contemplait les navires. Ses investigations auprès des institutions touristiques locales ont confirmé ces observations mais pas de réponse à cette interrogation, pourquoi ?

C’est ce qui l’a poussé à explorer ses navires muni de son appareil photographique. Qui sont ces gens appuyés au bastingage qui contemplent la ville du haut du pont des navires ?

Au premier regard, les photographies évoquent la facture des images d’archives et un parti pris esthétique pour l’horizontalité de la composition.

Mais tandis que cette vision globale de loin produit l’effet austère de la photographie documentaire, la vision de près, révèle un caractère d’intimité inattendu ; les détails se découvrent, des silhouettes se dessinent. Les  cabines offertes au regard par leurs baies vitrées révèlent la présence d’acteurs et de scènes qui proposent une narration riche d’une infinité de scénarios potentiels.

Le processus n’est pas sans rappeler l’intrigue de fenêtre sur Cour d’Hitchcock. A la fois drôle et inquiétant, il nous amène à nous interroger sur l’évolution de nos modes de consommation et sur le devenir de notre société.

Il s’apparente également à une démarche d’autodérision plus ironique, à l’instar des photos  de Martin Paar et rejoint en ce sens la série des Tiny Folk. Avec cette dernière, la série Boat People partage également une certaine forme de dénonciation de notre société consumériste et des jeux d’échelle signifiants. 

Dans ces photographies, l’artiste nous invite à observer, à discerner les signes, les détails porteurs de sens, et d’interrogations.
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jjrenucci@gmail.com
contact@jeanjosephrenucci.net







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