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Jean Dominici unique candidat à la chambre consulaire régionale : "il y a une fenêtre pour un modèle de CCI spécifique à la Corse"


Pierre-Manuel Pescetti le Mercredi 27 Octobre 2021 à 17:40

Unique candidat à sa propre réélection, l'actuel président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Corse Jean Dominici sera sans aucun doute réélu pour cinq ans au terme du scrutin qui, débuté ce mercredi 27 octobre, va se poursuivre jusqu'au 9 novembre prochain. Avenir des infrastructures portuaires et aéroportuaires insulaires, lien entre la collectivité de Corse et la chambre consulaire, régionalisation nouvelle de l'institution, ambitions et freins au développement, Jean Dominici détaille pour CNI la feuille de route de son prochain mandat. Cinq ans avec en toile de fond, la décentralisation de l'administration française au profit d'institutions plus simples, plus rapides, plus efficaces mais surtout plus régionalisées.



Jean Dominici unique candidat à la chambre consulaire régionale : "il y a une fenêtre pour un modèle de CCI spécifique à la Corse"
Les élections consulaires 2021 débutent et vous êtes l’unique candidat. Aucune autre liste n’a été déposée avant le 30 septembre dernier, date de clôture des dépôts de candidatures. Comment expliquez-vous cette absence de concurrence dans la course au fauteuil de président de la CCI régionale ?
 

 - J'y vois les résultats du travail de synthèse que nous avons mené avec toutes les composantes professionnelles de toutes les microrégions ainsi que l'adhésion du monde économique à l'institution, son savoir-faire, sa démarche et ses valeurs. 
 
Je pense en particulier à l’Union Consulaire réalisée en 2020 où grâce à l’implication, la sagesse et le travail des élus, des collaborateurs, nous avons réussi à dépasser les anciens clivages pour construire une CCI de Corse de plein exercice, plus robuste et plus homogène, sur le seul plan pertinent qui vaille dorénavant au niveau institutionnel, celui de la Corse toute entière.
 
Je profite d’ailleurs de votre question pour souligner qu’une récente enquête nationale de performance menée par un organisme indépendant a placé la CCI de Corse en tête des 13 CCI des régions métropolitaines, cela ne doit pas être non plus étranger à la conjonction des énergies que vous observez.
 
 - Vous serez donc réélu à la tête de la chambre consulaire régionale. Quelle est votre principale ambition pour les cinq ans à venir ?
 
 - Nos ambitions sont multiples. Parmi nos objectifs les plus urgents, il y a évidemment l’engagement total de la CCI dans la sortie de crise ainsi que la poursuite des actions de reconnexion dans le domaine maritime et aérien afin de continuer à alimenter le redémarrage de l’économie. Il s’agira d’intensifier nos efforts en direction de l’adaptation des mesures nationales, du retraitement et de l’allongement des PGE [ndlr : Prêts Garantis par l’Etat] ainsi que la mise en place sur le territoire d’outils spécifiques aux TPE PME [ndlr : Très Petites Entreprises – Petites et Moyennes Entreprises], y compris et surtout aux plans social et fiscal.
 
Il s’agira également de travailler sans attendre en faveur d’un modèle diversifié, plus résilient, plus numérique et plus durable avec, comme déterminants, la valorisation des points forts de notre tissu : proximité, structures familiales, valeurs morales et surtout valeur travail au bénéfice d’une intégration très forte à notre territoire, notre culture et notre patrimoine.
 
Nos perspectives de développement sont connues, elles passeront par les échanges, les mobilités et les transports, la diversification des leviers d’attractivité pour travailler sur les différentes saisons, la résolution des difficultés de recrutement par l’adaptation des politiques d’orientation et de formation vers les métiers en tension et les secteurs d’avenir. Le travail organisé par filière alimenté par des équipes d’ingénierie de projets en relation avec l’ensemble des institutions, les autres réseaux consulaires, les EPCI [ndlr : Établissement Public de Coopération Intercommunale] et les différents acteurs de l’économie doit prendre le pas sur les structures du passé.
 
 - Dès 2011, en votre qualité de nouveau président de la CCI de Haute-Corse, vous souteniez fermement le projet d’un nouveau port à Bastia sur le site de la Carbonite. Qu’en est-il aujourd’hui ?
 
 - Nous soutenons ce projet depuis 2004, qui est devenu « Portu Novu » entretemps. Nous le soutenons activement comme beaucoup d’autres car chacun sait qu’une ile doit porter un soin particulier à ses plates-formes d’échanges et de transport, tant en matière de capacités que de standards de qualité ou de sécurité, c’est notre métier et notre crédo, nous sommes constamment force de proposition vers la Collectivité de Corse et l’Etat pour engager les programmes d’investissement qui s’imposent.
 
 - Les infrastructures portuaires et aéroportuaires corses actuelles sont-elles encore assez performantes pour assurer les flux ? Et dans 5 ans ?
 
 - Comme nous venons de l’évoquer, les infrastructures de transport nécessitent des programmes constants de mise à niveau et surtout d’anticipation, à ce jour et au-delà des projets stratégiques de réaménagement du fond de baie à Ajaccio ou de « Portu Novu » à Bastia, nous avons étudié et proposé 71 projets pour près de 700 millions d’euros sur l’ensemble des six ports et des quatre aéroports que nous gérons pour le compte de la Collectivité de Corse.
 
 - Dès 2018, le rattachement des chambres consulaires à la nouvelle collectivité unique de Corse est évoqué. L’article 46 de la loi Pacte prévoit une étude de faisabilité de ce changement de tutelle au détriment de l’Etat. Mi-septembre, vous précisiez dans une lettre ouverte que « les conclusions de cette étude sont désormais livrées ». Quelles sont-elles ?
 
 - En réalité nous sommes à l’origine de ce projet de changement de tutelle, depuis 2015, lors de la préparation des ordonnances de la Collectivité Unique. L’étude de faisabilité est terminée et elle est conclusive, ce rattachement peut être clairement envisagé à court terme.
 
 - Quel est l’avantage de ce changement de tutelle pour la CCI régionale ?
 
 - L’avantage principal est dans l’optimisation du modèle CCI afin de le rendre plus agile, plus rapide plus efficace. Pour le parfaire nous allons poursuivre sur l’union consulaire déjà réalisée en 2020 et finaliser le rapprochement avec la Collectivité de Corse. Elle s’est vue au fil des statuts dotée des compétences économiques, transports, formation, tourisme, développement. Or la CCI, qui est précisément un outil de mise en œuvre de ces politiques publiques, est restée rattachée à l’Etat, cela crée de la complexité et de la lenteur dans les relations. J’insiste et je me répète, plus que jamais au sortir de la crise nous avons besoin d’institutions et d’outils simples, rapides et efficaces.
 
 - Aucun inconvénient ? Même en considérant l’instabilité politique de l’institution ?

 - La respiration démocratique n’est pas une instabilité mais au contraire un atout pour stimuler l’engagement des responsables publics dans leurs mandats, et d’ailleurs c’est une excellente symétrie, les responsables des CCI comme ceux de la Collectivité de Corse sont des élus, non pas territoriaux mais consulaires.

Aujourd’hui, l’instabilité est plutôt dans le statu quo, et les réformes incessantes depuis deux décennies que les différents gouvernements ont imposées aux réseaux consulaires avec particulièrement un toboggan budgétaire et une privation de ressources de près des deux tiers en moins de 10 ans.

Il y a une fenêtre pour un modèle CCI spécifique à la Corse, nous devons tout faire pour le réussir dans les meilleurs délais.





















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