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Hantavirus à Tristan da Cunha : "Prudence" pour l'unique habitante française originaire de Corse


La rédaction avec AFP Maureen COFFLARD le Vendredi 15 Mai 2026 à 14:22

Un mois après l'escale du navire MV Hondius, touché par l'hantavirus, la petite île britannique de Tristan de Cunha, perdue dans l'Atlantique sud, compte un "cas probable" et s'organise pour prévenir toute autre contamination, témoigne une scientifique française installée sur place.



(Photo Michael Nolan / Robert Harding RF / robertharding via AFP)
(Photo Michael Nolan / Robert Harding RF / robertharding via AFP)
Sur l'île de 220 habitants, "la prudence est de mise, mais on sait que c'est un virus pas très contagieux, il faut vraiment être en proximité", indique par téléphone à l'AFP Odile Cesari, originaire de Corse et unique résidente française des lieux.
Parti d'Ushuaia (Argentine), le bateau de croisière MV Hondius, devenu un foyer d'hantavirus, a fait escale à Tristan Da Cunha à la mi-avril quelques jours après l'annonce du premier décès à bord.
Plusieurs passagers ont alors débarqué sur l'île. Parmi eux, un habitant de l'île, de nationalité britannique, qui a signalé des symptômes le 28 avril. L'OMS l'a classé comme "cas probable" en attendant les résultats des tests.
"C'est un Tristanais qui est rentré au pays via le bateau de croisière, un sexagénaire" désormais "stable à l'hôpital", ajoute Mme Cesari. "Sa femme et ses proches sont à l'isolement".
"L'inquiétude est que l'homme est malade depuis le 28 avril mais que les déclarations de l'OMS ont eu lieu le 2 mai. Pendant cette période, on ne savait pas que c'était potentiellement dangereux donc l'isolement n'a pas été fait tout de suite", dit encore la jeune femme de 26 ans qui travaille comme opératrice de stations scientifiques pour la société Enviroearth.
Isolé dans l'Atlantique Sud, Tristan Da Cunha n'a pas d'aéroport mais un hôpital "avec deux médecins", les seuls "à des milliers de kilomètres à la ronde".
"Huit militaires britanniques dont deux soignants et trois tonnes de ravitaillement médical ont été parachutés samedi parce qu'on risquait d'arriver à court de produits assez cruciaux comme l'oxygène".


Incubation longue 
 
Tout a commencé quand "le navire de croisière, qui devait venir le 15 avril, est arrivé un peu en avance parce que quelqu'un à bord avait besoin de soins", se remémore Odile Césari. "Malheureusement, le temps d'arriver, l'homme est mort à bord" du Hondius, le 11 avril.
En hommage à la victime, un Néerlandais de 70 ans, "un service de 15 minutes à l'église de l'île a été organisé par sa veuve", elle-même décédée le 26 avril, "auquel les passagers et une partie de l'équipage ont pu assister", précise la jeune scientifique, indiquant ne pas avoir été présente.
"Je n'ai pas vu" cette Néerlandaise de 69 ans, dont la contamination à l'hantavirus a été confirmée le 4 mai, "mais elle n'était pas symptomatique lors de son séjour à Tristan".
"On nous a dit ne vous inquiétez pas, c'est un virus qu'on transmet quand on est symptomatique voire dans les 48 heures avant les premiers symptômes", souligne-t-elle.
Est-elle inquiète? "Non, non pas vraiment. Je sais que les gens du bateau avec qui j'ai eu des contacts vont bien. Ils sont en quarantaine, ils ne sont pas symptomatiques".
"La vie continue globalement comme avant. On essaye d'éviter l'hôpital si ce n'est pas nécessaire".
Autre bémol, plusieurs passagers et membres d'équipage du bateau ont fait "de petites animations pour les enfants à l'école" lors de leur passage sur l'île.
"Il y avait le guide, un astrophysicien, une jeune femme ingénieure de la salle des machines du navire qui a expliqué son quotidien et un touriste néerlandais originaire du même endroit qu'un des pères fondateurs de l'île. Il a amené des cadeaux d'un collège qui portait le nom de leur ancêtre", explique-t-elle en précisant avoir assisté à ces présentations devant les enfants de "5 à 14 ans".
"Ce virus est difficile à refiler mais l'incubation est longue", admet Mme Cesari. "Peut-être que les personnes qui ont côtoyé notre patient vont commencer à être symptomatiques dans quelques jours, on ne sait pas".
Et "dans un endroit aussi reculé qu’ici, impossible de réaliser des tests pour y voir plus clair, malheureusement".
Au 13 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a répertorié 11 cas signalés d'hantavirus, dont huit sont confirmés. Trois malades sont décédés.