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Gilles Giovannangeli réagit aux perquisitions à l’ADEC et appelle à la mobilisation pour le statut d’autonomie


Nicole Mari le Vendredi 29 Mai 2026 à 19:53

Pour sa première session de l’Assemblée de Corse en tant que président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Giovannangeli a fait une courte intervention sur deux points chauds de l’actualité : l’examen du projet de réforme constitutionnelle pour un statut d’autonomie de la Corse qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 15 juin prochain, et l’enquête du Parquet européen sur des soupçons de fraudes aux marchés publics et aux aides européennes du plan de relance post-Covid.



Gilles Giovannangeli, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse et président de l'ADEC, l’agence de développement économique de la Corse. Photo Paule Santoni.
Gilles Giovannangeli, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse et président de l'ADEC, l’agence de développement économique de la Corse. Photo Paule Santoni.
C’était sa première session de l’Assemblée de Corse en tant que président de l’Exécutif. Gilles Giovannangeli a, dans une courte, précise et posée prise de parole, qui le caractérise, réagi sur deux sujets d’actualité : un sujet politique avec l’examen du statut d’autonomie à l’Assemblée nationale le 15 juin prochain, et un sujet judiciaire avec les perquisitions effectuées les 27 et 28 mai derniers au siège de l’ADEC, l’agence de développement économique de la Corse, dont il est toujours président, et la CADEC, la Caisse de développement de la Corse. Concernant cette actualité judiciaire, les perquisitions ont été menées dans le cadre d’une enquête conduite par le Parquet européen et relative à des soupçons de fraude aux marchés publics et aux subventions liées au plan de relance post-Covid. « À ce jour, on est dans une enquête préliminaire. Personne n’a été auditionné. On sait par quelques échanges que nous avons pu avoir avec les policiers et le procureur sur place qu’il s’agirait d’une enquête relative à des marchés publics passés par l’ADEC en mobilisant des fonds européens sur la période 2021-2022. Ce que nous savons aussi, ce qui est remis en cause, ce n’est pas tant la passation du marché que les mécanismes d’attribution », a tenu à préciser le président Giovannangeli.
 
Le refus du soupçon
Dans un communiqué la veille, le Parquet européen avait indiqué que : « L’enquête porte sur des soupçons de comportements frauduleux dans le cadre de marchés publics financés par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et l’initiative de soutien à la reprise en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe (REACT-EU), pour un montant d’environ 18 millions d’euros destinés à soutenir la reprise économique des entreprises locales après la crise sanitaire ». Et ajouté que ces perquisitions ont été réalisées « au domicile de plusieurs personnes ainsi que dans les locaux d’organismes publics et d’entreprises privées. Des documents et des preuves numériques ont été saisis ». Le président de l’Exécutif déclare ne pas détenir, à ce stade, plus d’information, mais tient à rappeler certains principes : « On est dans le temps médiatique, celui de la justice est souvent plus long. Il ne m’appartient pas de commenter le fond d’une enquête judiciaire en cours. Je veux simplement rappeler les principes suivants : le respect absolu de la présomption d’innocence, le refus de toute instrumentalisation, le refus bien sûr du soupçon généralisé et demander le respect des agents, que je veux saluer, des élus et des institutions ».
 
Un appel à la mobilisation
Concernant l’actualité politique, Gilles Giovannangeli est revenu sur la visite, jeudi, du Président de la Commission des lois, Florent Boudié, à l’assemblée de Corse dans le cadre de l’examen au Parlement du projet de réforme constitutionnelle pour un statut d’autonomie de la Corse. S’il se veut prudemment optimiste, il soulève ce qu’il appelle « un paradoxe » dont la manière dans les députés français abordent cette question corse : « Il y a un ressenti de députés français qui, aujourd’hui, comprennent ou reconnaissent la singularité de la Corse. Ils l’ont exprimé à plusieurs reprises. La singularité, bien sûr géographique, mais aussi historique, linguistique et politique. À côté de cela, on retrouve, dans leurs propositions, une incapacité à traduire cette reconnaissance de singularité. Ils sont empêtrés dans le centralisme et le jacobinisme français. Ils nous proposent régulièrement et de manière assez constante un projet d’autonomie a minima ». Et s’il entend respecter les prérogatives du Parlement français, il lance un appel à la mobilisation non seulement dans l’hémicycle, mais aussi aux Corses. « Nous avons le devoir de nous mobiliser plus que jamais. Nous serons à Paris le 2 juin présents à côté de nos députés pour batailler à la Commission des lois. Nous serons à Paris, nous l’espérons aussi, avec tout ceux qui, ici, soutiennent l’autonomie, le 9 juin devant les députés français pour continuer à expliquer et à convaincre. Et nous serons bien sûr à Paris, je l’espère tous ensemble, les 15, 16 et 17 juin pour l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale. Il faut qu’on ait le bon niveau de mobilisation ». Il affirme que le chemin, même « étroit », existe. Et de toute façon, conclut-il : « Comme l’a dit la présidente de l’assemblée de Corse, il n’y en a pas d’autres. L’autre chemin, c’est le statu-quo ». Et de lancer : « Qui ici veut encore du statu-quo ? ».