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GRRInPort2 : un projet entre la Corse et l’Italie pour protéger les côtes et la biodiversité


Léana Serve le Mercredi 21 Janvier 2026 à 19:31

Pour renforcer la protection de la nature et de la biodiversité, le programme Interreg Italie-France Maritime 2021-2027 lance le projet GRRInPort2 entre l’Italie et la Corse. Sur l’île, il vise notamment à contrôler la qualité de l’eau, le traitement des déchets échoués et la décontamination des sédiments.



Photo : Office français de la biodiversité
Photo : Office français de la biodiversité

Renforcer la protection de la nature et de la biodiversité : c’est le but du nouveau projet du programme Interreg Italie-France Maritime 2021-2027, un programme qui a pour objectif principal de « contribuer au renforcement de la coopération transfrontalière entre les régions et de faire de la zone de coopération un espace durable dans le paysage européen et méditerranéen ». Baptisé GRRInPort2, pour « gestion de l’eau, des déchets et des sédiments afin de réduire la pollution hors des ports », ce nouveau projet vise à « traiter de manière innovante les problématiques environnementales liées aux ports, aux embouchures des fleuves et aux zones côtières ». Des zones « souvent compromises par d’intenses activités anthropiques » et « soumises à une pollution chimique, biologique et physique ».
 

Le projet GRRInPort2 se décline en trois axes d’action : la surveillance de la qualité des eaux marines et fluviales, la gestion et la valorisation des déchets échoués, et enfin la décontamination des sédiments marins. Le premier volet, consacré à l’eau, concerne directement la Corse où deux sites pilotes - Saint-Florent et Centuri - ont été retenus pour tester une méthode de détection des pollutions fécales. La technologie repose sur l’analyse d’images captées par des drones équipés de caméras thermiques afin de détecter la présence de bactéries dans l’eau. « On a fait les premiers relevés d'eau avec un repérage par drones des zones qui présentaient un intérêt d'analyse et avec des prélèvements qui sont en cours d'analyse biologique », explique Rémi Bellia, chargé de mission au sein de Petra Patrimonia, l’un des partenaires du projet.
 

L’outil est aussi particulièrement attendu par le Parc naturel marin du Cap Corse et de l’Agriate, également partenaire du projet. « Ça nous intéresse énormément parce que si cette méthode est validée, on n'aurait pas à aller faire des prélèvements pour voir si c'est pollué », explique la directrice du Parc marin, Madeleine Cancemi. « On a des sites très fréquentés en été mais qui ne sont pas forcément étudiés d'un point de vue qualité de l'eau, parce que l’ARS a des sites choisis par les maires, mais ils ne peuvent pas faire toutes les plages du parc, ça serait trop important pour eux. On pourrait peut-être mélanger les deux techniques, c'est-à-dire la méthode classique de prélèvement sur les sites que suit l'ARS de Corse et la méthode un peu plus originale que les Italiens sont en train de mettre en œuvre pour connaître la pollution fécale, la matière organique, à partir des drones. »
 

Une gestion des déchets et des sédiments
 

Au-delà de la qualité de l’eau, GRRInPort2 s’intéresse aussi aux déchets échoués sur les plages, une problématique récurrente sur le littoral corse. Le deuxième axe du programme vise à « collecter et classifier des déchets échoués, en particulier ceux d’origine végétale », avant de les transformer « en ressources utiles ». Le troisième axe du projet, lui, porte sur la décontamination des sédiments marins. Un enjeu particulièrement sensible dans des ports comme Centuri ou Saint-Florent, où peuvent s’accumuler les herbes de posidonie. « À Centuri, il fallait les évacuer, parce que les bateaux ne pouvaient plus entrer dans le port. Mais on ne pouvait pas les évacuer comme ça parce qu’elles étaient depuis longtemps dans le port et elles avaient accumulé des pollutions dans les cellules. Il fallait décontaminer les feuilles, et c’est ce qu’a fait Centuri en enlevant les posidonies les moins polluées », précise Madeleine Cancemi.
 

L’enjeu pour le Parc marin est désormais de disposer d’une méthodologie claire et reproductible pour tous les ports concernés. « On aura un protocole de A à Z. Ça va nous permettre d’avoir une réponse méthodologique sur les ports concernés dans le Parc. On va pouvoir voir ce qui se passe dans les sédiments, et notamment dans le port de Saint-Florent qui compte beaucoup de bateaux et de choses qui s'accumulent. Et il y aura une réactivité très importante, également pour la qualité de l’eau et pour la santé des gens. Ça va nous permettre d'aller plus vite sur certaines analyses. C'est vraiment un programme qui va nous servir à avoir une méthode plus adaptée pour ce genre de thématiques, et c’est important. »

Du côté de Petra Patrimonia, le but est de « voir les impacts sur les espaces portuaires et sur la qualité des eaux ». « Pour le suivi scientifique des déchets et des sédiments, on a sélectionné la Stareso. Le défi, c’est de faire des prélèvements au début du printemps et à la fin de la période estivale, pour avoir des indicateurs et nous permettre de capitaliser les résultats par rapport aux gestionnaires des ports afin d'améliorer tout ce qui est de l'ordre de la qualité environnementale des eaux. Il en sera de même sur les déchets plastiques et les sédiments. »