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GFCA 52 ans déjà : Voilà que les souvenirs remontent à la surface


Rédigé par José Fanchi le Mercredi 13 Mai 2015 à 21:53 | Modifié le Mercredi 13 Mai 2015 - 22:01


1963. J’ai 15 ans et je joue dans l’équipe cadette du GFCA. C’est Jojo Forcioli qui m’a fait signer ma première licence en catégorie minimes, sur l’étal de sa boucherie… En cachette de mon oncle Charles-André Vinciguerra, dirigeant à l’AC Ajaccio. Toute une histoire de famille. Mais voilà, j’ai choisi mon club parce que tous les amis en avaient fait de même. Réputation oblige ?


Pierre Cahuzac : Le premier titre avec le GFCA
Pierre Cahuzac : Le premier titre avec le GFCA
Les premiers entrainements étaient dirigés par Pierre Cahuzac, le jeudi après-midi. J’ai connu « l’enfer des gradins » à escalader à la vitesse grand V accompagné  des cris de notre entraîneur qui n’aimait pas les « trainards » et je puis vous dire qu’il y mettait du sien pour nous décarcasser.
Puis ce fut au tour de Fanfan Milazzo l’année suivante de nous driver dans notre progression et nos matches de championnat. Il y mettait un peu plus de douceur mais les résultats étaient bel et bien là.  Une fois l’enteraînement terminé, nous nous postions dans un coin du stade  Mezzavia et regardions les joueurs de CFA s’entraîner. C’était notre plus grand bonheur de les voir monter et descendre les marches du stade sous la direction coach qui ne lâchait pas la moindre miette. Il ne rigolait pas le Pierrot ! Les joueurs non plus !
 
Versailles 1963 : La première des quatre glorieuses
C’était dur bien sûr, mais c’était bien et notre équipe fanion renversait les montagnes.
Les jours de match, lorsque le calendrier nous le permettait, nous étions tous réunis au stade, tous sans exception dans le grand virage, tout en haut du stade, groupés sur les gradins. Nous assistions à la traditionnelle raclée que nos joueurs infligeaient aux grands du CFA de l’époque, à savoir Montélimar, Quevilly, La Chaud de Fond et autres Draguignan du fameux et redoutable buteur Saar.
Que de victoires, que de cartons, que d’ambiance dans ce Mezzavia où il fallait arriver de bonne heure pour trouver une place. C’était la grande époque, la grande aventure avec un grand A pour nos valeureux Diables Rouges qui se jouaient de toutes les équipes, littéralement tétanisées dès lors qu’elles pénétraient sur l’aire de jeu de Mezzavia. 
Après deux ou trois années de rodage, de résultats flatteurs et de lauriers, en clair une solide expérience de la compétition, ce fut le bouquet en cette année 1963 ponctuée par la finale du championnat de France amateurs.
La victoire face à la grande équipe cannoise en Coupe de France fut le déclenchement d’une série qui allait valoir au GFCA une réputation d’ogre face à ces grosses cylindrées du championnat.
 
Un certain Brest…
De Charly Taverni à Angeot Alfonsi, de Paul Bertolucci à Mario Vescovali, en passant par Ange Dellasantina « u lionu » au très technique Jean-Bati Scaglia, sans oublier les Risterucci et autre Méhouri, Kervella ou Parigi, le GFCA se baladait littéralement sur tous les stades de France. Quelques équipes eurent raison de l’ogre rouge et bleu, Monaco, Chambéry et Montélimar, mais le championnat n’échappa pas à nos valeureux représentants à qui il restait la grande finale fixée à Versailles face à l’équipe de Brest qui, ça ne s’invente pas, avait commencé à fêter la victoire tant leur supériorité leur paraissait évidente.
 
Si Versailles m’était conté !
Ils déchantèrent bien vite. Trop vite même, tellement ils furent surpris par la vivacité des insulaires. Ange Alfonsi ouvre le score grâce à un centre merveilleux de Mehouri, imité peu après par Jean-Bati Scaglia et de nouveau Alfonsi. Brest réduit le score, mais à la reprise Alfonsi signe le triplé  et Vescovali le doublé. 6 buts à 1, la messe est dite dans un stade de Versailles survolté que les spectateurs Bretons quittent la tête basse, profondément vexés de l’imposante raclée enregistrée ce jour là. C’est du délire autour du Château, mais aussi alentours et dans la capitale.
Ajaccio est en fête. Toute la ville est parée aux couleurs du GFCA, une véritable explosion de joie secoue la ville et la Corse entière. Les médias sont présents, les magazines spécialisés doublent leur tirage. Le football insulaire est à la fête avec une dizaine d’éléments du cru.
Comment oublier ces heures de gloire, cette équipe soudée, cette joie de jouer et de gagner. Une autre époque ?
Sans doute, mais vendredi, nos représentants vont faire en sorte de ne pas oublier le passé glorieux du club. Nous sommes là pour le leur rappeler…
52 ans après, le GFCA va nous donner de nouveaux frissons.
E cusi sia…
 J. F.
  




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