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Futur port de Bastia : Des investigations sous-marines pour affiner les trois scénarii


Nicole Mari le Lundi 27 Juillet 2020 à 22:10

Quel sera le futur port de Bastia : Portu Novu, La Carbonite ou l’extension du port actuel ? La Collectivité de Corse (CdC) a commandé des sondages géotechniques qui viennent de s’achever en mer au large de la ville. L’objectif : étudier la stabilité des sols et définir un modèle permettant de pré-dimensionner les ouvrages projetés dans le cadre des scénarii retenus et d’en fixer le coût. Lundi matin, le président du Conseil exécutif, Gilles Simeoni, accompagné du Président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), Jean Dominici, a effectué une visite de la barge mise à poste pour ces investigations sous-marines. Et réaffirmé que le choix n’interviendra qu’après un débat public et le référendum promis par le maire de Bastia.




Barge mise à poste pour les investigations sous-marines au large de la Ville.
Barge mise à poste pour les investigations sous-marines au large de la Ville.
En ce dernier jour de la campagne d’investigation sous-marine qui a duré deux mois, sur une barge en pleine mer au large de l’Arinella, une satisfaction prudente se lit sur les visages du président de l’Exécutif corse, Gilles Simeoni, et sur celles du président de la CCI régionale, Jean Dominici, et du vice-président de la Commission portuaire, Stefanu Venturini. C’est qu’une étape importante vient d’être franchie sur ce dossier brûlant du renouvellement des infrastructures portuaires bastiaises qui piétine depuis des décennies, empoisonné par des polémiques sans fin et des oppositions irréductibles. Ces études géotechniques, commandées par l’Exécutif, ont été réalisées par un groupement d’entreprises locales pour un coût de 2,2 millions €, financé à 45% par l’Etat, 35% par la CCI et 25% par la CdC. Des sondages pressiométriques et des carottages en mer ont été effectués en différents points afin d’étudier la stabilité des sols dans le cadre des trois scénarii retenus : l’ancien projet du port de la Carbonite hérité de l’époque Zuccarelli, le nouveau projet d’écoport Portu Novu imaginé par l’Exécutif nationaliste, et l’agrandissement du port de commerce actuel, soit par doublement du bassin Saint Nicolas, soit par extension de la digue existante, préféré par les Indépendantistes.
 
Des mesures indispensables
« Ces investigations géotechniques concernent les trois scénarii qu’en ma qualité de président du Conseil exécutif, j’ai entendu soumettre à des études poussées qui permettront, ensuite, à l’Assemblée de Corse, à la Ville de Bastia, à l’ensemble des acteurs concernés, au premier rang desquels la CCI régionale, mais aussi les Bastiais que le maire de Bastia s’est engagé à consulter par voie de référendum, de faire un choix. Ces données géotechniques nous permettront de savoir si oui ou non les différents ouvrages projetés dans le cadre des trois scénarii sont réalisables techniquement, ce qui est très probable, et quels doivent être leur consistance et leur nature et, donc, leurs coûts », commente Gilles Simeoni. « Aujourd’hui, c’est un signal fort qui est envoyé : Ça avance ! Malgré ce qu’on a pu entendre depuis des mois et des années, que le projet du port était arrêté ou que le dossier était laissé au fond d’un bureau, il y a du concret. Des études ont été menées sur les trois projets. Elles nous donneront un coût précis des investissements qui devront être faits en fonction des techniques choisies », renchérit Stefanu Venturini. Des mesures techniques indispensables donc, pour se prononcer en toute connaissance de cause comme Gilles Simeoni l’explique en vidéo :

Trois scénarii
Le projet de la Carbonite, quelque peu obsolète, n’a guère les faveurs de l’Exécutif qui le juge « inadapté », et a, donc, peu de chance de voir le jour. Portu Novu, bien plus réduit, s’avère bien mieux conçu sur le plan environnemental, notamment pour impacter au minimum la plage de l’Arinella et les posidonies. Une modélisation réalisée en Angleterre montre que la plage pourrait être ré-ensablée et même étendue. Construit sur plots et non en béton, cet éco-port laisserait passer le courant sur 300 ou 400 mètres à l’intérieur du bassin portuaire et assurerait, ainsi, la continuité écologique. D’une surface totale (terre-pleins, bassins, digues…) d’une cinquantaine d’hectares sur mer, il est dimensionné à l’échelle du trafic maritime de l’île et de sa possible évolution dans les 30 ans à-venir. Les deux autres scénarii de centre-ville, à partir du port actuel, qui n’avaient guère été vraiment étudiés, le sont désormais en profondeur. L’un consiste à doubler le bassin Saint-Nicolas au large, l’autre étend la digue existante au Nord-Est et conserve l’intégralité du transport et du commerce dans le bassin actuel.

Gilles Simeoni, Stefanu Venturini et Jean Dominici.
Gilles Simeoni, Stefanu Venturini et Jean Dominici.
Un port, absolument !
La Chambre de commerce, qui soutient toujours fortement le projet de La Carbonite, refuse de polémiquer et se veut pragmatique. « Notre position est simple : il nous faut un port ! Pour plusieurs raisons : la première est la sécurité. Le port, sur lequel nous travaillons, a 150 ans. Il est vétuste. L’ensemble de la place portuaire n’y est pas en sécurité. On ne peut pas y travailler de manière correcte avec le flux actuel, on ne peut plus se développer », martèle Stefanu Venturini. « Nous avons une préférence forte pour le projet de la Carbonite. Portu Novu s’en rapproche avec des améliorations, il est plus tourné vers l’extérieur avec de nouvelles technologies. Nous discutons encore sur les aménagements de ce projet comme sur les autres projets pour prendre en compte toutes les éventualités. Ce qui est certain, c’est qu’il nous faut des terre-pleins pour être en sécurité et pouvoir travailler ». Un port surdimensionné est-il pertinent ? « Oui ! Ce qu’il faut prendre en compte, ce n’est pas la quantité de personnes qui arrivent, c’est l’espace sur lequel on les reçoit et les bateaux qui les amènent. Aujourd’hui, en cas de mauvais temps, on ne peut accueillir qu’un bateau à la fois. C’est un port où on ne peut pas venir se mettre à l’abri. C’est complètement illogique ! On sait que, dans les années à-venir, les bateaux seront de plus en plus grands, on ne pourra pas les accueillir. Aujourd’hui, le port est en contrainte et n’a pas les capacités de choisir, il s’adapte. La CdC décidera du nombre de personnes qu’elle veut accueillir et du type de tourisme qu’elle veut développer, mais de toute façon, il faut un outil. Reste à savoir ce que voudront les Bastiais et les Corses. Ce sera mis au débat et on pourra choisir l’éco-port de demain. L’important pour la Chambre de commerce et pour la Corse, c’est qu’il y ait un port où tout le monde soit en sécurité, où on puisse exporter, recevoir et s’ouvrir sur le monde ».
 
D’autres études
Le président de l’Exécutif a demandé une visualisation en 3D à l’échelle réelle des divers projets pour avoir une idée bien précise de l’impact notamment paysager. D’autres études seront menées en parallèle, notamment en matière urbanistique : « Il faut savoir comment, dans le cadre des trois scénarii, on réoriente le flux de circulation, la modalité douce, la ville durable, la conception des zones impactées, l’éventuelle requalification du port de commerce », précise Gilles Simeoni. Mais aussi une étude budgétaire de prospective financière : « Il faut savoir quels sont les financements disponibles et comment garantir le modèle économique de ces futures infrastructures portuaires en intégrant cette réflexion dans la réflexion globale du trafic maritime passagers et fret post-Covid à l’échelle de la Corse en construisant un système cohérent entre toutes les infrastructures portuaires des différentes villes de l’île. Quand on aura tout ces éléments, on sera en mesure de choisir ». Ces études, sous réserve que les procédures d’appels d’offres ne connaissent pas de difficultés particulières, devraient être menées à leur terme avant la fin 2021.
 
Un choix difficile
Le match devrait se jouer véritablement entre Portu Novu et le centre-ville. « A l’heure où je parle, je vous avoue que chacune de ces options a clairement des avantages, mais également des inconvénients. C’est un choix difficile entre deux modèles différents qui auront un impact très fort sur Bastia et sur la Corse. C’est la raison pour laquelle à mon avis plutôt que d’être dans un débat d’incantations comme c’est le cas depuis 10 ans, il faut, d’abord, un débat fondé sur toutes les données techniques, puis un débat fondamentalement politique. Mon souhait est de créer les conditions pour que ce débat politique et démocratique puisse avoir lieu et que les Bastiais et les Corses puissent véritablement faire leur choix. Pour ma part, je ferai mon choix quand j’aurais toutes les cartes en main », conclut Gilles Simeoni. Le grand débat et le référendum pourraient être organisés en 2021 et la décision prise en 2022. Ensuite, selon l’option choisie, il faut compter au minimum 5 ans, mais plus vraisemblablement 10 ans pour mener à bien les travaux. Mais rien ne dit que ce calendrier sera respecté.
 
N.M.


L'étude géotechnique






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