Dans les maisons, le feu n’a pas totalement cessé de brûler. Une bûche a été laissée dans l’âtre, par habitude autant que par croyance, pour accompagner l’année nouvelle. Autour de la table, les traces du repas racontent la veillée : le figatellu partagé, le fromage coupé large, le pain rompu sans compter. Le vin, lui, a gardé la mémoire des paroles échangées, parfois lourdes, souvent sincères.
À l’heure de la messe, les anciens sortent les premiers. Ils se croisent sur la place, se saluent d’un regard, d’un « Pace è salute » dit simplement, sans emphase. Ici, on ne promet pas grand-chose. On souhaite l’essentiel.
Plus tard, les enfants envahissent la place du village. Ils portent encore l’agitation de la nuit passée, les rires trop forts, les pétards, les histoires répétées. Ils ignorent que ce jour est aussi celui des pensées silencieuses, des absents qu’on n’a pas oubliés, des espoirs qu’on garde pour soi.
Un homme s’arrête au bord du chemin. Devant lui, la mer et la montagne se répondent. Il pense à ceux qui sont partis, à ceux qui reviendront peut-être. En Corse, le jour de l’An n’efface rien. Il prolonge.
Quand le soleil baisse déjà sur les crêtes, les familles se retrouvent une dernière fois. Le repas est simple. Les mots sont pesés. On rit, parfois. On se tait, souvent. Et avant de se séparer, quelqu’un rappelle une vérité ancienne, transmise sans qu’on sache par qui :
"Finché no spartimu, l’annata serà bona"
(Tant que l’on partage, l’année sera bonne.)
Sur l’île, alors, l’année peut commencer.
À l’heure de la messe, les anciens sortent les premiers. Ils se croisent sur la place, se saluent d’un regard, d’un « Pace è salute » dit simplement, sans emphase. Ici, on ne promet pas grand-chose. On souhaite l’essentiel.
Plus tard, les enfants envahissent la place du village. Ils portent encore l’agitation de la nuit passée, les rires trop forts, les pétards, les histoires répétées. Ils ignorent que ce jour est aussi celui des pensées silencieuses, des absents qu’on n’a pas oubliés, des espoirs qu’on garde pour soi.
Un homme s’arrête au bord du chemin. Devant lui, la mer et la montagne se répondent. Il pense à ceux qui sont partis, à ceux qui reviendront peut-être. En Corse, le jour de l’An n’efface rien. Il prolonge.
Quand le soleil baisse déjà sur les crêtes, les familles se retrouvent une dernière fois. Le repas est simple. Les mots sont pesés. On rit, parfois. On se tait, souvent. Et avant de se séparer, quelqu’un rappelle une vérité ancienne, transmise sans qu’on sache par qui :
"Finché no spartimu, l’annata serà bona"
(Tant que l’on partage, l’année sera bonne.)
Sur l’île, alors, l’année peut commencer.
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