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Denti, mérou, conseil maritime… la pêche corse au cœur des discussions à Ajaccio


Léana Serve le Mardi 20 Janvier 2026 à 17:44

À Ajaccio, la Fédération corse des pêches récréatives a été reçue ce mardi par la Direction de la mer et du littoral de Corse. L’occasion d’aborder le nouvel arrêté concernant la pêche du denti, mais également de demander la création d’un conseil maritime corse et une nouvelle réglementation sur le mérou.



Photo d'illustration
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La Fédération corse des pêches récréatives était invitée ce mardi à une table ronde dans les locaux de la Direction de la mer et du littoral de Corse, à Ajaccio. L’occasion de revenir sur la réglementation autour du denti qui prendra fin au mois de mars. « Il fallait qu'on fasse des propositions en vue du nouvel arrêté qui va bientôt être publié », explique Philippe Piccoli, vice-président de la fédération. Mise en place en 2023, la réglementation autour de ce poisson très présent en Méditerranée impose notamment aux pêcheurs de respecter une taille minimale de capture, fixée à 40 cm, ainsi qu’un quota strict d’un denti par pêcheur et par jour, avec un maximum de deux poissons par bateau.
 

En vue du futur arrêté, certaines mesures devraient être reconduites, comme « la taille minimale de capture et le nombre maximum de captures ». La Fédération corse des pêches récréatives a cependant demandé « une prolongation de la période d'interdiction totale de pêche sur la période de reproduction, aussi bien pour les professionnels que pour les pêcheurs de loisir ». « Le dernier arrêté concernait la période du 15 mars au 15 avril, et on va normalement passer à fin avril, voire mi-mai. On aurait même souhaité jusqu'à fin mai, mais il faut aussi tenir compte des pêcheurs professionnels et de leur obligation de rentabilité commerciale », souligne Philippe Piccoli.
 

Le nouvel arrêté, qui devrait être promulgué au printemps, aurait « une validité de trois à quatre ans ». « Des études scientifiques sont en cours sur le denti et on devrait normalement avoir des résultats d’ici trois ou quatre ans maximum, pour pouvoir s'appuyer sur quelque chose de concret, un état zéro et pouvoir partir sur une réglementation du denti qui soit plus spécifique », détaille le vice-président de la fédération.
 

Deux autres sujets abordés
 

Au-delà du denti, la table ronde a également été l’occasion « de demander la création d’un conseil maritime corse qui nous permettrait de faire une réglementation adaptée à notre géographie et à notre territoire ». « Il y a 80 personnes qui siègent au Conseil maritime de façade Méditerranée, mais il n’y a que deux personnes qui représentent la Corse, alors qu'on représente 50 % du linéaire côtier », précise Philippe Piccoli. « Il y a quand même une anomalie dans la présentation et dans la défense des intérêts corses. On a abordé le sujet, maintenant on va travailler sur le dossier, probablement avec le directeur des affaires maritimes et avec la préfecture. En tout cas, les idées semblent être bien perçues. »
 

Emmanuel Duborget, vice-président de la Fédération corse des pêches récréatives, explique que la fédération « a également fait remonter des attentes sur le mérou et le corb ». « On sait qu’on a une population de mérous qui est assez importante : il est commercialisé et exporté, mais en tant que pêcheurs de loisir, on est des braconniers si on le pêche. Il va falloir que ça cesse, et il serait bien qu'on se penche sur une réouverture du mérou et du corb avec une législation et une réelle intelligence comme on peut le faire autour du denti avec de la gestion et des partenaires. Ça a été entendu et noté, maintenant on verra. »

Philippe Piccoli insiste : « On n'est pas totalement satisfait de ce qui arrive, mais déjà, on communique, ce qui est beaucoup mieux qu'avant. On n'en est pas au stade d’il y a trois ans où l'arrêté qui devait être pris a été la source de conflits avec les pêcheurs de loisir parce que c'était pris sans concertation. Maintenant, il y a un esprit de communication, et on sait qu’il y a un organisme avec qui on peut discuter aussi bien pour l'administration que pour les scientifiques. À partir de là, on ouvre le dialogue dans un esprit constructif et dans un esprit positif. »