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Déchets : Le centre de stockage de Prunelli reste bloqué, les négociations s’ouvrent…


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 20 Août 2018 à 21:14 | Modifié le Mercredi 22 Août 2018 - 01:42


Lundi matin, comme annoncé, le Centre d’enfouissement des déchets de Prunelli-di-Fium’Orbu est partiellement bloqué, fermé à toutes les ordures ne provenant pas des territoires de la Communauté de communes de Fium’Orbu Castellu. En début d’après-midi, les élus communautaires ont rencontré l’Exécutif territorial, les représentants du Syvadec et de l’Etat, pour ouvrir des négociations. Un face-à-face de près de 4 heures qui a permis de poser des demandes de part et d’autre et de dégager une volonté commune de ne pas entraver la réalisation du plan triennal de réduction des déchets. Nouvelle réunion prévue mardi après-midi. En attendant, c’est le statu quo.


Les élus de la Communauté de communes de Fiumorbu-Castellu.
Les élus de la Communauté de communes de Fiumorbu-Castellu.
Cela s’appelle du « donnant-donnant ». C’est le deal mis dans les mains de l’Exécutif territorial par la Communauté de communes de Fium’Orbu-Castellu lors de la réunion qui s’est tenue, pendant près de quatre heures à Ghisonaccia, à l’initiative du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse et en présence de toutes les parties prenantes : Etat, Syvadec et Collectif anti-enfouissement compris. Le site de Prunelli, aujourd’hui, est quasiment arrivé à saturation. Des efforts, la microrégion et ses élus estiment en avoir fait beaucoup et depuis des années. L’Exécutif de la Collectivité de Corse, le Syvadec et l’Etat, unis dans une même démarche, leur demandent d’en faire encore pendant trois ans, le temps de mettre en place le plan de réduction des déchets. L’idée est d’augmenter, pour seulement trois ans, la capacité de stockage de Prunelli et passer de 43 000 tonnes actuellement à 60 000 tonnes. Soit l’extension maximale des capacités du site. Les élus communautaires ne disent pas : « Non », ils répondent : « Oui, peut-être, mais… ».
 
Accord sur le Plan
« C’est une rencontre qui s’est tenue à l’initiative de Gilles Simeoni, le président de l’Exécutif, qui nous a présenté le plan de réduction des déchets qu’il souhaite mettre en œuvre par notamment des contractualisations avec les intercommunalités. Sur le principe du plan, la Communauté de communes y adhère, d’autant qu’elle travaille sur le sujet depuis trois ans. Le plan Déchets semble pertinent et volontariste, peut-être pourrait-il l’être plus, mais notre objectif n’est pas de le gêner », affirme Louis Cesari, président de la Communauté de communes de Fium’Orbu-Castellu. Sur la demande d’extension de la capacité de stockage à 60 000 tonnes sur trois ans, la réaction fuse : « C’est plus honnête que les propositions qui nous avaient été faites par le passé où l’on nous disait que ça ne devait durer qu’un an, le temps de résoudre la situation ! La situation ne pourra être résolue que s’il y a émergence de nouveaux sites d’enfouissement. Ce n’est pas plus compliqué que ça ! Et ce n’est pas en un an qu’on peut y arriver, nous sommes bien d’accord ».
 
Des carences à combler
Ceci posé, les élus communautaires suspendent leur réponse : « On ne peut pas venir nous voir tous les ans, - maintenant c’est la quatrième année ! – en disant : « Il faut aider la Corse ! ». D’accord, il faut aider la Corse ! Il me semble que le territoire en a déjà fait la preuve dans les décennies passées en matière de déchets et en particulier dans les trois dernières années où nous avons accepté, et parfois contre l’avis de notre population qui n’a pas toujours compris, une augmentation de capacité de la STOC », réplique Louis Cesari. Les élus veulent des garanties, comme la prise en compte de leur projet de territoire et la mise en place de mesures d’accompagnement structurel. « Aujourd’hui, nous n’avons rien demandé, mais demain nous travaillerons sur différentes carences dont souffre notre territoire qui est assez mal équipé et malmené. Nous sommes obligés d’être en mobilisation permanente que ce soit pour l’hôpital local ou pour tous un tas d’autres projets. Nous les exprimerons et nous espérons recevoir une écoute attentive et bienveillante ».
 
Le scénario idéal
Pour l’Exécutif, l’Etat et le Syvadec, l’équation est cornélienne. Il faut impérativement sécuriser la période transitoire de trois ans pendant laquelle les capacités de stockage seront inférieures aux demandes d’enfouissement. Comment traiter le surplus ? « A titre temporaire, y compris en prenant en compte l’exportation, nous avons besoin de demander à Viggianello et à Prunelli  de faire encore un effort et d’accepter un dépassement par rapport aux volumes habituels », explique Gilles Simeoni. C’est un scénario idéal à condition que Prunelli ne persiste pas dans son blocage et ne mette en branle un enchainement catastrophique, le même qui s’est déclenché au printemps dernier. Viggianello, le seul autre site de stockage en activité dans l’île, ne peut pas absorber, à lui seul, la totalité des ordures non traitées. « Tout le monde sait très bien que la construction du nouveau modèle des déchets est un puzzle où chaque partie prenante détient une pièce. Dès qu’une partie menace de retirer sa pièce, c’est tout l’édifice qui risque de s’écrouler. Cette construction est difficile d’autant qu’il faut y intégrer le facteur temps. Il faut se donner du temps les uns aux autres », ajoute le président de l’Exécutif. « Les élus de la Comcom de Prunelli Fium’Orbu ont réaffirmé, aujourd’hui, qu’ils croyaient dans le plan que nous avons proposé et qu’ils veulent lui donner les moyens de réussir. Si tout le monde reste dans cet état d’esprit et fait, à son niveau, les efforts qu’il y a à faire, je pense que nous trouverons un chemin, même s’il est difficile ».
 
Le statu quo en attendant
L'Exécutif a reçu, ensuite, le Collectif contre le tout-enfouissement à Prunelli qui a participé à la réunion et qui avait, lui aussi, des propositions à faire. « Nous écoutons les élus, et nous écoutons, aussi, les citoyens quand ils sont organisés en Collectif. Ce sont des acteurs qui font partie de l’équation, il est normal de les écouter et de considérer leurs points de vue », commente Gilles Simeoni. Il s’est engagé sur le principe à examiner les demandes qui lui seront faites par la Comcom du Fium’Orbu, en tenant compte de la situation particulière qui les sous-tend. Un cycle de discussions s’ouvre, donc. Les élus communautaires se réuniront mardi après-midi pour mettre au point certaines pistes de travail pour le développement de leur territoire, pistes qu’ils proposeront à l’Exécutif territorial dans la soirée. « Si tout se passe bien, cela peut aller très vite… ou pas dans le cas contraire », conclut Louis Cesari. «Ce soir, la STOC de Prunelli reste bloquée. Les échanges se poursuivront demain, et nous verrons l’évolution des choses. En fonction des réponses, nous aviserons ». Affaire à suivre.
 
N.M.





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