Dans son atelier du centre-ville d'Ajaccio, Daniel Mendes ne parle pas seulement de tissus ou de coupes. Il parle de courbes, d’angles, de volumes. Comme un véritable mathématicien. « Un bon tailleur doit voir en 3D pour dessiner en 2D », explique-t-il.
Chez lui, chaque silhouette devient une construction mentale. Rien n’est laissé au hasard. Derrière l’élégance d’un costume, il y a une mécanique invisible, faite de calculs, d’ajustements et de précision.
À 23 ans, il a déjà ce regard-là.
Une enfance entre aiguilles et héritage discret
L’histoire commence bien avant l’atelier. Enfant, Daniel observe sa grand-mère, elle-même tailleuse. Il joue avec les patrons, découpe des formes sans en mesurer l’importance. Il observe, manipule, apprend sans le savoir.
Puis il s’en éloigne. Direction les mathématiques. Lyon d’abord, en classe préparatoire. Puis Paris, à la Sorbonne. Un parcours exigeant, structuré, presque tracé d’avance. Mais quelque chose résiste. « J’ai toujours aimé bien m’habiller », poursuit-il. L’idée ne le lâche pas. Elle s’impose même, peu à peu, comme une évidence. Créer. Construire. Monter sa propre maison. « Je me suis lancé sans trop réfléchir. » Trois ans plus tard, son nom est devenu une enseigne.
Chez lui, chaque silhouette devient une construction mentale. Rien n’est laissé au hasard. Derrière l’élégance d’un costume, il y a une mécanique invisible, faite de calculs, d’ajustements et de précision.
À 23 ans, il a déjà ce regard-là.
Une enfance entre aiguilles et héritage discret
L’histoire commence bien avant l’atelier. Enfant, Daniel observe sa grand-mère, elle-même tailleuse. Il joue avec les patrons, découpe des formes sans en mesurer l’importance. Il observe, manipule, apprend sans le savoir.
Puis il s’en éloigne. Direction les mathématiques. Lyon d’abord, en classe préparatoire. Puis Paris, à la Sorbonne. Un parcours exigeant, structuré, presque tracé d’avance. Mais quelque chose résiste. « J’ai toujours aimé bien m’habiller », poursuit-il. L’idée ne le lâche pas. Elle s’impose même, peu à peu, comme une évidence. Créer. Construire. Monter sa propre maison. « Je me suis lancé sans trop réfléchir. » Trois ans plus tard, son nom est devenu une enseigne.
À contre-courant de l’industrie
Autodidacte, oui. Mais jamais improvisé. Pour se former, Daniel Mendes se tourne vers des tailleurs portugais, dont il partage l’origine et avec lesquels il collabore encore aujourd’hui. Là-bas, pas d’écran. Pas de logiciels. Seulement du papier, des ciseaux et des mains.
Il découvre alors un métier exigeant, presque radical. Ici, la machine n’est qu’un outil secondaire. Le vrai travail se fait à la main, point après point. Un costume demande entre 150 et 200 heures de travail. C’est cette précision, cette lenteur assumée, qui le fascine.
Face à lui, une industrie qu’il observe avec distance. Le prêt-à-porter, dit-il, repose sur des modèles standardisés, pensés pour « aller à peu près à tout le monde ». Des costumes thermocollés, produits à grande échelle, où l’image de marque compte souvent plus que la coupe.
Lui choisit l’exact opposé. Dans ses showrooms, à Bastia, Ajaccio ou ponctuellement à Paris, les rendez-vous durent parfois deux heures avec son acolyte, Victor. On parle, on explique, on conseille. Parfois, le client repart sans rien acheter. Et ce n’est pas un problème. « On ne force pas la vente. » Ce qu’il construit, ce n’est pas un chiffre d’affaires immédiat. C’est une relation. « La plupart deviennent des amis. »
Habiller moins, mais mieux
Sa clientèle a entre 25 et 40 ans. Une génération qui, selon lui, commence à revoir ses habitudes. « On porte 20 % de sa garde-robe 80 % du temps », note le jeune tailleur. Alors plutôt que d’accumuler, il propose de composer. Quelques pièces seulement, mais pensées ensemble. Des vestes, des pantalons, des chemises qui s’associent naturellement. Une garde-robe cohérente, durable, avec moins de vêtements mais plus de sens.
Autodidacte, oui. Mais jamais improvisé. Pour se former, Daniel Mendes se tourne vers des tailleurs portugais, dont il partage l’origine et avec lesquels il collabore encore aujourd’hui. Là-bas, pas d’écran. Pas de logiciels. Seulement du papier, des ciseaux et des mains.
Il découvre alors un métier exigeant, presque radical. Ici, la machine n’est qu’un outil secondaire. Le vrai travail se fait à la main, point après point. Un costume demande entre 150 et 200 heures de travail. C’est cette précision, cette lenteur assumée, qui le fascine.
Face à lui, une industrie qu’il observe avec distance. Le prêt-à-porter, dit-il, repose sur des modèles standardisés, pensés pour « aller à peu près à tout le monde ». Des costumes thermocollés, produits à grande échelle, où l’image de marque compte souvent plus que la coupe.
Lui choisit l’exact opposé. Dans ses showrooms, à Bastia, Ajaccio ou ponctuellement à Paris, les rendez-vous durent parfois deux heures avec son acolyte, Victor. On parle, on explique, on conseille. Parfois, le client repart sans rien acheter. Et ce n’est pas un problème. « On ne force pas la vente. » Ce qu’il construit, ce n’est pas un chiffre d’affaires immédiat. C’est une relation. « La plupart deviennent des amis. »
Habiller moins, mais mieux
Sa clientèle a entre 25 et 40 ans. Une génération qui, selon lui, commence à revoir ses habitudes. « On porte 20 % de sa garde-robe 80 % du temps », note le jeune tailleur. Alors plutôt que d’accumuler, il propose de composer. Quelques pièces seulement, mais pensées ensemble. Des vestes, des pantalons, des chemises qui s’associent naturellement. Une garde-robe cohérente, durable, avec moins de vêtements mais plus de sens.
Un métier fragile… mais essentiel
Pour Daniel Mendes, le constat est sans appel : le métier de tailleur se raréfie. Dans l’industrie, certains produisent des centaines de pièces sans maîtriser les gestes les plus simples. « On m’a envoyé une couturière qui ne savait pas enfiler une aiguille », raconte-t-il.
Mais il y voit aussi une bascule. « Qui va savoir coudre demain ? » À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose partout, il parie sur le retour du savoir-faire. Former, transmettre devient une nécessité. Lui-même continue d’enseigner les mathématiques, comme un lien discret entre ses deux univers.
Faire un métier qu’on ne quitte jamais vraiment
Chez Daniel Mendes, il y a cette énergie constante. Celle de quelqu’un qui parle vite, beaucoup, avec enthousiasme. « J’aime les gens. J’aime transmettre. » Le costume devient presque secondaire. Ce qui compte, ce sont les liens qui se créent, la confiance accordée et les moments partagés.
Habiller un mariage, par exemple, n’est jamais anodin. C’est entrer dans une histoire, accompagner un moment de vie. Et puis il y a le plaisir simple du geste. Du travail bien fait. « Je n’ai pas l’impression de travailler. »
Il le dit sans détour : il ne cherche pas à devenir une grande marque. « On ne sera peut-être jamais Dior. Et alors ? »
L’ambition est ailleurs. Dans la précision d’une couture. Dans la satisfaction d’un client. Dans la transmission d’un savoir. Dans cette idée, presque simple, mais devenue rare : faire les choses bien.
Pour Daniel Mendes, le constat est sans appel : le métier de tailleur se raréfie. Dans l’industrie, certains produisent des centaines de pièces sans maîtriser les gestes les plus simples. « On m’a envoyé une couturière qui ne savait pas enfiler une aiguille », raconte-t-il.
Mais il y voit aussi une bascule. « Qui va savoir coudre demain ? » À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose partout, il parie sur le retour du savoir-faire. Former, transmettre devient une nécessité. Lui-même continue d’enseigner les mathématiques, comme un lien discret entre ses deux univers.
Faire un métier qu’on ne quitte jamais vraiment
Chez Daniel Mendes, il y a cette énergie constante. Celle de quelqu’un qui parle vite, beaucoup, avec enthousiasme. « J’aime les gens. J’aime transmettre. » Le costume devient presque secondaire. Ce qui compte, ce sont les liens qui se créent, la confiance accordée et les moments partagés.
Habiller un mariage, par exemple, n’est jamais anodin. C’est entrer dans une histoire, accompagner un moment de vie. Et puis il y a le plaisir simple du geste. Du travail bien fait. « Je n’ai pas l’impression de travailler. »
Il le dit sans détour : il ne cherche pas à devenir une grande marque. « On ne sera peut-être jamais Dior. Et alors ? »
L’ambition est ailleurs. Dans la précision d’une couture. Dans la satisfaction d’un client. Dans la transmission d’un savoir. Dans cette idée, presque simple, mais devenue rare : faire les choses bien.
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