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Collectivité territoriale : L’aide aux TPE-PME sur la sellette !


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 26 Juin 2016 à 22:00 | Modifié le Mercredi 29 Juin 2016 - 01:46


L’avenir assombri des TPE/PME (Très petites et moyennes entreprises), qui ont en Corse de graves difficultés à faire face aux échéances sociales et fiscales, préoccupe le Front national (FN). A la dernière session de l’Assemblée de Corse, le groupe, par la voix de son conseiller territorial, Christophe Canioni, a vivement interpellé l'Exécutif, par le biais d'une question orale, lui demandant « des actions concrètes et pérennes ». Rappelant la situation critique des finances territoriales qu’il a trouvé à son arrivée en décembre dernier à la tête de l’ADEC (Agence de développement économique de la Corse), son président et conseiller exécutif, Jean Christophe Angelini, a fait le point des actions engagées depuis six mois et annoncé d’autres réformes inscrites dans le programme politique des Nationalistes.


Christophe Canioni, conseiller territorial du groupe Front national.
Christophe Canioni, conseiller territorial du groupe Front national.
La visite de la secrétaire d’Etat chargée du commerce et de l’artisanat, Martine Pinville, lors des Assises des TPE/PME (Très petites et moyennes entreprises) qui se sont déroulées le 2 juin dernier à la Collectivité territoriale de Corse (CTC), a été une énorme déception pour les élus, les artisans et les commerçants. Les mesures gouvernementales annoncées pour aider les entreprises en difficulté, à savoir la création d’une cellule de détection des difficultés assortie d’une enveloppe de 20 millions €, ont été jugées insuffisantes et inappropriées au vu de l’urgence. Le 23 juin, lors de la session de l'Assemblée de Corse, le conseiller territorial Front National (FN), Christophe Canioni, a saisi l'Exécutif de l’urgence à agir. « L’économie corse traverse une crise sans précédent.
 Celle-ci résulte, bien sûr, de la situation générale de l’économie nationale, européenne et mondiale.
Mais si nous revenons à ce qui occupe et nous préoccupe, c’est-à-dire l’économie de la Corse, nous constatons que tous les indicateurs sont au rouge ».
 
Rodomontades nationales
Rappelant que le tissu économique corse est composé à plus de 90% de TPE qui représentent près de la moitié du salariat insulaire, l’élu frontiste souligne la triste réalité de l’économie insulaire : 22 000 chômeurs,
 3ème région la plus pauvre de France,
 3ème région où les inégalités sont les plus fortes.
« La Corse a l’un des plus mauvais taux d’insertion des jeunes en matière de scolarité et d’emploi. Plus étonnant, elle est en bas du classement des régions françaises pour sa qualité de vie ». Avant de fustiger « les propositions alambiquées » de la réponse ministérielle, à cette situation de crise : « On comprend aisément la désillusion des professionnels qui s’attendaient à des propositions plus fortes et ambitieuses. La création d’une cellule de détection des difficultés est un enfumage et les 20 millions €, un effet d’annonce bien dans la tradition du gouvernement socialiste ». Puis, il lance une attaque en règle contre la politique et les « rodomontades » gouvernementales : « Les entreprises, TPE comme PME, sont étranglées par la sur-fiscalité qui paralyse l’initiative et un marché littéralement atone. Pour couronner le tout, les charges sociales et l’emblématique RSI (Régime social des indépendants), dont l’acronyme sonne comme une sentence pour les chefs d’entreprises, sont directement responsables de nombreuses faillites. De l’aveu même du 1er ministre, Manuel Walls, « le RSI, qui a été réformé il y a quelques années, est un désastre, l’éventualité de supprimer le régime social des indépendants et de le rattacher au régime général est une possibilité ». On attend toujours ! ».
 
Vagues promesses régionales
Christophe Canioni révèle un sondage publié ce mois ci dans la revue « le Baromètre des TPE » où plus de 80% des chefs d’entreprises se déclarent pessimistes sur le climat des affaires et 60% sur l’avenir de leur entreprise. Il  s’en prend, également, à l’Exécutif corse qu’il accuse de manquer « d’originalité » en matière de propositions face à l’urgence de la situation. « Les entreprises ne veulent plus être les vaches à lait d’un système politique et économique insulaire comme national, un système désuet, incapable de se réformer et ne trouvant de ressources que dans l’augmentation et la création de nouvelles taxes. Les entrepreneurs corses attendent de l’Exécutif de Corse des solutions rapides, concrètes, efficaces et pérennes et non de vagues promesses qui n’engagent que ceux qui y croient ! ».
 
Une situation critique
La charge n’est pas du goût de Jean-Christophe Angelini qui la juge outrancière, même s’il comprend qu’on puisse « légitimement s’interroger sur les engagements de l’Etat vis-à-vis des entreprises de Corse ». Le président de l’ADEC tient d’abord à revenir sur le piteux état des finances territoriales dont a hérité le nouvel exécutif à son arrivée aux responsabilités en décembre dernier et la situation très critique concernant le soutien au développement économique. « Un budget de l’action économique qui n’a cessé de diminuer depuis 2010 pour arriver à un niveau de moins de 10 millions € en 2015. Une agence dont les moyens avaient été peu à peu réduits et parfois dispersés. Une multiplication de dispositifs d’aides publiques parfois non financés.
 Des retards de paiement d’aides accordées par le Conseil Exécutif. En six mois, il aurait donc fallu que nous fassions cesser ces difficultés et que nous engagions des réformes et des mesures pour accompagner un tissu entrepreneurial qui souffre et qui subit chaque jour un peu plus les effets de la crise qui touche la Corse ». 
Et d’ajouter : « C’est bien ce qui a été fait ! ».
 
Des actions déjà entreprises
Le conseiller exécutif liste les actions qu’il a entreprises, dès sa prise de fonction, à commencer par la « centaine de rendez-vous avec des représentants du monde économique, institutionnel et syndical afin de faire un rapide état des lieux de la situation, et surtout identifier les voies et moyens de mettre en œuvre les propositions de notre programme politique. Avec les Chambres consulaires nous avons déjà identifié l’idée d’un partenariat renforcé pour aider les entreprises en difficulté, soutenir la reprise transmission et développer l’export ». Il annonce qu’une plateforme de détection et d’accompagnement des entreprises en difficultés notamment des TPE - PME sera présentée dès la prochaine session. « L’Etat mettra, à la disposition de l’ADEC, le commissaire au redressement productif. Ainsi, les entreprises disposeront d’un centre de ressources unique à l’écoute de leurs difficultés et capable de proposer des solutions concrètes et immédiates. Comme nous nous y sommes engagés dans notre programme politique, nous allons donner corps à une plateforme emploi pour permettre de mobiliser les aides à l’emploi en faveur des demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi en Corse ».
 
Des promesses tenues
Egalement en cours, une réforme de la plateforme Corse Financement visant à simplifier l’accès au financement des entreprises, notamment les plus petites, et un élargissement du rôle de la CADEC (Caisse de développement de la Corse). « J’ai engagé une révision des dispositifs d’aides, comme l’a souhaité le président de l’Exécutif, pour simplifier la vie des entreprises. L’Etat s’est engagé à abonder le PEI (Programme exceptionnel d’investissements) d’une enveloppe de 20 millions € qui pourront être mobilisés pour des outils d’ingénierie financière. C’est plus que ce qui a été fait en 12 ans par la CTC et l’Union européenne ! Mieux, des discussions sont d’ores et déjà ouvertes pour faire évoluer le crédit d’impôt Corse en faveur de l’investissement en portant son taux à 30% ».
Il précise que le Comité de pilotage concernant l’élaboration du Schéma de développement économique d'innovation et d'internationalisation (SRDE2I) a été installé en début de semaine dernière. En application de la Loi NOTRe, plus aucune aide ne pourra être allouée, si elle n’est pas conforme aux prescriptions de ce schéma. « Malgré les difficultés financières de la CTC, le Conseil Exécutif a décidé de porter le budget de l’action économique pour 2016 à 16,5 millions € en autorisations de paiements et 13,5 millions € en crédits de paiement. C’est près de 40 % de plus en crédits de paiement qu’en 2015 ! ». Et de conclure : « Le monde économique peut croire à nos promesses, car il constate que les engagements que nous prenons sont suivis d’effet ».
 
N.M.
 



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