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Colère des pêcheurs : Après les annonces du gouvernement, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi estime que « les problèmes restent entiers »


le Dimanche 20 Septembre 2026 à 09:36

Alors que la mobilisation des pêcheurs méditerranéens a débouché cette semaine sur plusieurs annonces du gouvernement, U Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi estime qu’elles ne répondent que très partiellement aux difficultés rencontrées dans l’île. Le syndicat, qui n’a pas pris part au mouvement afin de poursuivre les discussions engagées depuis le blocage des ports d’avril, attend toujours des réponses sur plusieurs dossiers, du prix du carburant à la VMS.



(Photo : Archives Paule Santoni)
(Photo : Archives Paule Santoni)
Ils ont suivi avec attention la mobilisation des pêcheurs méditerranéens et les discussions engagées cette semaine avec le gouvernement. Mais pour u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi, les annonces qui en ont découlé sont encore loin de répondre aux difficultés qu’expérimente la pêche corse. Contrairement au Comité régional des pêches de Corse, le syndicat avait cette fois fait le choix de ne pas s’associer au mouvement. Une décision que ses responsables expliquent avant tout par les discussions déjà engagées après leurs propres actions du printemps. 

Pour rappel, depuis près d’un an, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi a en effet multiplié les actions coup de poing. En février, ses membres avaient notamment occupé les locaux du Comité régional des pêches à Ajaccio pour dénoncer un manque de transparence autour des autorisations européennes de pêche, mais aussi la multiplication des contraintes réglementaires et des aides jugées insuffisantes. Des revendications qui s’inscrivent dans un combat plus large mené par le syndicat pour obtenir une meilleure prise en compte des spécificités de la pêche corse.

Début avril, c’est cette fois la question du carburant qui avait poussé le syndicat à durcir le ton en bloquant durant trois jours les ports de commerce de Corse. Les pêcheurs dénonçaient notamment un prix du gasoil nettement supérieur dans l’île et réclamaient une solution permettant de réduire durablement cet écart. À l’issue du mouvement, des mesures temporaires avaient été mises en place et des discussions ouvertes sur ce dossier, mais aussi plus largement sur les difficultés rencontrées par la profession. Près de six mois plus tard, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi attend encore des réponses sur plusieurs de ces sujets. « Nous avons eu des réunions durant lesquels nous avons expliqué les problèmes que l’on rencontre. On avance doucement », indique Philippe Botti, secrétaire adjoint du syndicat.
 
Une aide qui ne règle pas la question du prix du carburant en Corse
 
En attendant, à l’issue des échanges provoqués par le mouvement de colère des pêcheurs de Méditerranée, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a notamment annoncé que l’aide au carburant serait portée à 35 centimes par litre et prolongée jusqu’à la fin de l’année. Le versement des aides en attente doit également être accéléré et des prêts à taux zéro proposés aux entreprises rencontrant des difficultés de trésorerie. Pour u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi ces mesures ne répondent toutefois que très peu aux problèmes rencontrés dans l’île. « À un moment, il faut rembourser les prêts à taux zéro quand même. C’est une avance de trésorerie par rapport au retard des aides sur le gasoil. Donc je ne vois pas où est la solution », relève Philippe Botti en ajoutant si l’aide de 35 centimes par litre constitue un soutien pour les professionnels du continent, elle laisse entier le problème en Corse. « Cela ne comble pas le différentiel qu’on a avec le continent depuis des décennies », souligne Philippe Botti. Autrement dit, appliquer une aide identique des deux côtés de la Méditerranée ne permet pas de rattraper l’écart qui existe au départ.  C’est précisément sur ce différentiel que le syndicat attend toujours une réponse pérenne après le mouvement mené au mois d’avril. « Pour nous, il n’y a donc aucune avancée concrète », résume Philippe Botti.
 
 
Des difficultés accentuées par l’insularité
 
Par ailleurs, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi attend toujours une avancée sur le dossier sensible de la VMS, ce système qui permet de transmettre aux autorités la position des bateaux. Depuis plusieurs mois, le syndicat réclame en effet sa suppression pure et simple au vu des contraintes qu’il représente pour la pêche artisanale insulaire. Une demande qui avait notamment été relayée par le député Michel Castellani auprès du gouvernement. Mais la réponse reçue cette semaine est loin du compte. Selon le syndicat, le gouvernement se contente de rappeler la possibilité, déjà existante, de bénéficier d’une dérogation pour les bateaux de moins de 9 mètres. Or, le syndicat n’a de cesse de dénoncer les contraintes que ce dispositif peut faire peser sur les pêcheurs. Par exemple, en cas de panne de la VMS, un bateau concerné peut notamment se retrouver dans l’impossibilité de sortir jusqu’à ce que le système soit de nouveau opérationnel. De facto, sur ce dossier les pêcheurs du syndicat préviennent qu’ils pourraient rapidement se mobiliser si un professionnel venait à être sanctionné. 
 
Plus loin, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi estime surtout que les mesures prises à l'échelle nationale ou européenne ne tiennent pas suffisamment compte des conditions dans lesquelles travaillent les pêcheurs corses. « Nous avons des soucis qu’ils n’ont pas sur le continent », souligne Philippe Botti, citant notamment le prix du matériel, auquel viennent s’ajouter les frais nécessaires pour le faire acheminer dans l’île. « Nous payons tout plus cher », souffle-t-il. 
 
Une accumulation de difficultés qui, selon le syndicat, contribue à fragiliser un peu plus une profession déjà à l’agonie. Pour l’heure, u Sindicatu pà a difesa di i piscadori corsi entend poursuivre les discussions engagées ces derniers mois. Mais une assemblée générale extraordinaire doit se tenir le 4 octobre à Corte afin de faire le point sur les réponses obtenues et de décider de la suite. Si elles ne sont pas jugées suffisantes, les pêcheurs n’excluent pas de se mobiliser à nouveau.