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"Chiffre d'affaire en baisse de 80%, pas de rentrée d'argent" : à Ajaccio, malgré le confinement, Célia, se relève les manches

Célia, esthéticienne à Ajaccio, ne renonce pas malgré le coup dur porté à son activité


Julia Sereni le Mercredi 11 Novembre 2020 à 15:41

À la fin du mois, le centre d’esthétique « A perla rara », ouvert le 22 novembre 2018 à Ajaccio par Célia Vepori-Lucciardi, fêtera ses deux ans d’existence. Cet anniversaire, la jeune entrepreneuse ne l’avait pas imaginé confiné. Un vrai coup dur porté à son activité.



Celia Vepori-Lucciardi dans son institut "A perla rara"... avant le confinement.
Celia Vepori-Lucciardi dans son institut "A perla rara"... avant le confinement.
Le Premier ministre Jean Castex tiendra une conférence de presse ce jeudi 12 novembre, afin de faire un point sur l’évolution de la situation épidémique et sur le confinement. Néanmoins, selon des sources concordantes au sein de la majorité, il y a peu de chances qu’une réouverture des commerces jugés « non essentiels » soit annoncée. Une situation qui désole les commerçants de proximité, à l’instar de Célia Vepori-Lucciardi, créatrice du centre d’esthétique « A perla rara » à Ajaccio. 
« C’est une expérience déroutante » confie la jeune femme. Une expérience dont elle se serait bien passée. Avec le premier confinement, elle avait déjà perdu 18% de son chiffre d’affaires annuel auquel s’ajouteront les conséquences du deuxième.
Sur les dix premiers jours de novembre, il est en baisse de 80% par rapport à l’an dernier.
« Avoir une entreprise fermée nous empêche à 90% de faire ce que nous faisons » explique la jeune femme, spécialisée dans les soins du visage sur-mesure, activité classée comme « non essentielle » et difficilement praticable en drive.
L’esthétique est en première ligne des secteurs touchés par la crise : « Le premier confinement a eu lieu de mars à juin, durant cette période, à l’approche de l’été, on vend beaucoup tout ce qui est minceur, cela a été un coup dur. Et là de nouveau, de novembre à décembre, à l’approche des fêtes. À chaque fois, cela tombe au pire moment de notre cycle commercial » relève la cheffe d’entreprise. Si son activité à l’heure actuelle n’est pas en danger, pour autant, « il n’y a pas d’argent qui rentre » se désole la jeune femme.

Ce qui la met personnellement dans une situation précaire. Car si ses cinq salariés bénéficient du chômage partiel, Célia Vepori-Lucciardi, en revanche, ne le touche pas : « Je suis présidente de SASU (ndlr : société par actions simplifiée unipersonnelle, un des différents statuts juridiques de l’entreprise en droit français), donc je n’y ai pas droit » explique t-elle. « On a tendance à se mettre en fin de liste quand on est à la tête d’une entreprise » confie la jeune femme, qui a d’abord préféré s’assurer de la situation de ses salariés : « Je trouverai toujours une manière de les garder » assure t-elle. Pour autant, elle a dû renoncer à deux embauches : « Pour le moment, tout est reporté, on essaie de croiser les doigts pour que la demande de notre clientèle revienne à la normale après ce confinement » espère t-elle.
 
Et ce n’est pas si simple. Lors du premier déconfinement, l’entreprise a mis trois semaines avant de retrouver un rythme de croisière. « Ce n’est pas : on allume la lumière et tout redémarre comme avant ! » lance Célia Vepori-Lucciardi, « On ne sait pas comment le retour des clients va se faire ». Une incertitude de plus dans un contexte déjà anxiogène. « Quand votre commerce est fermé et que vous en êtes au deuxième confinement, vous vous demandez s’il n’y en aura pas un troisième… On se questionne sur la durée des choses ».

Des interrogations encore sans réponse. « Dans un tel contexte, comment prévoir une stratégie sur le long terme alors qu’on ne sait pas combien de temps durera la crise ? » se demande la jeune femme.
 
Alors dans l’attente, Celia Vepori-Lucciardi se relève les manches, et cherche des solutions : « On est la tête dans le guidon pour faire du concret ». Aussi, pour ce deuxième confinement, elle a développé un nouveau service : « Le diagnostic de peau à distance. Cela demande une logistique particulière avec des applications telles que Zoom, et un protocole de questions bien établi ». Un dispositif qui marche tranquillement mais qui n’est malheureusement pas de nature à rattraper les pertes de chiffres d’affaires. Néanmoins, la cheffe d’entreprise veut rester « optimiste », même si elle reconnait qu’ « internet ne peut pas être la totale solution ».
 
Pour elle, la seule véritable manière de concilier reprise économique et impératif sanitaire, aurait été d’ autoriser les petits commerces à ouvrir, en imposant des mesures sanitaires encore plus strictes. Car malgré la crise sanitaire, Celia Vepori-Lucciardi estime « qu’on aurait pu trouver des moyens de faire travailler tout le monde ».

Engagée dans les rassemblements de soutien aux commerces de proximité qui ont eu lieu récemment à Ajaccio, la jeune femme l’annonce : « Je fais partie des personnes qui font entendre leur voix pour être vues et entendues. J’ai fait le choix d’ouvrir au sein du centre-ville pour apporter ma pierre à l’édifice et le redynamiser ». Et elle entend bien prendre part à la résolution des problèmes. « On a besoin d’être reconnus et de trouver ensemble des solutions. Il faut qu’on les trouve » conclut-elle, déterminée.



















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