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CAPES de langue corse : Le gouvernement rectifie le tir, les Nationalistes satisfaits


MV le Mercredi 17 Mars 2021 à 19:37

La nouvelle est tombée mardi après-midi et a été confirmé par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, en réponse à une question au gouvernement du sénateur nationaliste de Haute-Corse, Paulu-Santu Parigi : le CAPES de Corse est rétabli dans sa facture initiale. Le coefficient de langue corse passe ainsi de 7 à 8 dans le CAPES 2021, alors que la reforme prévoyait de l’abaisser à 4. La mobilisation massive des politiques, de la jeunesse et des associations a, donc, payé. Réaction de Saveriu Luciani, conseiller exécutif en charge de la langue Corse. En vidéo, la question du Sénateur Parigi et la réponse du ministre au Sénat.



Saveriu Luciani, Conseiller exécutif en charge de la langue corse à la Collectivité de Corse et président de l'Office d'équipement hydraulique de la Corse.
Saveriu Luciani, Conseiller exécutif en charge de la langue corse à la Collectivité de Corse et président de l'Office d'équipement hydraulique de la Corse.
Le 25 janvier dernier, un arrêté ministériel fixait les nouvelles modalités au concours externe du Capes. Le changement était majeur, car il prévoyait une inversion des coefficients. Si jusqu'à présent, il était de 7 pour la langue corse et de 4 pour la langue française, à partir de 2022, le système de notation devait passer à un coefficient 4 pour la langue corse et 8 pour le français. Syndicats étudiants, collectifs, partis nationalistes, élus municipaux et territoriaux sont montés au front pour demander l'annulation de la modification du concours. La mobilisation collective semble avoir payé : le ministre de l'Education nationale a décidé en effet de revenir sur une répartition des coefficients équivalente à celle de l'ancien Capes sans remettre en cause la structure générale des épreuves. Au final, donc, le coefficient de langue corse passe même de 7 à 8 dans le CAPES 2021. Saveriu Luciani, conseiller exécutif en charge de la langue corse exprime sa satisfaction dans un communiqué intitulé « CAPES de Corse : une revendication en voie de payer qui ouvre un nouvel horizon si l’Etat fait sa part de chemin ».

Saveriu Luciani : « Le CAPES de Corse retrouve un sens »

« La nouvelle est tombée hier après-midi : le CAPES de Corse retrouve un sens, la langue corse est rétablie dans son rôle disciplinaire et instrumental. Il reste cependant à parfaire le contenu des épreuves, notamment en prenant l’attache des instances compétentes de l’université de Corse. Elle ouvre également des perspectives favorables quant à l’élaboration du nouveau CPER (Contrat de Plan Etat-Région) », commente, à chaud, le conseiller exécutif en charge de la langue Corse, Saveriu Luciani. Dans un communiqué il salue « l’ensemble des forces qui ont contribué à rétablir une situation complétement déséquilibrée, en premier lieu les syndicats étudiants et de l’Enseignement ainsi que les élus de l’Assemblée de Corse qui ont voté une motion unanime à la session du 26 février dernier ».
 
Des coefficients renversés
Saveriu Luciani revient sur la mobilisation qui s’était tendue au fil des semaines : « Ces dernières semaines, le Conseil exécutif de Corse avait été alerté par le président de l’Université de Corse et la présidente du jury du CAPES de Langue Corse sur les conséquences de l’arrêté du 25 janvier 2021 fixant les modalités d'organisation du futur concours, à partir de la session 2022. Lors de nos réunions avec la rectrice d’Académie, nous avions en premier lieu fait part de nos fortes réserves quant à la méthode : les modalités du nouveau concours n’avaient fait l’objet d’aucune information ou concertation préalable. De la même manière, en termes de contenus, le renversement des coefficients au bénéfice de la langue française ne pouvait contribuer en aucune manière à améliorer la qualité du concours ». Et d’expliquer : « Dans un contexte où nous mesurons très concrètement les effets annoncés de la réforme du baccalauréat, elle-même décidée sur un mode vertical, nous demandons également la prise de dispositions nouvelles, moins défavorables, pour la LVC en matière de coefficient et de choix d’option pour le baccalauréat. Là encore, le ministère feint de méconnaitre à la fois l’article 312-10 du code de l’Education et les engagements des diverses conventions signées par l’Etat avec notre Collectivité ».
 
Une inflexion positive
Aussi le conseiller exécutif salue-t-il le changement de pied du gouvernement : « L’inflexion positive, intervenue dans le cas du CAPES, peut constituer un bon signe, si cette attitude s’accompagne dans les faits d’une politique généralisée de l’enseignement bilingue tel que nous l’appréhendons depuis longtemps et souhaitons le voir mis en œuvre sans plus tarder. Au moment où, en partenariat avec l’Etat, par l’intermédiaire des services académiques, nous co-construisons les grands axes du prochain CPER (Contrat de Plan Etat-Région) en matière de langue corse, nous rappelons un principe intangible hérité de la loi de 2002 : la compétence d’élaboration de la politique d’enseignement de la langue est dévolue par la loi à notre Collectivité, laquelle doit être impérativement consultée pour toute réforme qui impacterait cet enseignement ». Et conclut : « Il va de soi que nous nous inscrivons dans la même perspective dynamique pour ce qui préside à l’élaboration en cours du futur CPER, pour lequel, l’ambition en termes d’actions ne pourra faire l’économie d’un un effort financier historique. C’est à ce prix que nous entendons structurer et sécuriser le cadre pérenne d’un développement généralisé de notre langue dans le système éducatif, à tous les niveaux ».

Jean-Michel Blanquer à Paulu Santu Parigi : « Je vais vous donner satisfaction »


« En nous proposant un Capes au rabais, vous annihiliez 30 années d’efforts et de reconnaissance. Triste ironie, Mr le ministre, que celle de si mal réussir la promotion des langues régionales en transformant un Capes monovalent de langue corse en capes de français option corse ! ». Le sénateur de Haute Corse, Paulu Santu Parigi, n’y va pas de main morte en interpelant, mercredi au Sénat, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, sur la question. « Il semblerait que votre ministère ait fini par réaliser les dommages collatéraux qu’impliquaient votre réforme », ajoute-t-il. Avant de demander au ministre « Confirmez-vous que votre ministère reviendra bien sur cette erreur historique ? ».
La réponse de Jean-Michel Blanquer est immédiate et nette : « Je vais vous donner satisfaction ». Le « Ah » soulagé du sénateur Parigi retentit dans l’hémicycle du Sénat. Le ministre poursuit : « J’aimerais du coup que ce soit enregistré parce que je constate que, dans ces matières, même quand on donne satisfaction, on fait semblant de croire qu’on ne l’a pas donné ». Et de justifier : « J’ai reconnu à maintes reprises que les langues régionales font parties du patrimoine de la France. Oui, nous garantissons l’apprentissage des langues régionales et personne ne peut faire croire le contraire ». Avant de confirmer les propos de la rectrice de Corse : « Oui, nous faisons évoluer le Capes de Corse pour aller dans le sens que vous souhaitez. Il est normal que le coefficient augmente. Il était réglé pour l’ensemble des Capes, on va l’adapter à la situation des langues régionales… Je confirme un coefficient de 8 sur 12 de matières passées en langue corse. C’est, donc, davantage que la précédente version du Capes. C’est, donc, incontestablement un progrès dans le sens où vous le souhaitez ».
 


















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