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Bastia : "L'histoire photographique" d'Aleria de Gérard Koch et Christian Buffa au musée


Rédigé par le Vendredi 19 Juin 2015 à 22:25 | Modifié le Samedi 20 Juin 2015 - 02:00


Les images ont 40 ans, mais à la faveur de leur traitement numérique, elles n'ont pas pris une ride. Bien au contraire. C'est comme si Gérard Koch, grand témoin de l'occupation de la cave Depeille d'Aleria et des événements qui ont suivi, aussi bien en Plaine Orientale qu'à Bastia, avait fixé ce pan de l'histoire récente de l'Ile il y a quelques heures à peine. Un pan sur lequel les portraits des acteurs d'hier de Christian Buffa, devenus grands témoins aujourd'hui, semblent veiller. L'émotion est en tout cas présente lorsque l'on parcourt leur exposition de leur histoire photographique d'Aleria qui s'affichera au musée de Bastia jusqu'au 20 Septembre.


Gérard Koch (à gauche), Gilles Simeoni, Christian Buffa
Gérard Koch (à gauche), Gilles Simeoni, Christian Buffa
L'émotion était également présente à l'heure où Gilles Simeoni le maire de Bastia a présidé au vernissage de la manifestation.
"Je n'aurai jamais imaginé me retrouver dans cette situation et ce d'autant plus que l'objet de cette exposition a, bien sûr, pour moi une implication personnelle forte à un point tel qu'elle m'a conduit dans un premier temps à m'interroger sur le fait de savoir s''il n'y aurait pas une confusion des genres" a souligné Gilles Simeoni.
Mais le projet artistiques de Gérard Koch et l'avis de personnes de générations et d'opinions différentes, ont fini par convaincre le maire de Bastia.
"J'ai jugé et utile que cette exposition se tienne au musée de Bastia pour trois raisons au moins."
Parce que le photojournalisme est un art à part entière. "Ici il a permis aux photos de Gérard Koch, sublimées par le cadre du musée qui rend encore mieux l'atmosphère étouffante, oppressante de ces quelques heures qui ont beaucoup compté dans la vie  de cette île et au-dela, de ne prendre aucune ride".
Mais par-delà le regard que l'on porte à ses photographies "on ne peut qu'être  saisis et ressentir la violence et le mal de ces moments, la force de l'angoisse, l'inquiétude, l'abattement aussi devant des vies qui malheureusement s'en vont, des blessures qui mutilent, des destins qui se brisent..."

'Au-delà de l'instantanéité de de la photo il y a  un véritable photographique et une mise en perspective qui conduit à engager un dialogue entre hier et aujourd'hui, entre ces choix d'hommes jeunes à l'époque qui, aujourd'hui, les années ayant passé, sont devenus des hommes âgés, il y a une interrogation métaphysique sur le sens de l'engagement, sur la fidélité à un idéal, sur les incertitudes et quelques fois les erreurs" a, dans un second temps, souligné Gilles Simeoni 
"Je ne peux au moment de prononcer ces quelques mots ne pas saluer la mémoire de ceux qui ont perdu la vie ) cette occasion. Je ne peux pas ne pas penser à celles et ceux qui m'ont vu enfant et qui aujourd'hui ne sont plus là. Leurs enfant et quelques fois leurs petits-enfants, leurs amis sont présents ici et nous nous retrouvons souvent. Nous sommes une communauté qui n'est pas seulement liée par l'appartenance à une terre mais soudée par les épreuves, par les luttes, par les sacrifices, par les années de prison. Cette exposition est donc, aussi et beaucoup la leur…" a ajouté le maire de Bastia.

Autre moment fort de l'intervention de Gilles Simeoni s'adressant à Gérard Koch et Christain Buffa : "Vous n'avez pas seulement fait œuvre de journalisme et de photojournalisme, vous n'avez pas seulement fait œuvre de création artistique, vous nous invitez, également,  à contempler notre propre histoire et en cela ce musée ethnographique joue pleinement son rôle puisque à travers cette exposition, nous sommes conduits à nous interroger, non seulement, sur ce passé qui commence à s'éloigner mais également sur ce présent qui continue à conditionner  cet avenir qui n'est pas encore tout à fait écrit."
Pour Gilles Simeoni "ce qui s'est passé à Aleria continue d'irriguer les choix, et quelques fois les antagonismes et les oppositions". Mais "le destin de cette île et de son peuple et l'histoire est en train de s'écrire avec sa part d'opposition et sa part de polémiques" a ajouté le maire de Bastia.
Il y a aussi "l'apaisement qui est en train de se construire et qui est symbolisé, ici,par la présence d'hommes et de femmes qui par leurs fonctions, hier, se sont affrontés; ensuite se sont souvent opposés et continuent quelques fois de ne pas être d'accord,. Mais reste la perspective d'un chemin…. Et c'est en cela que la photographie est, aussi, ouverture vers la lumière et l'espoir; lumière et espoir que nous voulons pour Bastia, pour cette île, pour la société toute entière".
In fine pour Gilles Simeoni cette exposition est une œuvre artistique forte, un regard sur notre histoire, aigüe, et une promesse pour l'avenir…
 




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