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Bastia : Des associations se mobilisent contre la « Loi asile et immigration » du gouvernement


Rédigé par Philippe Jammes le Mercredi 21 Février 2018 à 13:55 | Modifié le Mercredi 21 Février 2018 - 22:18


Alors que ce projet de loi était présenté en Conseil des ministres, plusieurs associations se sont mobilisées mercredi matin pour dénoncer ce projet de loi. Cette loi prévoit d'envoyer, dans les centres et hôtels sociaux, des équipes mobiles, constituées d'agents des préfectures et de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration ndlr), pour recenser les personnes hébergées selon leur droit au séjour.


Pour argumenter ce projet de loi, Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, met en avant un système qui permettra de connaître "ces publics et de les orienter en fonction de leur situation afin de désengorger des centres saturés". Le  plan gouvernemental "garantir le droit d’asile, mieux maîtriser les flux migratoires" comprend cinq axes  /
- Mieux maîtriser les flux migratoires
- Améliorer les traitements des demandes et les conditions d'accueil
- Lutter plus efficacement contre l'immigration irrégulière et d'éloignement
- Refondre la politique d'intégration
- Attirer davantage les "talents et des compétences". 


Les associations reprochent au texte des mesures coercitives. Ainsi, la Ligue des Droits de L’Homme  a dénoncé une "vision technocratique et inhumaine des migrants". La Fédération des acteurs de la solidarité, Emmaüs, le Secours catholique, ou encore la Fondation Abbé Pierre estiment eux, que cette circulaire "autorise, sans base légale, des équipes relevant du ministère de l'Intérieur à pénétrer dans des centres d'hébergement protégés pour y réaliser des contrôles". Elles déplorent également que les données personnelles et confidentielles des personnes hébergées soient collectées et transmises aux autorités et que les centres d'hébergement soient contraints de participer à cette collecte illégale.


Mercredi matin, à Bastia, dans les locaux du Secours Populaire, plusieurs associations ont tenu un point presse pour elles aussi dénoncer cette circulaire : RESF (Réseau Education Sans Frontières), CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement), Secours Populaire, Fratellanza et CIMADE (Comité inter mouvements auprès des évacués). 
« Cette circulaire est un durcissement sans précédent de la politique d’accueil du gouvernement Macron visant à accélérer la reconduite aux frontière des hommes et des femmes qui n’ont qu’une seule ambition : Fuir la misère et la guerre dont ils sont victimes. Les droits humains sont en danger » écrivent-ils notamment dans un long  texte distribué à la presse ce mercredi.  
« Il y a en Corse des familles avec enfants scolarisés depuis plusieurs années. Comment rejeter ces enfants qui ne veulent pas quitter leur collège, leur école, leurs copains ? » poursuit encore le texte qui conclut : «  Nous qui sommes tous, d’une manière ou d’une autre fils d’immigrés, devons comprendre que l’ouverture vers les autres est un enrichissement. Notre identité ne doit pas se résumer à des slogans « je suis corse » et « je suis chez moi » mais les yeux ouverts sur le monde nous devons partager, vivre ensemble, défendre ensemble nos droits, d’étudiants, de travailleurs, de chômeurs, quel que soit notre nom, notre religion, notre couleur de peau. Nous sommes citoyens du monde et nous disons que nous sommes tous responsables de notre planète »






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