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Ange Rovere : « Il faut arrêter ce déclin programmé de la ville de Bastia par cette municipalité qui ne fait rien ! »


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 12 Mars 2015 à 17:46 | Modifié le Jeudi 12 Mars 2015 - 17:45


Le canton de Bastia II est, certainement, le seul des quatre cantons bastiais à jouer, lors des élections départementales des 22 et 29 mars, un remake des Municipales, un an après. Remake tant au niveau des candidats que des alliances et des affrontements, symbolisé par le come-back inattendu d’Ange Rovere. L’ex-1er adjoint et figure emblématique de l’ancienne majorité repart au combat en binôme avec Danielle Belgodere, une ex-élue PRG. C’est le seul canton où la vieille alliance PCF-PRG a survécu ! En face, le libéral Jean-Louis Milani, conseiller général sortant, 2ème adjoint de la nouvelle majorité et son binôme nationaliste, Anne Avenoso, proche du maire de Bastia. Enfin, Eric Simoni, pour Corsica Libera, joue, encore une fois, les cavaliers seuls. Remake, également, au niveau du discours. Ange Rovere, explique, à Corse Net Infos, qu’il revient sur la scène électorale pour deux raisons : stopper le « déclin programmé de la ville de Bastia » et lutter contre l’austérité.


Ange Rovere et Danielle Belgodère, candidats PCF-PRG pour les élections départementales des 22 et 29 mars.
Ange Rovere et Danielle Belgodère, candidats PCF-PRG pour les élections départementales des 22 et 29 mars.
- Personne ne vous attendait sur cette élection-là. On pensait que vous aviez pris vos distances avec la politique. Pourquoi ce retour ?
- Non ! Je n’ai jamais dit que je prenais mes distances avec la politique ! J’ai dit que j’arrêtais mes fonctions d’élu, mais je reste un militant politique, un militant communiste. C’est vrai que l’on ne m’attendait pas ! Je suis observateur de la vie politique locale et nationale et je pense que ma voix est encore audible, qu’elle peut encore porter.
 
- Quelle est la raison de votre engagement électoral ?
- La raison profonde qui m’a fait reprendre mon engagement sur le terrain électoral est double. D’abord, pousser un cri ! Il faut arrêter ce déclin programmé de la ville de Bastia par cette municipalité qui ne fait rien, qui fait reculer la ville, qui a jeté par dessus bord tous les projets que nous avons financés ! Déclin programmé parce que toutes les forces politiques, sauf la nôtre, sont pour la Collectivité unique et pour décapitaliser Bastia ! Nous nous battons pour que Bastia demeure préfecture.
 
- En quoi est-ce important ?
- Si le département de la Haute-Corse est supprimé, la logique profonde du système politico-administratif français fait que Bastia ne sera plus préfecture. Cela entrainera un déclin progressif et de plus en plus rapide des services publics qui vont se rabougrir. Qui dit service public dit démocratie de proximité ! Le service public est un vecteur essentiel de la démocratie dans notre pays. Qui dit déclin des services publics dit aussi déclin d’emplois, pas seulement administratifs, mais de tous les emplois induits générés par le rôle de capitale administrative ! Or, l’emploi est un problème crucial, aujourd’hui, à Bastia, en Corse et dans toute la France.
 
- Quelle est la seconde raison de votre engagement électoral ?
- Les élections cantonales seront, pour la 1ère fois, dans toute la France, un véritable référendum contre l’austérité. Il faut en finir avec cette politique qui met le pays, sa société, sous la coupe réglée des pouvoirs financiers ! Ce qui se passe en Grèce est significatif ! Depuis le vote grec, le discours sur l’Europe, y compris au sein du parti socialiste, commence à changer car il y a, effectivement, d’autres voies pour enclencher le moteur de la croissance. Des voies autres que celles mises en route, aujourd’hui et depuis longtemps, autres que celles de la régression tous azimuts. Il faut changer de politique ! Les Cantonales peuvent être le moyen pour peser sur le gouvernement afin qu’il change de politique.
 
- Pensez-vous que le vote grec puisse faire boule de neige jusqu’en Corse ?
- En tous cas, il est suivi avec beaucoup d’attention par plus de gens qu’on ne croit, y compris à Bastia ! C’est important ! Ce qui se passe au niveau mondial a des résonnances partout. On ne vit pas sous cloche. Les grands courants sont toujours passés par la Corse, celui-là passe également par la Corse et par Bastia.
 
- Votre canton Bastia II est le seul où vous faites alliance avec le PRG. Pourquoi ?
- Parce que nous avons une histoire commune ! De 1978 à 2004, j’ai été conseiller général de ce canton dans le cadre d’une alliance avec le parti radical. Cette alliance a une profondeur historique depuis au moins 1962. Elle se fait dans la clarté et s’enracine dans l’histoire de la cité et du canton. Elle n’est pas du tout comme certains attelages, certaines alliances contre-nature.
 
- Dans ce cas, pourquoi n’avez-vous pas réitéré cette alliance dans les trois autres cantons bastiais ?
- C’est une question d’opportunité politique ! Le PRG a des candidats dans tous les cantons, le Parti communiste aussi. Dans ce canton, nous avons jugé opportun de faire une alliance parce qu’il y a, plus qu’ailleurs, des raisons de la faire dès le 1er tour. Je suis content et fier de mener ce combat avec Danielle Belgodère, Jean-François Mattei et Toussainte Devoti. Cela fait un beau quatuor !
 
- Quels sont, pour vous, les besoins spécifiques de ce canton ?
- Ne serait-ce que le parking Gaudin financé à 72% que la municipalité actuelle est en train d’abandonner ! La voie douce, déjà financée, abandonnée ! La crèche Ciucciarella avec pouponnière, également abandonnée !
 
- Quelles sont vos chances de remporter le scrutin ?
- C’est aux électeurs de décider ! Personne n’est propriétaire des voix !
 
- Quel sera votre mot d’ordre pour le 2nd tour ?
- On sera au 2nd tour ! On n’a pas de mot d’ordre à donner ! On va gagner !
 
- L’enjeu politique de cette élection est le duel pour la présidence qui pourrait en découler à gauche. Comment vous positionnerez-vous ?
- Faisons, d’abord, l’élection ! Je ne tire pas de plans sur la comète. Nous verrons quels sont les rapports de force. Je serai, peut-être même, pourquoi pas, candidat à la présidence ! Je n’en sais rien ! Attendons de voir les choses ! Je ne vois pas comment, aujourd’hui, je peux pronostiquer qu’il y aura duel à gauche, à droite ou ailleurs alors que l’élection n’est pas faite. Une affaire après l’autre !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Danielle Belgodère, binôme PRG : « De la même manière qu’Ange Rovere, j’ai été élue à la municipalité de Bastia pendant deux mandats. J’ai eu l’occasion de côtoyer et de travailler avec Ange et avec l’équipe qui était en place. C’est parce que je travaille sur les mêmes valeurs et les mêmes idées qu’il vient d’énoncer que je suis à ses côtés sur ces cantonales. Nous sommes d’accord pour partir sur cette élection parce que nous nous connaissons parfaitement. Nous savons très bien qu’il n’y aura pas de problème entre nous ».
 
Dans le canton de Bastia II, trois binômes sont en lice :
- Majorité municipale : Jean-Louis Milani et Anne Avenoso.
- PCF-PRG : Ange Rovere et Danielle Belgodère.
- Corsica Libera : Eric Simoni et Léa Stagnara
 
Les candidats PCF-PRG :
- Ange Rovere, PCF.
- Danielle Belgodère, PRG.
- Jean François Mattei, PRG.
- Toussainte Devoti, PCF.
 
 




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